Un Etat membre de l'Union européenne bascule dans la dictature. Profitant de la crise du coronavirus, qui n'épargne personne et nécessite des mesures exceptionnelles de confinement, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a prolongé une tendance qui est la sienne depuis de longues années en renforçant encore son pouvoir. Le parlement a voté une prolongation de l'état d'urgence, qui est de mise depuis le 11 mars,qui permet à l'homme fort incontesté du pays de "suspendre l'utilisation de certaines lois par décret" et de "s'écarter des dispositions statutaires et introduire d'autres mesures extraordinaires". L'objectif consiste bien à garantir la santé, la écurité personnelle et matérielle des citoyens, ainsi que l'économie. Mais ces mesures prévoient aussi de lourdes peines de prison : cinq ans pour la diffusion de fake news ou huit ans pour le non-respect des mesures de confinement. Le plus grave, c'est que ces dispositions sont prises sans limitation dans le temps.

Désormais, la Hongrie est une dictature formelle, déclare à La Libre Laurent Pech, professeur de droit européen à l'Université du Middlesex, relayé sur Twitter par Franklin Dehousse, professeur à l'ULiège et grand spécialiste du droit européen. Laurent Pech ne mâche pas ses mots. Il dénonce "un régime dans lequel le pouvoir législatif est suspendu, dans lequel le pouvoir exécutif peut faire ce qu'il veut - changer les lois, les abroger sans contrôle législatif - et dans lequel le pouvoir judiciaire est neutralisé - sauf la Cour constitutionnelle qui est en fait capturée par le régime d'Orban depuis 2013". En d'autres termes : "Il ne reste plus aucun contre-pouvoir. L'exécutif est libre de toute contrainte. Si ça, ce n'est pas une dictature, je ne sais pas ce que c'est..."

Des voix s'élèvent de toutes parts au sein de l'Union européenne pour dénoncer ces pratiques. Guy Verhofstadt, ancien leader des libéraux européens, rappelle combien Viktor Orban a changé depuis leur première rencontre en 1989, quand le leader hongrois faisait ses premiers pas. Il y a trois ans déjà, il dénonçait ses dérives liberticides au parlement européen en se demandant jusqu'où il irait. "Brûler des livres sur les places de Hongrie ? Aujourd'hui, c'est bien pire : il suspend le parlement et mine la démocratie. Back to USSR !"

Notre commissaire européen, Didier Reynders (MR), précisément chargé du respect des règles de l'Etat de droit, annonçait dès hier que la Commission européenne "évalue les mesures d'urgence prises par les États membres au regard des droits fondamentaux". La présidente de la Commission, Ursula van der Leyen, a rappelé ce mardi, - en faisant l'exploit de ne pas citer la Hongrie - que toutes les mesures d'urgence prises par les Etats pour lutter contre le coronavirus "doivent être limitées à ce qui est nécessaire" et "strictement proportionnées. Elle rappelle aussi que "la démocratie ne peut pas fonctionner sans des médias libres et indépendants".

Si la Hongrie est singulièrement montrée du doigt, un débat plus large commence à s'ouvrir au sujet des libertés fondamentales qui ont été mises de côté au nom de l'urgence sanitaire. Les lois d'exception se multiplient partout en Europe et les pouvoirs spéciaux chez nous ont été considérés par certains constitutionnalistes comme une "carte blanche" à l'exécutif allant potentiellement très loin - même si les partis politiques soutenant le gouvernement Wilmès II depuis l'opposition affirment qu'ils continuent à le contrôler, notamment à travers une commission spécialement créée pour l'occasion. Les libertés de circuler sont cadenassées, les données téléphoniques traquées et les militaires mobilisés un peu partout. Mais à la différence de la Hongrie, partout, il est clairement précisé que ce sont des mesures temporaires.

Un Etat membre de l'Union européenne bascule dans la dictature. Profitant de la crise du coronavirus, qui n'épargne personne et nécessite des mesures exceptionnelles de confinement, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a prolongé une tendance qui est la sienne depuis de longues années en renforçant encore son pouvoir. Le parlement a voté une prolongation de l'état d'urgence, qui est de mise depuis le 11 mars,qui permet à l'homme fort incontesté du pays de "suspendre l'utilisation de certaines lois par décret" et de "s'écarter des dispositions statutaires et introduire d'autres mesures extraordinaires". L'objectif consiste bien à garantir la santé, la écurité personnelle et matérielle des citoyens, ainsi que l'économie. Mais ces mesures prévoient aussi de lourdes peines de prison : cinq ans pour la diffusion de fake news ou huit ans pour le non-respect des mesures de confinement. Le plus grave, c'est que ces dispositions sont prises sans limitation dans le temps.Désormais, la Hongrie est une dictature formelle, déclare à La Libre Laurent Pech, professeur de droit européen à l'Université du Middlesex, relayé sur Twitter par Franklin Dehousse, professeur à l'ULiège et grand spécialiste du droit européen. Laurent Pech ne mâche pas ses mots. Il dénonce "un régime dans lequel le pouvoir législatif est suspendu, dans lequel le pouvoir exécutif peut faire ce qu'il veut - changer les lois, les abroger sans contrôle législatif - et dans lequel le pouvoir judiciaire est neutralisé - sauf la Cour constitutionnelle qui est en fait capturée par le régime d'Orban depuis 2013". En d'autres termes : "Il ne reste plus aucun contre-pouvoir. L'exécutif est libre de toute contrainte. Si ça, ce n'est pas une dictature, je ne sais pas ce que c'est..."Des voix s'élèvent de toutes parts au sein de l'Union européenne pour dénoncer ces pratiques. Guy Verhofstadt, ancien leader des libéraux européens, rappelle combien Viktor Orban a changé depuis leur première rencontre en 1989, quand le leader hongrois faisait ses premiers pas. Il y a trois ans déjà, il dénonçait ses dérives liberticides au parlement européen en se demandant jusqu'où il irait. "Brûler des livres sur les places de Hongrie ? Aujourd'hui, c'est bien pire : il suspend le parlement et mine la démocratie. Back to USSR !"Notre commissaire européen, Didier Reynders (MR), précisément chargé du respect des règles de l'Etat de droit, annonçait dès hier que la Commission européenne "évalue les mesures d'urgence prises par les États membres au regard des droits fondamentaux". La présidente de la Commission, Ursula van der Leyen, a rappelé ce mardi, - en faisant l'exploit de ne pas citer la Hongrie - que toutes les mesures d'urgence prises par les Etats pour lutter contre le coronavirus "doivent être limitées à ce qui est nécessaire" et "strictement proportionnées. Elle rappelle aussi que "la démocratie ne peut pas fonctionner sans des médias libres et indépendants".Si la Hongrie est singulièrement montrée du doigt, un débat plus large commence à s'ouvrir au sujet des libertés fondamentales qui ont été mises de côté au nom de l'urgence sanitaire. Les lois d'exception se multiplient partout en Europe et les pouvoirs spéciaux chez nous ont été considérés par certains constitutionnalistes comme une "carte blanche" à l'exécutif allant potentiellement très loin - même si les partis politiques soutenant le gouvernement Wilmès II depuis l'opposition affirment qu'ils continuent à le contrôler, notamment à travers une commission spécialement créée pour l'occasion. Les libertés de circuler sont cadenassées, les données téléphoniques traquées et les militaires mobilisés un peu partout. Mais à la différence de la Hongrie, partout, il est clairement précisé que ce sont des mesures temporaires.