Tous les passionnés du ballon rond sont sous le choc. Mais pas seulement: les dirigeants européens expriment leur désapprobation et la politique se mêle ouvertement du sport.
...

Tous les passionnés du ballon rond sont sous le choc. Mais pas seulement: les dirigeants européens expriment leur désapprobation et la politique se mêle ouvertement du sport. Douze clubs parmi les plus puissants du continent ont annoncé leur volonté de créer une Super League européenne, sur le monde de la NBA de basket américaine, et l'indignation est à son comble : on évoque une "guerre des riches" ou l'on crie au foot pourri. En Belgique aussi, le débat est vif... au sujet des Diables rouges.Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et le président français, Emmanuel Macron, ont condamné cette intention, tandis que les clubs participants et leurs joueurs sont menacés d'être exclus de toutes les autres compétitions officielles, dont la Champions League, l'Euro ou le Mondial!. Cette idée de Super League n'est pas neuve, en réalité, elle bouillonne dans la marmite des grands clubs depuis que l'ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi était à la tête du Milan AC, dans les années 1980-90. C'est même pour contrecarrer cette volonté que la Champions League a été inventée, en 1992. Mais cette fois, avec les nouvelles volontés de réformer la compétition phare du continent, les dirigeants du Real Madrid et de la Juventus Turin ont accéléré le mouvement, pour faire pression, aussi, sur l'UEFA en congrès à Montreux à partir de ce lundi.Cette Super League serait composée de quinze clubs fondateurs et de cinq clubs invités. Les fondateurs sont espagnols (Real Madrid, Barcelone, Atletico Madrid), anglais (Arsenal, Chelsea, Liverpool, Manchester United et City, Tottenham) et italiens (AC et Inter Milan Juventus Turin). Il reste trois places disponibles, le Bayer Munich et le PSG ayantt jusqu'ici résisté aux sirènes de l'argent. Cette grande compétition européenne regroupant les clubs les plus prestigieux s'inspire, notamment, de l'exemple américain de la NBA et vise à maintenir un modèle économique de plus en plus fragilisé. Cette nouvelle compétition serait notammùent financée par la banque américaine JP Morgan, à hauteur de 6 milliards d'euros.En retour, la riposte de l'UEFA, de la FIFA et des ligues nationales a été extrêmement fermes.Ces clubs, mais aussi leurs joueurs, sont menacés d'être exclus des compétitions existantes: Champions League, mais aussi Euro, Coupe du monde et championnats nationaux. "Nous soutenons l'UEFA et nous nous opposons à l'organisation d'une compétition fermée telle que convenue entre 12 grands clubs de football européens", a twitté l'Union belge de football, lundi.La Commission européenne estime, quant à elle, que ce projet est contraire à ses valeurs.Michael Verschuren (Anderlecht, membre de l'Association européenne des clubs), regrette la décision des douze ténors, mais n'est pas surpris: "Nous avons travaillé pendant plus de deux ans sur 'Horizon24' pour adapter les formats des compétitions européennes, dit-il au Soir. Afin de générer de la croissance au niveau des revenus et d'installer une forte solidarité entre les petits pays du football. J'ai senti, lors de différentes rencontres, qu'il y avait beaucoup de pression de la part des grands clubs pour compenser rapidement la perte de revenus de la saison dernière à cause du Covid. Mais c'était assez inattendu. Je suis étonné, mais cela allait arriver...""Un jour, ils arriveront à me faire détester le foot...", s'indigne Patrick Prévot, député fédéral PS. De façon générale, tous les partisans d'une plus grande solidarité dans le sport roi sont consternés par la volonté des plus grands."La Super League, c'est la quintessence de l'utralibéralisme, estime Frédéric Daerden (OPS), vice-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une oligarchie d'intérêts privés faisant fi de la solidarité, de l'histoire populaire du football et des supporters au nom de l'argent.""Tous ces gens qui adorent Micheal Jordan, Djokovic et Hamilton et qui s'offusquent de la naissance de la Super League", ironise en retour un internaute.Si Georges-Louis Bouchez, président du MR, n'a pas réagi en tant que tell, il l'a fait par la bande en relayant le message plein d'humour de "son" club, les Francs Borains: "C'est gentil d'avoir pensé à nous. MAIS C'EST NON!"En Belgique, les Diables rouges sont menacés: ils sont nombreux aussi à constater que nos stars actives dans ces géants du foot risqueraient d'être privés d'équipe nationale. Et de citer Kevin De Bruyne, Thibaut courtois, Eden Hazard, Toby Alderweireld, Yannick Carasco..."Elle va être belle cette Coupe du Monde sans Cristiano, sans Messi, sans Hazard, De Bruyne, Courtois ou sans Pogba", commente Rajae Maouane, coprésidente d'Ecolo. Qui ajoute: "Une raison de plus de la boycotter." Une référence à une autre controverse ô combien politique : l'organisation du Mondial 2022 au Qatar.Qui osera encore dire que le football n'est pas devenu un enjeu stratégique?