Le coronavirus a causé la mort de près de dix mille personnes en Belgique. Mais les experts mettent en garde depuis plusieurs semaines contre le risque d'une seconde vague non liée au Covid-19, mais bien aux trop nombreux soins d'autres natures reportés par crainte des rendez-vous médicaux.

L'UCLouvain et la KUL, sous la direction des professeurs Sandy Tubeuf et Jeroen Luyten ont mené. Parce que "en parallèle des efforts pour soigner et sauver des malades du Covid-19, les soignant·es se sont alarmé·es de la diminution significative de la fréquentation des services de santé, et des annulations de rendez-vous médicaux durant le confinement", soulignent-ils. 1963 personnes ont répondu à l'enquête (âge moyen 48 ans), majoritairement des femmes (74,2%), détentrices d'un diplôme de l'enseignement supérieur (80,3%). 1 répondant·e sur 4 déclare une baisse de revenu depuis le début du confinement. Deux répondants sur trois se déclarent en bonne santé et consultaient régulièrement un médecin avant l'épidémie.

Les résultats de l'enquête UCLouvain sont édifiants. Une personne sur deux affirme avoir renoncé à des soins de spécialistes, pour des rendez-vous prévus avant le confinement, suite à la pandémie. Une personne sur cinq a renoncé à plusieurs rendez-vous. 38,7% ont renoncé à des soins dentaires, 33,6% à des soins paramédicaux (kinésithérapie, logopédie, pédicure, etc.) et 19 % à des visites chez le généraliste. Enfin, neuf personnes sur dix (87,5%) n'ont pas pu faire un examen médical (prise de sang, test de dépistage, imagerie médicale) qui avait été prévu avant le confinement.

Les raisons invoquées? ? Rendez-vous annulés ou cabinets fermés. Mais aussi, la peur d'attraper le coronavirus en allant se faire soigner (10,2%).

Autre constat : 38,6% rapportent avoir eu au moins un nouveau problème de santé pour lequel ils et elles n'ont pas consulté alors que cela aurait été leur réflexe en temps normal. La raison ? Les répondants ont préféré attendre de voir s'ils et elles allaient mieux. Ou, le médecin leur a demandé de ne pas venir.

Les conséquences pour l'avenir pourraient être importantes. 15,8% des répondants pensent que le renoncement aux soins durant le confinement a détérioré leur état de santé "assez fortemen" ou "très fortement" et parmi les personnes avec une maladie chronique cette proportion passe à 22.8% soit plus d'une personne sur cinq!

En outre, si un problème de santé dans les semaines à venir, 34,8% consulteraient un·e médecin, mais 48,9% ne consulteraient que s'ils jugent le problème de santé sévère et 10,1% ne consulteraient que par téléphone. Les 6.2% restant ne consulteraient pas du tout.

Conclusion des auteurs: "Alors que les répondants à l'enquête sont majoritairement des femmes actives, très éduquées, plutôt en bonne santé avant le confinement, les scientifiques UCLouvain observent un fort renoncement à différents types de soins médicaux durant le confinement et près d'1 personne sur 5 indique que son état de santé s'est détérioré du fait du renoncement ou du report de soins durant le confinement. Donc, si les répondants étaient plus représentatifs de la population générale en Belgique, le non-recours et ses conséquences seraient susceptibles d'être encore plus importants."

Le coronavirus a causé la mort de près de dix mille personnes en Belgique. Mais les experts mettent en garde depuis plusieurs semaines contre le risque d'une seconde vague non liée au Covid-19, mais bien aux trop nombreux soins d'autres natures reportés par crainte des rendez-vous médicaux.L'UCLouvain et la KUL, sous la direction des professeurs Sandy Tubeuf et Jeroen Luyten ont mené. Parce que "en parallèle des efforts pour soigner et sauver des malades du Covid-19, les soignant·es se sont alarmé·es de la diminution significative de la fréquentation des services de santé, et des annulations de rendez-vous médicaux durant le confinement", soulignent-ils. 1963 personnes ont répondu à l'enquête (âge moyen 48 ans), majoritairement des femmes (74,2%), détentrices d'un diplôme de l'enseignement supérieur (80,3%). 1 répondant·e sur 4 déclare une baisse de revenu depuis le début du confinement. Deux répondants sur trois se déclarent en bonne santé et consultaient régulièrement un médecin avant l'épidémie.Les résultats de l'enquête UCLouvain sont édifiants. Une personne sur deux affirme avoir renoncé à des soins de spécialistes, pour des rendez-vous prévus avant le confinement, suite à la pandémie. Une personne sur cinq a renoncé à plusieurs rendez-vous. 38,7% ont renoncé à des soins dentaires, 33,6% à des soins paramédicaux (kinésithérapie, logopédie, pédicure, etc.) et 19 % à des visites chez le généraliste. Enfin, neuf personnes sur dix (87,5%) n'ont pas pu faire un examen médical (prise de sang, test de dépistage, imagerie médicale) qui avait été prévu avant le confinement.Les raisons invoquées? ? Rendez-vous annulés ou cabinets fermés. Mais aussi, la peur d'attraper le coronavirus en allant se faire soigner (10,2%).Autre constat : 38,6% rapportent avoir eu au moins un nouveau problème de santé pour lequel ils et elles n'ont pas consulté alors que cela aurait été leur réflexe en temps normal. La raison ? Les répondants ont préféré attendre de voir s'ils et elles allaient mieux. Ou, le médecin leur a demandé de ne pas venir.Les conséquences pour l'avenir pourraient être importantes. 15,8% des répondants pensent que le renoncement aux soins durant le confinement a détérioré leur état de santé "assez fortemen" ou "très fortement" et parmi les personnes avec une maladie chronique cette proportion passe à 22.8% soit plus d'une personne sur cinq!En outre, si un problème de santé dans les semaines à venir, 34,8% consulteraient un·e médecin, mais 48,9% ne consulteraient que s'ils jugent le problème de santé sévère et 10,1% ne consulteraient que par téléphone. Les 6.2% restant ne consulteraient pas du tout.Conclusion des auteurs: "Alors que les répondants à l'enquête sont majoritairement des femmes actives, très éduquées, plutôt en bonne santé avant le confinement, les scientifiques UCLouvain observent un fort renoncement à différents types de soins médicaux durant le confinement et près d'1 personne sur 5 indique que son état de santé s'est détérioré du fait du renoncement ou du report de soins durant le confinement. Donc, si les répondants étaient plus représentatifs de la population générale en Belgique, le non-recours et ses conséquences seraient susceptibles d'être encore plus importants."