Bruxelles montrée du doigt. En Flandre, la critique d'une capitale mal gérée et mal habitée est devenue une habitude, a fortiori chez les nationalistes et l'extrême droite. Les incidents de ce week-end à la mer, avec bagarre générale à Blankenberge transformée de faits divers en incident révélateur, n'a forcément pas manqué à la tradition.
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Bruxelles montrée du doigt. En Flandre, la critique d'une capitale mal gérée et mal habitée est devenue une habitude, a fortiori chez les nationalistes et l'extrême droite. Les incidents de ce week-end à la mer, avec bagarre générale à Blankenberge transformée de faits divers en incident révélateur, n'a forcément pas manqué à la tradition.Rapidement, au nord du pays, pour désigner les jeunes impliqués dans ces troubles, on a parlé de "racailles" ou de "amokmakers", un terme utilisé pour désigner les fauteurs de troubles. Le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), n'a pas été le dernier à l'utiliser en parlant d'un groupe de "crapuleuze amokmakers".Zuhal Demir ministre flamande du Tourisme et N-VA également, évoque pour sa part une "culture de bandes qui se développe librement à Bruxelles". Quitte à se faire reprendre par une élue Groen - qui rappelle le fédéral et le régional à ses responsabilités. Ou par Eric Corijn, sociologue bruxellois flamand, qui se demande si la ministre n'est pas devenue membre du Vlaams Belang". La rivalité entre la N-VA et le Vlaams Belang est un élément majeur du paysage politique flamand du moment.Ces événements ont donc été transformés d'un fait divers à un sujet brûlant au coeur de l'été, avec une commission de l'Intérieur de la Chambre réunir en urgence. Et un ministre, Pieter De Crem (CD&V), annonçant des mesures "d'exclusion de lieux" pour ces jeunes, spécifiquement destinées à la côte. Alors que, selon les magistrats, ce sont "des peines tout court" qui doivent être décidée et pas cette forme de justice d'exception.Le sujet est sensible avec ces déclarations à l'emporte-pièce et cette tentation populiste en Flandre, dénonçant Bruxelles : c'est le cas pour ces incidents de Blankenberge, comme ce l'est pour la gestion de l'épidémie dans la capitale. Jamal Ikazban (PS, Molenbeek)regrettait dès ce week-end que les gagnants de cet épisode soient connus - "l'extrême droite et les populistes". La tonalité des débats a de quoi irriter les socialistes à l'heure de négociations déjà très sensibles avec la N-VA. Cette expression ne tombe pas par hasard: le PS bruxellois est dans doute le plus mal à l'aise à l'égard du dialogue entre Bart De Wever et Paul Magnette.Certains, au PS, se demandent déjà s'ils ner risquent pas de se retrouver confrontés au pouvoir à des déclarations fortes et régulières de membres de la N-VA sur les thématiques de la sécurité et de l'immigration. Les provocations régulières de Theo Francken, quand il était secrétaire d'Etat dans le gouvernement fédéral, restent dans les mémoires, à gauche. La législature passée, combien de fois la Chambre ne s'était-elle pas enflammée sur ce sujet... à l'intiative du PS.