Le confinement du printemps, une période où les Belges ont passé beaucoup de temps enfermés chez eux, a-t-il été propice à la natalité ? Plus de couples ont-ils décidé de profiter de leur vie plus calme pour réaliser leur projet de bébé ? C'est en tout cas ce qu'affirment certains gynécologues.
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Le confinement du printemps, une période où les Belges ont passé beaucoup de temps enfermés chez eux, a-t-il été propice à la natalité ? Plus de couples ont-ils décidé de profiter de leur vie plus calme pour réaliser leur projet de bébé ? C'est en tout cas ce qu'affirment certains gynécologues.Depuis 2010, le nombre de naissances en Belgique diminue chaque année, mais d'après Johan Van Wiemeersh, porte-parole de l'association flamande des gynécologues, 2021 sera marqué par un véritable baby-boom. Pour 2020, il n'y a pas encore de chiffres officiels, mais les premiers bébés de confinement (celui-ci ayant débuté mi-mars) voient le jour dans les maternités du pays.Réduire le séjour en maternité La maternité où travaille Van Wiemeersh, à l'hôpital Sint Augustinus à Wilrijk, est l'une des plus grandes de Belgique. En moyenne, elle accueille 3 500 bébés par an, l'année prochaine, ce chiffre atteindra sans doute les 4 000. L'hôpital se prépare à affronter ce surplus de naissances. "Nous allons devoir engager plus de personnel, tel que des sages-femmes et des infirmiers. Mais nous envisageons de réduire la durée du séjour des mamans, en fonction du taux d'occupation du moment", explique-t-il à la VRT. Selon le gynécologue, le baby-boom ne sera pas un phénomène exclusivement anversois. Au CHU de Liège, on observe le même phénomène. "On voit par les consultations des sages-femmes que l'on peut prévoir un gros mois de janvier", confirme Christine Lebrun, sage-femme responsable de la maternité à RTL.Eros et Thanatos Sur les ondes de RTL, Julie Du Chemin, sexologue, explique pourquoi certains ont envie de concevoir un enfant. Pour elle c'est logique qu'en temps de crise, lors d'une guerre ou d'une épidémie comme c'est le cas actuellement, les gens aient envie de donner la vie, de faire l'amour. "Ce sont deux pulsions antinomiques que l'on nomme aussi Eros et Thanatos", explique-t-elle en référence au dieu grec de l'amour et de la mort. À Bruxelles, les hôpitaux estiment qu'il est trop tôt pour parler d'un véritable baby-boom. "À partir de 24 ou 25 semaines de grossesse, les mères peuvent s'inscrire pour accoucher dans notre maternité. Nous devrions voir une augmentation dans ces chiffres, mais ce n'est pas encore le cas. Nous n'avons pas d'autres indicateurs", déclare ainsi le porte-parole du CHU Saint-Pierre au site d'informations bruxellois Bruzz. À l'UZ Brussel, on entend le même son de cloche.Seconde Guerre mondiale Interrogée par Le Soir fin novembre dernier, Marie Vandresse, démographe à l'organisme public de prévision et d'analyse, estime qu'il est trop tôt pour faire des prédictions sur l'impact du covid sur la natalité. Pour elle, il n'y a pas de parallèle entre le baby-boom survenu après la Seconde Guerre mondiale et la situation sanitaire actuelle. "A l'époque, les femmes n'avaient pas accès à la pilule. Même s'il s'avère que l'activité sexuelle des Belges a été plus active ces derniers mois, encore faudrait-il qu'ils aient décidé d'arrêter leur contraception", déclare-t-elle.La démographe pointe le lien entre le taux de fécondité et l'économie. Ainsi, la natalité a chuté depuis la crise financière de 2008 et celle-ci perdure à cause "d'un climat d'incertitude global".