Les contrats à long terme ont protégé les exportateurs belges et européens contre les conséquences de la crise du Covid et contre les procédures judiciaires, rapporte jeudi le Vlaams Vredesinstituut (Institut flamand de la Paix) qui a réagi à la publication du rapport sur les exportations d'armes européennes publié mercredi.

Avec plus de 30.000 licences délivrées pour une valeur totale de près de 167 milliards d'euros, l'UE reste un exportateur majeur d'équipements et de technologies militaires, selon le 23e rapport annuel de l'UE. Et cela malgré le manque d'exportations britanniques, qui en 2019 atteignaient encore une valeur d'environ 6 milliards d'euros. Les exportations d'armes belges sont restées stables à environ 2,9 milliards d'euros en 2020. En raison de décisions de justice, les exportations directes d'armes légères et de petit calibre et de munitions de la Belgique vers l'Arabie saoudite se sont presque complètement taries.

"L'industrie de la défense travaille avec des contrats à très long terme, donc un impact possible du Covid-19 ne se fera probablement sentir dans les chiffres que plus tard. Pour l'instant, le commerce international des armes semble avoir beaucoup moins souffert que la plupart des autres secteurs économiques", explique Diederik Cops, chercheur au Vlaams Vredesinstituut.

Ce qui est perceptible, c'est l'impact d'un consensus européen croissant sur les exportations d'armes vers le Moyen-Orient. En 2020, par exemple, seules 220 licences d'exportation d'armes de l'UE vers l'Arabie saoudite ont été délivrées. En 2015, avant le début de la guerre au Yémen, il y avait encore 835 licences. Seules la France, et dans une mesure (beaucoup) plus limitée l'Espagne et l'Italie, fournissent encore des quantités substantielles de matériel militaire aux Saoudiens.

Selon le Vlaams Vredesinstitutt, cette évolution doit certainement être plus nuancée dans le cas de la Belgique. "D'une part, il n'y a pas eu d'exportation directe d'armes à feu et de munitions vers l'Arabie saoudite en 2020, en partie parce que des ONG ont contesté avec succès plusieurs de ces licences auprès du Conseil d'État. Mais d'autre part, le gouvernement wallon a tout de même accordé pour 1,8 milliard d'euros d'exportations de tourelles vers le Canada, alors que celles-ci sont également destinées à l'Arabie saoudite. Bien que ces licences aient également été initialement suspendues par le Conseil d'État, le gouvernement wallon a néanmoins décidé de délivrer ces licences", explique M. Cops.

L'exportation de tourelles à canon fait partie d'un contrat à long terme que la société liégeoise Cockerill a conclu en 2015 avec le canadien General Dynamics pour un montant total de 3,4 milliards d'euros. "L'exemple montre qu'il est très difficile pour un gouvernement de revoir ses obligations contractuelles passées, même lorsque la situation dans le pays d'utilisation finale a radicalement changé", a déclaré Diederik Cops.

Les contrats à long terme ont protégé les exportateurs belges et européens contre les conséquences de la crise du Covid et contre les procédures judiciaires, rapporte jeudi le Vlaams Vredesinstituut (Institut flamand de la Paix) qui a réagi à la publication du rapport sur les exportations d'armes européennes publié mercredi. Avec plus de 30.000 licences délivrées pour une valeur totale de près de 167 milliards d'euros, l'UE reste un exportateur majeur d'équipements et de technologies militaires, selon le 23e rapport annuel de l'UE. Et cela malgré le manque d'exportations britanniques, qui en 2019 atteignaient encore une valeur d'environ 6 milliards d'euros. Les exportations d'armes belges sont restées stables à environ 2,9 milliards d'euros en 2020. En raison de décisions de justice, les exportations directes d'armes légères et de petit calibre et de munitions de la Belgique vers l'Arabie saoudite se sont presque complètement taries. "L'industrie de la défense travaille avec des contrats à très long terme, donc un impact possible du Covid-19 ne se fera probablement sentir dans les chiffres que plus tard. Pour l'instant, le commerce international des armes semble avoir beaucoup moins souffert que la plupart des autres secteurs économiques", explique Diederik Cops, chercheur au Vlaams Vredesinstituut. Ce qui est perceptible, c'est l'impact d'un consensus européen croissant sur les exportations d'armes vers le Moyen-Orient. En 2020, par exemple, seules 220 licences d'exportation d'armes de l'UE vers l'Arabie saoudite ont été délivrées. En 2015, avant le début de la guerre au Yémen, il y avait encore 835 licences. Seules la France, et dans une mesure (beaucoup) plus limitée l'Espagne et l'Italie, fournissent encore des quantités substantielles de matériel militaire aux Saoudiens. Selon le Vlaams Vredesinstitutt, cette évolution doit certainement être plus nuancée dans le cas de la Belgique. "D'une part, il n'y a pas eu d'exportation directe d'armes à feu et de munitions vers l'Arabie saoudite en 2020, en partie parce que des ONG ont contesté avec succès plusieurs de ces licences auprès du Conseil d'État. Mais d'autre part, le gouvernement wallon a tout de même accordé pour 1,8 milliard d'euros d'exportations de tourelles vers le Canada, alors que celles-ci sont également destinées à l'Arabie saoudite. Bien que ces licences aient également été initialement suspendues par le Conseil d'État, le gouvernement wallon a néanmoins décidé de délivrer ces licences", explique M. Cops. L'exportation de tourelles à canon fait partie d'un contrat à long terme que la société liégeoise Cockerill a conclu en 2015 avec le canadien General Dynamics pour un montant total de 3,4 milliards d'euros. "L'exemple montre qu'il est très difficile pour un gouvernement de revoir ses obligations contractuelles passées, même lorsque la situation dans le pays d'utilisation finale a radicalement changé", a déclaré Diederik Cops.