La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), doit avaler bien des couleuvres, ces dernières semaines. Présentée comme une excellente surprise au début de la crise du coronavirus, star montante de la politique belge et dépeinte comme telle dans la presse internationale, elle doit depuis lors faire face au retour de bâton. Elle paye sans aucun doute là, précisément, la conséquence de cette notoriété soudaine, le fruit d'une gestion de crise par moments chaotique ou, encore, le bilan de la gestion du passé, quand elle était ministre du Budget a sein du gouvernement Michel. En tout état de cause, la fronde à son encontre est indéniablement très politique, au sens large.
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La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), doit avaler bien des couleuvres, ces dernières semaines. Présentée comme une excellente surprise au début de la crise du coronavirus, star montante de la politique belge et dépeinte comme telle dans la presse internationale, elle doit depuis lors faire face au retour de bâton. Elle paye sans aucun doute là, précisément, la conséquence de cette notoriété soudaine, le fruit d'une gestion de crise par moments chaotique ou, encore, le bilan de la gestion du passé, quand elle était ministre du Budget a sein du gouvernement Michel. En tout état de cause, la fronde à son encontre est indéniablement très politique, au sens large.Ainsi, les images du personnel soignant des cliniques Chirec-Delta et Saint-Pierre à Bruxelles, à laquelle la Première a rendu visite ce week-end, resteront-elles comme une image très forte de cette crise. Elles font désormais le tour du monde, de la France au Japon en passant par l'Angleterre ou l'Espagne. Au moment où sa voiture arrive, la haie d'honneur se transforme en haie de déshonneur, chacun tournant le dos à celle désormais jugée responsable de plusieurs maux : le désinvestissement dans les soins de santé ces dernières années, le manque de revalorisation de ces métiers soudain devenu vitaux, voire le mépris sous la forme de ces arrêtés ministériels 'ouvrant' la porte du métier d'infirmier à ceux qui n'en ont pas le diplôme. Autant de sujets très politiques, quoi que l'on en pense. Des préavis de grève ont d'ailleurs été déposés pour retirer les textes contestés.La Première ministre libérale a géré cette douche froide comme elle le pouvait : "Il y a eu l'expression d'un malaise. Mais il y a eu un dialogue autour de la table. Je pense que c'est fondamental. Il faut pouvoir entendre quand ça ne va pas." Même son de cloche de la part de son président de parti, Georges-Louis Bouchez : "Le personnel soignant doit être respecté, sa colère aussi." Une façon de calmer le jeu après une sortie très critique de la ministre Marie-Christine Marghem affirmant que mouvement de grogne très visible était une protestation très "politisée". Pour les gestionnaires MR, il s'agit de ne pas mettre de l'huile sur le feu alors que la gestion de la crise sanitaire reste très délicate. Et alors... que la famille socialiste reprend la main pour mener une consultation préalable à la formation d'un gouvernement fédéral. Mais ce désamour désormais visible doit incontestablement les préoccuper.Car Marie-Christine Marghem avait raison : cette protestation qui monte dans les hôpitaux a des relents politiques et elle est attisée par certains partis - avec une surenchère qui s'étend, côté francophone, du PTB vers le PS et Ecolo, voire le CDH. Depuis plusieurs semaines, les libéraux payent leur omniprésence au niveau fédéral et la Première ministre n'est plus épargnée. On lui a reproché - pas à titre personnel mais quand même... - de ne pas avoir été assez humaine au moment de présenter la première épure du plan de déconfinement progressif. On a multiplié les attaques à son encontre au parlement au sujet de la gestion des masques ou des tests. On lui reproche régulièrement le bilan de morts assez lourd dans notre pays, voire une comptabilité très juste qui risque d'entacher notre image à l'étranger. Et voici ces images d'une grande dureté symbolique qui tournent de par le monde. Cela fait beaucoup, même pour une personnalité a priori 'zen' ou hors des petits jeux mesquins habituels.La première réunion du Conseil national de sécurité annonçant la fin progressive du déconfinement avait marqué la fin de l'état de grâce pour la Première ministre. Depuis, c'est la parole politique qui s'est rapidement déconfinée, elle aussi, avec le retour des vieilles querelles partisanes. Ces images, désormais, annoncent que l'après-coronavirus pourrait être âpre.