"Le moment est venu de laisser tomber les exclusives." L'injonction royale est déterminée et énergique: c'est un appel aux partis à prendre leurs responsabilités, plus de huit mois après les élections. Au surlendemain d'une audience record, à l'issue de laquelle il a prolongé d'une semaine la mission des informateurs Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V), le roi a mis une nouvelle fois pression. Laissez tomber les exclusives : entendez, d'ici mardi prochain, la N-VA et le PS doivent envisager gouverner ensemble ou, si ce n'est pas possible, le CD&V, le SP.A, l'Open VLD, le CDH... doivent permettre une coalition alternative. En substance : la crise a assez duré ! Sera-t-il entendu?

Le discours royale est certes volontariste, mais il semble en complet décalage avec la paralysie totale du moment, les uns et les autres ne cessant de fermer les portes et de se renvoyer la responsabilité de l'échec. Le roi semble pratiquer la méthode Coué pour tenter de convaincre l'un ou l'autre à virer de bord, à prendre un risque susceptible de lui coûter une lourde défaite électorale en 2024. L'expression semble d'autant plus décalée que des voix de plus en plus nombreuses évoquent ouvertement la possibilité d'élection législatives anticipées pour rebattre les cartes. Quitte à ce que les résultats clarifient le jeu en creusant davantage encore le fossé Nord-Sud, avec la montée de l'extrême droite au Nord (le Vlaams Belang fait campagne pour un nouveau scrutin) et l'extrême gauche au Sud.

"Dans dix ans, notre pays fêtera ses deux cent ans, concluait le roi Philippe. Nous pourrons, alors, être fiers de ce que nous aurons accompli et voir l'avenir avec confiance. Ce rendez-vous de 2030, préparons-le ensemble. " Le message est joli, la perspective réjouissante, mais jamais la situation belge n'a semblé aussi loin de cette perspective d'une fête heureuse et fédérale en 2030. Le plaidoyer unitariste et sentimental de l'informateur Georges-Louis Bouchez a certes été salué par quelques-uns, mais la tonalité générale était quand même à l'étonnement sceptique ou au rappel ulcéré de l'évolution fédérale du pays - pour ne pas parler de velléités régionalistes ou séparatistes exacerbées.

Pour la deuxième année de suite, le roi Philippe exprimait ses voeux devant un gouvernement en affaires courantes. Sa détermination semblait plus que jamais résonner dans le vide. En 2020, avec ce paysage morcelé et ces intérêts partisans hypertrophiés, le palais est-il encore en mesure de réveiller les derniers hommes et femmes d'Etat ? On l'espère mais à vrai dire, on en doute.

"Le moment est venu de laisser tomber les exclusives." L'injonction royale est déterminée et énergique: c'est un appel aux partis à prendre leurs responsabilités, plus de huit mois après les élections. Au surlendemain d'une audience record, à l'issue de laquelle il a prolongé d'une semaine la mission des informateurs Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V), le roi a mis une nouvelle fois pression. Laissez tomber les exclusives : entendez, d'ici mardi prochain, la N-VA et le PS doivent envisager gouverner ensemble ou, si ce n'est pas possible, le CD&V, le SP.A, l'Open VLD, le CDH... doivent permettre une coalition alternative. En substance : la crise a assez duré ! Sera-t-il entendu?Le discours royale est certes volontariste, mais il semble en complet décalage avec la paralysie totale du moment, les uns et les autres ne cessant de fermer les portes et de se renvoyer la responsabilité de l'échec. Le roi semble pratiquer la méthode Coué pour tenter de convaincre l'un ou l'autre à virer de bord, à prendre un risque susceptible de lui coûter une lourde défaite électorale en 2024. L'expression semble d'autant plus décalée que des voix de plus en plus nombreuses évoquent ouvertement la possibilité d'élection législatives anticipées pour rebattre les cartes. Quitte à ce que les résultats clarifient le jeu en creusant davantage encore le fossé Nord-Sud, avec la montée de l'extrême droite au Nord (le Vlaams Belang fait campagne pour un nouveau scrutin) et l'extrême gauche au Sud."Dans dix ans, notre pays fêtera ses deux cent ans, concluait le roi Philippe. Nous pourrons, alors, être fiers de ce que nous aurons accompli et voir l'avenir avec confiance. Ce rendez-vous de 2030, préparons-le ensemble. " Le message est joli, la perspective réjouissante, mais jamais la situation belge n'a semblé aussi loin de cette perspective d'une fête heureuse et fédérale en 2030. Le plaidoyer unitariste et sentimental de l'informateur Georges-Louis Bouchez a certes été salué par quelques-uns, mais la tonalité générale était quand même à l'étonnement sceptique ou au rappel ulcéré de l'évolution fédérale du pays - pour ne pas parler de velléités régionalistes ou séparatistes exacerbées.Pour la deuxième année de suite, le roi Philippe exprimait ses voeux devant un gouvernement en affaires courantes. Sa détermination semblait plus que jamais résonner dans le vide. En 2020, avec ce paysage morcelé et ces intérêts partisans hypertrophiés, le palais est-il encore en mesure de réveiller les derniers hommes et femmes d'Etat ? On l'espère mais à vrai dire, on en doute.