Pour ceux qui en doutaient encore, la N-VA n'a pas remis sous un tapis l'article 1 de ses statuts: le parti de Bart De Wever reste bel et bien un parti indépendantiste flamand. Même si lors de la rentrée politique de ce week-end, son président a réaffirmé son crédo confédéral.
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Pour ceux qui en doutaient encore, la N-VA n'a pas remis sous un tapis l'article 1 de ses statuts: le parti de Bart De Wever reste bel et bien un parti indépendantiste flamand. Même si lors de la rentrée politique de ce week-end, son président a réaffirmé son crédo confédéral.A un président de section locale (celle d'Harelbeke) exprimant son exaspération à l'idée défendue par le parti que le confédéralisme est l'étape ultime, et s'affirmant indépendantiste, le député fédéral et ancien secrétaire d'Etat Theo Francken rétorque d'ailleurs: "C'est la prochaine étape. Vous êtes bien conservateur et pas révolutionnaire?" Ce à quoi l'homme en question répond, "dans une société de gauche, être conservateur, c'est être révolutionnaire".L'exaspération croît au sein du parti nationaliste flamande et le mot d'ordre de cette rentrée, au-delà du confédéralisme, est le suivant: la Vivaldi fédérale n'a d'autre ciment que celui de s'opposer à nous. Bart De Wever répétait ce week-end qu'il n'attendait rien de cette majorité de sept partis "paralysée", selon ses termes, par ses divergences.Il est vrai que les gesticulations de rentrée des présidents de partis qui, sur bien des thèmes, ont laissé percevoir le grand écart entre droite et gauche qui prévaut rue de la Loi. C'est le cas sur la réforme des pensions, sur la façon de doper le marché du travail (exclusion des chômeurs ou pas), sur la sortie du nucléaire, sur la nédessité d'investir massivement ou de revenir à une certaine rigueur budgétaire...Même la prolongation des aides corona est un problème sur lequel le gouvernement ne parvient pas à décider. Joachim Coens, président du CD&V, réclame ce lundi qu'on les arrête dès la fin du mois de septembre.Evoquant la rhétorique nationaliste selon laquelle le seul lien de la Vivaldi, c'est le rejet de la N-VA et du Vlaams Belang, ce week-end dans Le Soir, le Premier ministre, Alexander De Croo (open VLD), taclait, pourtant: "Ils essayent de se rendre plus importants qu'ils sont. Le lien de ce gouvernement, c'est que sept partis se sont entendus pour qu'on ne laisse pas paralyser ce pays." D'où sa volonté de reprendre la main.Concrètement, le Premier souligne que "le marché du travail" est sa priorité, alors que l'économie reprend. En tentant de trouver un juste milieu: "Je crois qu'il y a des manières plus efficaces de faire cela que d'aller couper les allocations..." Critiquant la méthode selon laquelle Karine Lalieux (PS), ministre des Pensions, a présenté sa réforme, il précise: "La priorité maintenant, c'est de faire en sorte que plus de gens soient au travail. Nous en reparlerons au sein du gouvernement cet automne. Il est bon que la tempéature baisse un peu..."Quand à la sortie du nucléaire, De Croo dit pouvoir vivre avec toutes les options -sortie complète en 2025 ou maintien de deux centrales - pour autant qu'il n'y ait pas d'impact substantiel sur les prix. En saluant le geste d'Ecolo qui se déclare fidèle au débat et à l'esprit de la déclaration gouvernementale.Les libéraux flamands, sous pression de la droite en Flandre, sont aussi malmenés par l'attitude offensive, tous azimuts, de leur homologue francophone, le MR. Mais ils veulent apaiser les choses et avancer, sans braquer les socialistes francophones.Egbert Lachaert, président de l'Open VLD, a déjeuné avec le président du PS, Paul Magnette pour tenter de désamorcer la crise. "Il est important que les présidents de parti se parlent, sinon on reste sur beaucoup de tweets et de com', expliquait-il à L'Echo ce week-end. La crise Covid n'est pas définitviement terminée, il y a eu les inondations, l'exercice budgétaire est très lourd et nous avons l'opportunité de créer quelque chose de positif."Et d'ajouter, en précisant que le signal de la rencontre avec Paul Magnette était important, en dépit de recettes différentes entre les deux partis: "Ce gouvernement a été créé lorsque socialistes et libéraux se sont retrouvés sur le thème du budget. Sans ceela, il n'y aurait pas eu de gouvernement. Nous sommes à nouveau dans un moment comme celui-là, on doit se retrouver sur le thème socioéconomique."Dans la même interview, Egbert Lachaert regrettait... qu'il lui était désormais impossible d'avoir un contact avec Bart De Wever. Les ponts sont rompus entre les présidents de l'Open VLD et de la N-VA, même si le gouvernement flamand, au sein duquel les deux partis sont associés, tente de fonctionner.Telle est la Belgique à l'automne de l'année 2021.