Les crises, peu importe leur durée ou leur nature, ont un impact sur l'apprentissage des enfants. Pour l'UNICEF, il est essentiel que les enfants puissent continuer d'apprendre pendant le confinement et après le déconfinement. Grâce aux crises précédentes, comme Ebola par exemple, nous savons que plus les enfants et les jeunes n'iront pas à l'école, au plus leur apprentissage risque d'en souffrir. Beaucoup de pays ont mis en place des méthodes d'apprentissage à distance. Même si ces initiatives sont positives, elles peuvent mettre une pression sur les enseignants qui ont besoin de support et de formation pour enseigner à distance. Pour les enfants les plus vulnérables, l'accès à l'éducation à domicile n'est pas toujours une option. Mais lorsque les crises se prolongent, la santé physique et mentale des enfants est aussi impactée : selon la police fédérale, les signalements pour abus d'enfants ont doublé, voire triplé, depuis la période de confinement.

Toute crise a un impact important sur le bien-être des enfants et des jeunes. Les enseignants doivent être formés dans les semaines à venir pour s'occuper des enfants et des jeunes. Le soutien psychosocial est crucial pour éviter un impact durable. De nombreux élèves se sentent actuellement en insécurité. Certains passent par un processus de deuil, d'autres éprouvent de la frustration, de l'isolement, de la peur, de l'angoisse. Certains enfants et jeunes sont davantage exposés à la violence et l'exploitation. Les problèmes psychologiques varient d'un élève à l'autre et selon l'âge et le milieu. L'approche au cas par cas est cruciale. Les écoles doivent identifier qui a besoin de quelle aide. Parfois, une conversation de groupe est suffisante, souvent des conversations individuelles seront nécessaires. Il ne faut pas attendre l'ouverture des écoles, ce sera trop tard.

La fermeture des écoles a d'autres conséquences pour les enfants et les jeunes les plus vulnérables. Avec le confinement, une pression scolaire certaine s'est installée dans de nombreuses familles. La situation a généré plus de stress et d'inquiétudes car beaucoup de familles n'ont pas la possibilité d'aider les enfants. Elles se heurtent à des barrières de connaissances et de compétences. Même si des actions solidaires ont été mises en place, comme les dons ou les prêts d'ordinateurs, pour les familles en difficulté qui vivent dans un petit logement avec des enfants qui n'ont pas le même âge, la pression économique et sociale s'ajoute à la pression scolaire. Pour certaines familles, la priorité est de se nourrir. Ces conditions particulières révèlent des inégalités déjà existantes. C'est pourquoi nous devons vraiment nous concentrer sur ces enfants les plus vulnérables pendant et après cette crise.

Les jeunes enfants sont particulièrement désavantagés par l'enseignement à distance. Il est difficile de les atteindre et de leur donner un enseignement adapté. Chez les adolescents, nous identifions plutôt un risque élevé d'abandon scolaire précoce. C'est un phénomène inquiétant, également dans un pays riche comme la Belgique. La fermeture des écoles peut aussi avoir un impact sur les adolescentes. Sans accès à l'école, certaines filles risquent d'être relayées aux tâches ménagères et courent aussi un plus grand risque de tomber enceintes ou de subir des violences sexuelles à la maison.

Les enfants et les jeunes porteurs d'un handicap font aussi face à de nombreux défis en matière d'éducation aujourd'hui. L'interruption de l'école et de la routine peuvent s'avérer particulièrement difficile pour eux et provoquer pas mal de stress chez leurs parents. Ils ne doivent pas être oubliés.

Enfin, les enseignants ne sont pas des individus hors de toute atteinte. Ils sont aussi impactés par le COVID-19. Il est primordial qu'ils puissent être soutenus, rester connectés et soient formés pour répondre à ces nouvelles formes d'enseignement. Avant l'apparition de COVID-19, nous faisions déjà face à un manque d'enseignants. Cette crise pourrait encore exacerber la tendance. La revalorisation du métier d'enseignant et leur formation doivent rester une priorité absolue aujourd'hui et demain.

Afin de limiter les dégâts à court et à long terme, il faut investir dans l'éducation aujourd'hui et pour les années à venir. C'est le seul moyen de protéger le capital économique et humain. Partout, également dans les pays riches comme la Belgique, les gouvernements doivent maintenir et augmenter les budgets alloués à l'éducation. Le droit à l'éducation est un droit pour tous les enfants, avant, pendant et après une crise. Il ne s'arrête pas pendant la crise. Les enfants et les jeunes ne peuvent pas attendre. Ils n'ont jamais eu autant besoin de poursuivre leur éducation et d'apprendre. Aucun enfant ne doit être laissé de côté.

Koen Van Bockstal, Directeur général UNICEF Belgique.

Les crises, peu importe leur durée ou leur nature, ont un impact sur l'apprentissage des enfants. Pour l'UNICEF, il est essentiel que les enfants puissent continuer d'apprendre pendant le confinement et après le déconfinement. Grâce aux crises précédentes, comme Ebola par exemple, nous savons que plus les enfants et les jeunes n'iront pas à l'école, au plus leur apprentissage risque d'en souffrir. Beaucoup de pays ont mis en place des méthodes d'apprentissage à distance. Même si ces initiatives sont positives, elles peuvent mettre une pression sur les enseignants qui ont besoin de support et de formation pour enseigner à distance. Pour les enfants les plus vulnérables, l'accès à l'éducation à domicile n'est pas toujours une option. Mais lorsque les crises se prolongent, la santé physique et mentale des enfants est aussi impactée : selon la police fédérale, les signalements pour abus d'enfants ont doublé, voire triplé, depuis la période de confinement. Toute crise a un impact important sur le bien-être des enfants et des jeunes. Les enseignants doivent être formés dans les semaines à venir pour s'occuper des enfants et des jeunes. Le soutien psychosocial est crucial pour éviter un impact durable. De nombreux élèves se sentent actuellement en insécurité. Certains passent par un processus de deuil, d'autres éprouvent de la frustration, de l'isolement, de la peur, de l'angoisse. Certains enfants et jeunes sont davantage exposés à la violence et l'exploitation. Les problèmes psychologiques varient d'un élève à l'autre et selon l'âge et le milieu. L'approche au cas par cas est cruciale. Les écoles doivent identifier qui a besoin de quelle aide. Parfois, une conversation de groupe est suffisante, souvent des conversations individuelles seront nécessaires. Il ne faut pas attendre l'ouverture des écoles, ce sera trop tard. La fermeture des écoles a d'autres conséquences pour les enfants et les jeunes les plus vulnérables. Avec le confinement, une pression scolaire certaine s'est installée dans de nombreuses familles. La situation a généré plus de stress et d'inquiétudes car beaucoup de familles n'ont pas la possibilité d'aider les enfants. Elles se heurtent à des barrières de connaissances et de compétences. Même si des actions solidaires ont été mises en place, comme les dons ou les prêts d'ordinateurs, pour les familles en difficulté qui vivent dans un petit logement avec des enfants qui n'ont pas le même âge, la pression économique et sociale s'ajoute à la pression scolaire. Pour certaines familles, la priorité est de se nourrir. Ces conditions particulières révèlent des inégalités déjà existantes. C'est pourquoi nous devons vraiment nous concentrer sur ces enfants les plus vulnérables pendant et après cette crise. Les jeunes enfants sont particulièrement désavantagés par l'enseignement à distance. Il est difficile de les atteindre et de leur donner un enseignement adapté. Chez les adolescents, nous identifions plutôt un risque élevé d'abandon scolaire précoce. C'est un phénomène inquiétant, également dans un pays riche comme la Belgique. La fermeture des écoles peut aussi avoir un impact sur les adolescentes. Sans accès à l'école, certaines filles risquent d'être relayées aux tâches ménagères et courent aussi un plus grand risque de tomber enceintes ou de subir des violences sexuelles à la maison. Les enfants et les jeunes porteurs d'un handicap font aussi face à de nombreux défis en matière d'éducation aujourd'hui. L'interruption de l'école et de la routine peuvent s'avérer particulièrement difficile pour eux et provoquer pas mal de stress chez leurs parents. Ils ne doivent pas être oubliés. Enfin, les enseignants ne sont pas des individus hors de toute atteinte. Ils sont aussi impactés par le COVID-19. Il est primordial qu'ils puissent être soutenus, rester connectés et soient formés pour répondre à ces nouvelles formes d'enseignement. Avant l'apparition de COVID-19, nous faisions déjà face à un manque d'enseignants. Cette crise pourrait encore exacerber la tendance. La revalorisation du métier d'enseignant et leur formation doivent rester une priorité absolue aujourd'hui et demain. Afin de limiter les dégâts à court et à long terme, il faut investir dans l'éducation aujourd'hui et pour les années à venir. C'est le seul moyen de protéger le capital économique et humain. Partout, également dans les pays riches comme la Belgique, les gouvernements doivent maintenir et augmenter les budgets alloués à l'éducation. Le droit à l'éducation est un droit pour tous les enfants, avant, pendant et après une crise. Il ne s'arrête pas pendant la crise. Les enfants et les jeunes ne peuvent pas attendre. Ils n'ont jamais eu autant besoin de poursuivre leur éducation et d'apprendre. Aucun enfant ne doit être laissé de côté. Koen Van Bockstal, Directeur général UNICEF Belgique.