Le dossier fait suite à la grande opération menée mardi dernier par la police judiciaire fédérale, qui ciblait des vols de voitures. Le groupe Sudpresse a annoncé dans son édition de samedi que le commissariat de la police locale de Roux avait été perquisitionné par l'Inspection générale de la police ce vendredi matin. Pour les deux policiers privés de liberté, le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Der Sijpt, avait indiqué samedi matin qu'ils seraient présentés dans l'après-midi devant le juge d'instruction. Celui-ci a donc décidé de les placer sous mandat d'arrêt.

L'escroquerie était parfaitement ficelée. Une victime postait une annonce sur un site internet pour proposer sa voiture à la vente. Contactée par des acquéreurs intéressés par les monoplaces, un faux virement était effectué sous les yeux du vendeur et les acquéreurs emportaient le véhicule. Dans la plupart des cas, le véhicule était alors exporté à l'étranger. Le véhicule disparaissait rapidement avant que les vendeurs ne se rendent compte de l'arnaque. L'instruction judiciaire a été ouverte le 2 octobre 2018. Plus de 620 faits ont déjà été identifiés pour un préjudice qui s'élève à plus de six millions d'euros. Sur deux ans, l'arnaque aurait fait une centaine de victimes belges.

Plus de 200 perquisitions, principalement dans la communauté gitane, ont également eu lieu. Elles ont été coordonnées par la police judiciaire fédérale de Bruxelles. Il s'agit de la plus grande opération policière organisée sans doute depuis plus de 20 ans. Dix-neuf sites ont été ciblés, dont neuf sur Charleroi principalement dans des caravanes ou des habitations. Les perquisitions visaient, d'une part, à saisir les véhicules et, d'autre part, les biens dans lesquels l'argent dérobé a pu être réinvesti. D'autres objets ont également été saisis, notamment, des armes et fusils, des voitures de luxe, des montres haut de gamme, des bijoux, d'importantes sommes d'argent et des caravanes.

Selon le parquet fédéral, 52 personnes ont été privées de liberté dans le cadre de ce dossier et seront déférées devant le juge d'instruction. Une vingtaine de personnes ont déjà été placées sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction. Selon Sudpresse et RTLInfo, les deux policiers inculpés auraient donné des informations sur les perquisitions menées mardi dernier, notamment à Jumet. Ils auraient notamment dévoilé les heures d'arrivée des policiers pour permettre la fuite de suspects.