"En Belgique, la politique est une affaire de famille": le sujet d'un article du quotidien de référence français Le Monde fait débat chez nous, ce mardi. Entre réflexions désabusées et sentiments de colère rentrée.
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"En Belgique, la politique est une affaire de famille": le sujet d'un article du quotidien de référence français Le Monde fait débat chez nous, ce mardi. Entre réflexions désabusées et sentiments de colère rentrée.Jean-Pierre Stroobants, ancien journaliste du Soir et correspondant du journal français à Bruxelles depuis une dizaine d'années, pose le constat: "Quelque 15 % des élus ont désormais un père ou une mère qui a déjà exercé un mandat. Une situation qui agace, amuse, mais ne révolte pas les Belges."Avec le secrétaire d'Etat Mathieu Michel en guise d'illustration, cette "lettre de Belgique" rédigée par le journaliste souligne combien la situation est singulière dans notre pays. "Quelque 15 % des élus du royaume ont désormais un père ou une mère qui a déjà exercé un mandat, analyse-t-il. Au-delà de 10 %, on peut affirmer qu'une démocratie qui fait la part belle aux dynasties dysfonctionne, expliquait, en 2016, une étude de l'université américaine Harvard. En Europe, seules la Grèce et l'Irlande feraient 'mieux' que le pays du roi Philippe en termes de népotisme, tandis qu'en Allemagne il est presque inexistant. Aux Pays-Bas, la Chambre des députés comptait, en 2017, un seul 'fils de' sur 150 élus. Les Européens campent cependant tous très loin de la Thaïlande et des Philippines, où 40 % des parlementaires sont des dynastes. Aux Etats-Unis, 6 % seulement des élus ont des parents célèbres en politique, même si quelques exemples - les Clinton, la famille Bush et celle des Trump, demain ? - pourraient faire penser l'inverse."La composition du gouvernement fédéral, en octobre dernier, avait certes suscité des analyses indignées, mais sans susciter une fronde au-delà des péripéties internes au MR, liées à la nomination de Mathieu Michel au poste de secrétaire d'Etat, en raison d'un casting libéral géré de façon quelque peu chaotique. Pourtant, le Premier ministre n'est autre qu'Alexander De Croo, fils d'Herman De Croo, ex-ministre, parlementaire et président de parti. Si l'on ne compte pas la petite année gérée par Sophe Wilmès, il succède à Charles Michel, fils de Louis, lui aussi ancien ministre et président de parti. Le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem ou la secrétaire d'Etat Sarah Schlitz sont également des "enfants de". Qui sont nombreux à tous les échelons: le nouveau président le la fédération liégeoise du PS n'est-il pas Frédéric Daerden, fils de "papa" Michel?Le Monde souligne que les 'enfants de' sont "bien plus motivés que la moyenne pour se lancer dans la carrière, estimant sans doute que, porteurs d'un patronyme connu de l'électeur". Il évoque aussi la prédominance des présidents de parti dans les choix ministériels, générant ce népotisme.Le Belge s'est-il fait une raison? "Ça nous révolte mais on ne peut rien faire, réagit un internaute. On retrouve toujours les mêmes sur les listes et les quelques présidents de parti ont pris le pouvoir sur la vie politique." "Si les "braves gens" ne votaient pas massivement pour les "fils/fille de" plutôt que pour d'autres nouveaux venus, les présidents de parti agiraient peut-être différemment",analyse en retour Philippe Walkowiak, journaliste politique à la RTBF.