Le sociologue souligne le manque de foi en politique de la jeune génération. Ainsi, à peine 16% des jeunes comptent sur la politique pour leur vie personnelle, ce qui est à peine plus que les 13% qui comptent sur Dieu. En outre, Elchardus constate que les partis politiques existants ne répondent pas aux souhaits des jeunes. "60% des jeunes veulent une société qui soit de gauche sur le plan socio-économique et qui forme en même temps une communauté délimitée. Car les partis qui se positionnent à gauche sur le plan socio-économique, sont plutôt cosmopolites et les partis de droite défendent une comm...

Le sociologue souligne le manque de foi en politique de la jeune génération. Ainsi, à peine 16% des jeunes comptent sur la politique pour leur vie personnelle, ce qui est à peine plus que les 13% qui comptent sur Dieu. En outre, Elchardus constate que les partis politiques existants ne répondent pas aux souhaits des jeunes. "60% des jeunes veulent une société qui soit de gauche sur le plan socio-économique et qui forme en même temps une communauté délimitée. Car les partis qui se positionnent à gauche sur le plan socio-économique, sont plutôt cosmopolites et les partis de droite défendent une communauté clairement délimitée" explique-t-il. À l'étonnement de l'auteur de l'étude, 75% des jeunes Belges interrogés, même si en Flandre ce chiffre ne s'élève qu'à 66%, se disent contre la scission de la Belgique et souhaitent même voir plus de compétences transférées au niveau fédéral. Ici encore, aucun parti politique ne répond à ce souhait. Même parmi les électeurs de la N-VA et du Vlaams Belang, un tiers des jeunes se disent en faveur de l'unité de la Belgique et du transfert de plus de compétences au niveau fédéral. Le professeur a également sondé l'attitude de la jeune génération à l'égard des étrangers. 41% des participants pensent ainsi que les étrangers viennent profiter de notre sécurité sociale et 75% estiment qu'il ne faut allouer les droits sociaux aux étrangers qu'une fois qu'ils connaissent la langue du pays et qu'ils ont travaillé au moins trois ans. Et 70% des jeunes interrogés craignent que les relations avec les musulmans s'enveniment au point d'en revenir aux guerres de religion. En revanche, la majorité (57%) des jeunes musulmans se montrent positifs quant à l'avenir et espèrent atteindre un niveau de vie plus élevé que leurs parents."Dieu est passé de flamand et catholique à francophone et socialiste"Côté religion, Elchardus affirme que Dieu est revenu en politique et que bizarrement, il est surtout au PS et au sp.a. Ainsi, 16% des jeunes électeurs du sp.a sont musulmans alors qu'au PS ce chiffre atteint les 27%. Il souligne que ces partis se sont imposé une tâche étonnante : concilier leur tradition des Lumières avec un groupe dont 80% sont très stricts et traditionnels sur le plan religieux. "N'est-ce pas ironique que Dieu soit manifestement passé de flamand et catholique à francophone et socialiste ?" se demande-t-il en riant.Pour Elchardus, la jeune génération actuelle souhaite profiter pleinement de la vie, mais tout en aspirant à la stabilité. Ainsi, elle pense qu'elle vivra mieux que ses parents, mais pas sur le plan de la sécurité de l'emploi. "Les jeunes souhaitent aussi protéger coûte que coûte la sécurité de sociale. Et ils sont très conséquents. 75% d'entre eux sont prêts à travailler davantage, à prendre leur pension plus tard et à payer des impôts plus élevés pour maintenir la sécurité sociale. Avec la sécurité de l'emploi, c'est la dernière bouée à laquelle ils s'accrochent" explique le sociologue. LeVif.be avec Kristof Dalle et Jan Lippens