Imaginez que vous vous réveilliez aujourd'hui - en 2020 - pour la première fois. Vous vous croiriez dans un film catastrophe de seconde zone avec un scénario hors du réel. Et bien non, malheureusement la réalité l'emporte sur la fiction. Pire encore, "le coronavirus est là pour rester". Le virus n'est pas en vacances. De jour en jour, l'envergure des dégâts sociaux causés par le virus devient plus visible. Une lassitude corona s'installe, les citoyens en ont plein le dos de la manière dont ils subissent la gestion de cette crise. La crise du Covid-19 est devenue le plus grand test de résistance au stress depuis des décennies. Si ce n'est pas maintenant, quand nos gouvernants tireront-ils les vraies leçons de cet événement?

Contrairement aux théories du complot de toutes sortes, une vague de fond nous envahit. La pression croissante que nous mettons sur la nature facilite la transmission de maladies infectieuses entre les animaux et les humains. En même temps, pendant des décennies nous avons été épargnés des pandémies mondialisées. Nous étions en passe de croire que depuis la grippe espagnole qui a suivi la guerre 14-18, l'humanité était immunisée et à l'abri du danger. Rien n'est plus éloigné de la vérité. Le VIH sévit dans le monde depuis les années 80 et nous nous en sommes bien sortis avec le Sras et le virus Ebola. Depuis des années, les scientifiques mettent en garde contre une nouvelle pandémie majeure. En 2015, Bill Gates a donné une conférence TED très suivie que beaucoup considèrent aujourd'hui comme étant prophétique. Déjà à l'automne dernier, la controversée Organisation Mondiale de la Santé avait également appelé tous les gouvernements à travailler sur des plans d'urgence en cas de catastrophes de cette amplitude. La question n'était donc pas de savoir si une pandémie éclaterait, mais comment, quand et avec quelles conséquences.

Nous savons entretemps à quel point nous étions préparés. Insuffisamment. Le manque de préparation a été dramatiquement perceptible dans de nombreux pays et également au niveau belge lors des premiers mois de la crise. Outre les opérations spécifiques à la gestion de crise, les failles du système de gouvernement en Belgique se sont révélées. Six réformes d'État ont fait de notre pays une conférence diplomatique permanente, structurellement incapable de faire face à une crise de cette ampleur. Cela a conduit à des enchères politiques entre niveaux de pouvoirs, encouragées par certains médias. Qu'il s'agisse du port de masque obligatoire dans le parc, de l'utilisation de caméras thermiques pour détecter les seconds résidents ou de l'introduction du premier couvre-feu depuis le départ de l'occupant allemand en 1945.

Six réformes d'État ont fait de notre pays une conférence diplomatique permanente, structurellement incapable de faire face à une crise de cette ampleur.

La triste réalité est que nous devrons très probablement apprendre à vivre avec les caprices du coronavirus jusqu'en 2021, personne ne sait jusqu'à quand. Nous devrons tous assumer nous-mêmes nos responsabilités. Et malheureusement beaucoup plus longtemps que nous le souhaiterions. Nous ne faisons pas la guerre au virus. Tout au plus à nous-mêmes. Pour traverser la période à venir, nous avons besoin de règles raisonnables qui peuvent être appliquées. Ceci est parfaitement possible dans les contours actuels de notre état constitutionnel. La pente glissante sur laquelle nous nous trouvons actuellement en raison des interventions, sans aucun doute bien intentionnées, de gouverneurs de province (comme à Anvers) ou de bourgmestres, ne doit pas porter atteinte aux droits fondamentaux ni à la liberté individuelle.

La crise sanitaire actuelle changera radicalement notre économie. La croissance du télétravail aura un impact sur le monde du transport privé mais affecte également le marché immobilier. Les chaînes de distribution et les livreurs de colis font de bonnes affaires, mais le commerce de détail traditionnel perd définitivement une part de marché. Les secteurs de la restauration et de la culture traversent non seulement une période difficile en raison de mesures gouvernementales restrictives, mais en subiront des conséquences durables. Chaque crise économique a ses gagnants et ses perdants.

Notre appareil étatique - lui aussi - ne traversera pas indemne la tempête corona. Les caisses de l'État étaient déjà vides, le coronavirus fait maintenant un trou dans le fond. De nombreuses compensations et mesures de redressement ont été absorbées dans le taux d'épargne plus élevé des ménages. Pour boucher le trou, certains sont tentés de s'engager dans un "assouplissement quantitatif": en faisant tourner la planche à billets. Malheureusement, vous ne pouvez pas réduire le trou de la haie en coupant des branches.

Tout cela conduit à la vérité très inconfortable que le besoin de réformes structurelles dans notre administration publique n'a jamais été aussi grand. Nous sommes maintenant vraiment au bord d'un gouffre. Nous n'y arriverons pas avec un simple copier-coller. Il faut un gouvernement qui puisse travailler à long terme, qui réussisse à attirer des talents et à les déployer de manière flexible. Un gouvernement qui fera moins mais mieux. Nous avons besoin d'un gouvernement fort qui donne aux gens confiance et liberté, et s'assure ainsi du soutien des citoyens.

Calamitas virtutis occasio est, disait déjà Sénèque. Le malheur fait naître la vertu!

Christian Leysen

Entrepreneur | Député fédéral Open VLD

Imaginez que vous vous réveilliez aujourd'hui - en 2020 - pour la première fois. Vous vous croiriez dans un film catastrophe de seconde zone avec un scénario hors du réel. Et bien non, malheureusement la réalité l'emporte sur la fiction. Pire encore, "le coronavirus est là pour rester". Le virus n'est pas en vacances. De jour en jour, l'envergure des dégâts sociaux causés par le virus devient plus visible. Une lassitude corona s'installe, les citoyens en ont plein le dos de la manière dont ils subissent la gestion de cette crise. La crise du Covid-19 est devenue le plus grand test de résistance au stress depuis des décennies. Si ce n'est pas maintenant, quand nos gouvernants tireront-ils les vraies leçons de cet événement?Contrairement aux théories du complot de toutes sortes, une vague de fond nous envahit. La pression croissante que nous mettons sur la nature facilite la transmission de maladies infectieuses entre les animaux et les humains. En même temps, pendant des décennies nous avons été épargnés des pandémies mondialisées. Nous étions en passe de croire que depuis la grippe espagnole qui a suivi la guerre 14-18, l'humanité était immunisée et à l'abri du danger. Rien n'est plus éloigné de la vérité. Le VIH sévit dans le monde depuis les années 80 et nous nous en sommes bien sortis avec le Sras et le virus Ebola. Depuis des années, les scientifiques mettent en garde contre une nouvelle pandémie majeure. En 2015, Bill Gates a donné une conférence TED très suivie que beaucoup considèrent aujourd'hui comme étant prophétique. Déjà à l'automne dernier, la controversée Organisation Mondiale de la Santé avait également appelé tous les gouvernements à travailler sur des plans d'urgence en cas de catastrophes de cette amplitude. La question n'était donc pas de savoir si une pandémie éclaterait, mais comment, quand et avec quelles conséquences.Nous savons entretemps à quel point nous étions préparés. Insuffisamment. Le manque de préparation a été dramatiquement perceptible dans de nombreux pays et également au niveau belge lors des premiers mois de la crise. Outre les opérations spécifiques à la gestion de crise, les failles du système de gouvernement en Belgique se sont révélées. Six réformes d'État ont fait de notre pays une conférence diplomatique permanente, structurellement incapable de faire face à une crise de cette ampleur. Cela a conduit à des enchères politiques entre niveaux de pouvoirs, encouragées par certains médias. Qu'il s'agisse du port de masque obligatoire dans le parc, de l'utilisation de caméras thermiques pour détecter les seconds résidents ou de l'introduction du premier couvre-feu depuis le départ de l'occupant allemand en 1945.La triste réalité est que nous devrons très probablement apprendre à vivre avec les caprices du coronavirus jusqu'en 2021, personne ne sait jusqu'à quand. Nous devrons tous assumer nous-mêmes nos responsabilités. Et malheureusement beaucoup plus longtemps que nous le souhaiterions. Nous ne faisons pas la guerre au virus. Tout au plus à nous-mêmes. Pour traverser la période à venir, nous avons besoin de règles raisonnables qui peuvent être appliquées. Ceci est parfaitement possible dans les contours actuels de notre état constitutionnel. La pente glissante sur laquelle nous nous trouvons actuellement en raison des interventions, sans aucun doute bien intentionnées, de gouverneurs de province (comme à Anvers) ou de bourgmestres, ne doit pas porter atteinte aux droits fondamentaux ni à la liberté individuelle.La crise sanitaire actuelle changera radicalement notre économie. La croissance du télétravail aura un impact sur le monde du transport privé mais affecte également le marché immobilier. Les chaînes de distribution et les livreurs de colis font de bonnes affaires, mais le commerce de détail traditionnel perd définitivement une part de marché. Les secteurs de la restauration et de la culture traversent non seulement une période difficile en raison de mesures gouvernementales restrictives, mais en subiront des conséquences durables. Chaque crise économique a ses gagnants et ses perdants.Notre appareil étatique - lui aussi - ne traversera pas indemne la tempête corona. Les caisses de l'État étaient déjà vides, le coronavirus fait maintenant un trou dans le fond. De nombreuses compensations et mesures de redressement ont été absorbées dans le taux d'épargne plus élevé des ménages. Pour boucher le trou, certains sont tentés de s'engager dans un "assouplissement quantitatif": en faisant tourner la planche à billets. Malheureusement, vous ne pouvez pas réduire le trou de la haie en coupant des branches.Tout cela conduit à la vérité très inconfortable que le besoin de réformes structurelles dans notre administration publique n'a jamais été aussi grand. Nous sommes maintenant vraiment au bord d'un gouffre. Nous n'y arriverons pas avec un simple copier-coller. Il faut un gouvernement qui puisse travailler à long terme, qui réussisse à attirer des talents et à les déployer de manière flexible. Un gouvernement qui fera moins mais mieux. Nous avons besoin d'un gouvernement fort qui donne aux gens confiance et liberté, et s'assure ainsi du soutien des citoyens.Calamitas virtutis occasio est, disait déjà Sénèque. Le malheur fait naître la vertu!Christian LeysenEntrepreneur | Député fédéral Open VLD