Concrètement, les subsides accordés à différents projets passeront, en 2020, de 8,47 à 3,39 millions d'euros, soit une baisse drastique de 60%.

Les différentes notes de politique du nouvel exécutif flamand sont en ligne depuis vendredi. En tant que ministre de la Culture, Jan Jambon y explique notamment qu'il entend poursuivre le développement des points forts du secteur tout en lui donnant de nouveaux accents afin de "maximiser la valeur sociétale, personnelle et économique de la culture".

Le secteur ne sera toutefois pas épargné par les économies. Les subsides de fonctionnement seront ainsi rabotés de 6%, un recul toutefois limité à 3% pour les institutions reconnues telles que le Vooruit à Gand ou l'Ancienne Belgique à Bruxelles.

Les subsides octroyés aux projets, eux, chuteront de 60%, de 8,47 à 3,39 millions d'euros. "La politique relative aux projets ne doit pas créer l'illusion de subsides structurels automatiques. Des choix plus sélectifs conduiront à un meilleur soutien", estime encore Jan Jambon.

"La culture enrichit et rend la société plus forte. Y procéder à des économies de façon aveugle est incompréhensible", a commenté dimanche le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS) sur Twitter. Le maïeur a par ailleurs assuré qu'il rechercherait "des solutions et des moyens pour préserver une offre culturelle large et innovante en néerlandais et en français" dans la capitale.

Vendredi, le gouvernement flamand avait déjà indiqué qu'il n'octroierait plus de moyens au fonds flamand pour le journalisme (Vlaams Journalistiek Fonds, VJF). Ce dernier avait été mis sur pied en décembre 2018 pour soutenir les projets journalistiques innovants.

Le groupe de médias flamand et bruxellois Bruzz recevra lui 6% de subventions en moins de la Communauté flamande l'année prochaine. Cela équivaut à environ 336.000 euros.

L'opposition flamande fustige la décision

Groen et le PVDA, tout deux dans l'opposition en Flandre, ont fustigé dimanche la volonté du gouvernement flamand de réaliser des économies dans le secteur culturel. Les deux partis y voient une attaque contre les artistes critiques.

Le secteur et les partis d'opposition n'ont pas caché leur mécontentement après ces annonces. D'après Tom De Meester (PVDA), M. Jambon ne "considère l'art comme pertinent que lorsqu'il est au service d'une Flandre nationaliste", tandis que "les artistes critiques et novateurs doivent rester silencieux".

Le parti d'extrême gauche s'inquiète des conséquences importantes que risquent d'avoir ces économies, prévues dès le 1er janvier. "Les maisons de la culture devront supprimer des productions, licencier ou économiser sur le personnel et les activités publiques. Cela affaiblit délibérément le secteur de la culture et réduit les artistes au silence", ajoute le chef de groupe PVDA au parlement flamand, Jos D'Haese.

Le député flamand Staf Pelckmans (Groen) fustige également le fait que le gouvernement préfère investir dans des "briques silencieuses plutôt que dans des artistes et des journalistes critiques".