La réforme des pensions, une réforme à prendre, à moduler ou à jeter ? Troisième mesure de la réforme décodée par nos six experts: la pension anticipée à 60 ans après 42 ans de carrière. Découvrez quatre autres mesures décodées en fin de texte.

La situation actuelle

Pension anticipée à 62 ans après 40 ans de carrière.

Quelle probabilité?

FAIBLE

Marie-Noëlle Vanderhoven: "Très faible."

Selena Carbonero: "Ce n'est pas dans l'accord de gouvernement. On voit la volonté de la ministre, qui est à saluer, mais ça nous fait craindre que certains ne veuillent pas aborder sérieusement cette question fondamentale."

Une bonne idée?

  • OUI

Jean Hindriks et Pierre Devolder: "C'est revenir à un calcul des pensions qui récompense les carrières longues et qui permet à ceux qui ont commencé tôt à travailler de partir plus tôt. Par ailleurs, l'âge de retraite légale est uniforme pour tout le monde. Or, à 65 ou 66 ans, l'espérance de vie de quelqu'un qui a eu un métier pénible n'est pas la même que celle d'un prof d'unif. C'est donc la mesure la plus juste."

  • OUI MAIS

Selena Carbonero et Sylvie Lausberg: "On sort du fétiche de l'âge et d'une logique répressive pour adopter une logique d'activation des personnes, pour qu'elles continuent à travailler le plus longtemps possible. Mais 42 ans, ça reste trop long. Les infirmières, par exemple, font quatre ans d'études puis un métier pénible: elles n'y arriveront pas, aux 42 ans de carrière..."

Florent Hendrickx: "Les années de travail sont plus importantes que l'âge. Pourquoi ne pas en faire la seule condition d'accès à la pension? Avec un système de points: une année prestée dans un métier non pénible rapporte un point, une année dans un métier pénible en rapporte plus. Quand on arrive à 45 points, l'accès à la pension est débloqué. Ce score pourrait aussi être indexé sur l'espérance de vie, comme au Danemark."

  • NON

Marie-Noëlle Vanderhoven: "Ce sont les cotisations des travailleurs qui financent les pensions des retraités. Or, avec la baisse du nombre d'actifs cotisant, l'augmentation du nombre de pensionnés et l'allongement de la durée de vie, si on ne veut pas toucher au montant de la pension des retraités ni augmenter drastiquement les cotisations, on n'a pas d'autre choix que de travailler, donc cotiser, plus longtemps. On navigue à contre-sens en détricotant les mesures prises sous la législature précédente."

Quels bénéficiaires?

Florent Hendrickx: "Ceux qui ont commencé à travailler très jeunes. Ceux qui ont eu une carrière solide et peu pénible aussi, si on considère le bonus de pension pour chaque année supplémentaire au-delà des 42 ans."

Marie-Noëlle Vanderhoven: "C'est une mesure au bénéfice des travailleurs qui ont commencé tôt, mais au détriment de leurs enfants et des générations futures."

Selena Carbonero: "Une minorité, puisqu'on a de moins en moins de personnes qui commencent à travailler à 18 ans. On parle de six mille travailleurs concernés par an."

Sylvie Lausberg: "Aujourd'hui, 40% des femmes qui partent à la pension n'arrivent pas à 42 ans de carrière ; 35% n'arrivent même pas à 35 ans! Une femme sur trois devra travailler jusqu'à 67 ans. Donc, cette mesure ne concerne pas beaucoup de femmes. Ni beaucoup de gens, parce qu'on fait désormais des études beaucoup plus longues."

Jean Hindriks: "On est dans un petit groupe. Et les métiers plus difficiles: les gens qui commencent à 18 ans n'ont pas fait de longues études, optent pour un métier plus manuel et sont ensuite plus vite usés par ce métier."

Pierre Devolder: "Ça aurait concerné tout le monde si on avait instauré un système de calcul tenant compte du nombre d'années de travail effectuées au moment où chacun décide de partir."

Est-ce payable?

  • OUI

Jean Hindriks: "Ça ne coûtera pas très cher parce que peu de gens sont concernés."

  • NON

Marie-Noëlle Vanderhoven: "Ça va coûter cher."

La réforme des pensions, une réforme à prendre, à moduler ou à jeter ? Troisième mesure de la réforme décodée par nos six experts: la pension anticipée à 60 ans après 42 ans de carrière. Découvrez quatre autres mesures décodées en fin de texte.Pension anticipée à 62 ans après 40 ans de carrière. FAIBLEMarie-Noëlle Vanderhoven: "Très faible." Selena Carbonero: "Ce n'est pas dans l'accord de gouvernement. On voit la volonté de la ministre, qui est à saluer, mais ça nous fait craindre que certains ne veuillent pas aborder sérieusement cette question fondamentale." Jean Hindriks et Pierre Devolder: "C'est revenir à un calcul des pensions qui récompense les carrières longues et qui permet à ceux qui ont commencé tôt à travailler de partir plus tôt. Par ailleurs, l'âge de retraite légale est uniforme pour tout le monde. Or, à 65 ou 66 ans, l'espérance de vie de quelqu'un qui a eu un métier pénible n'est pas la même que celle d'un prof d'unif. C'est donc la mesure la plus juste." Selena Carbonero et Sylvie Lausberg: "On sort du fétiche de l'âge et d'une logique répressive pour adopter une logique d'activation des personnes, pour qu'elles continuent à travailler le plus longtemps possible. Mais 42 ans, ça reste trop long. Les infirmières, par exemple, font quatre ans d'études puis un métier pénible: elles n'y arriveront pas, aux 42 ans de carrière..." Florent Hendrickx: "Les années de travail sont plus importantes que l'âge. Pourquoi ne pas en faire la seule condition d'accès à la pension? Avec un système de points: une année prestée dans un métier non pénible rapporte un point, une année dans un métier pénible en rapporte plus. Quand on arrive à 45 points, l'accès à la pension est débloqué. Ce score pourrait aussi être indexé sur l'espérance de vie, comme au Danemark." Marie-Noëlle Vanderhoven: "Ce sont les cotisations des travailleurs qui financent les pensions des retraités. Or, avec la baisse du nombre d'actifs cotisant, l'augmentation du nombre de pensionnés et l'allongement de la durée de vie, si on ne veut pas toucher au montant de la pension des retraités ni augmenter drastiquement les cotisations, on n'a pas d'autre choix que de travailler, donc cotiser, plus longtemps. On navigue à contre-sens en détricotant les mesures prises sous la législature précédente." Florent Hendrickx: "Ceux qui ont commencé à travailler très jeunes. Ceux qui ont eu une carrière solide et peu pénible aussi, si on considère le bonus de pension pour chaque année supplémentaire au-delà des 42 ans." Marie-Noëlle Vanderhoven: "C'est une mesure au bénéfice des travailleurs qui ont commencé tôt, mais au détriment de leurs enfants et des générations futures." Selena Carbonero: "Une minorité, puisqu'on a de moins en moins de personnes qui commencent à travailler à 18 ans. On parle de six mille travailleurs concernés par an." Sylvie Lausberg: "Aujourd'hui, 40% des femmes qui partent à la pension n'arrivent pas à 42 ans de carrière ; 35% n'arrivent même pas à 35 ans! Une femme sur trois devra travailler jusqu'à 67 ans. Donc, cette mesure ne concerne pas beaucoup de femmes. Ni beaucoup de gens, parce qu'on fait désormais des études beaucoup plus longues." Jean Hindriks: "On est dans un petit groupe. Et les métiers plus difficiles: les gens qui commencent à 18 ans n'ont pas fait de longues études, optent pour un métier plus manuel et sont ensuite plus vite usés par ce métier." Pierre Devolder: "Ça aurait concerné tout le monde si on avait instauré un système de calcul tenant compte du nombre d'années de travail effectuées au moment où chacun décide de partir." Jean Hindriks: "Ça ne coûtera pas très cher parce que peu de gens sont concernés." Marie-Noëlle Vanderhoven: "Ça va coûter cher."