L'histoire fait grand bruit en Flandre. A Edegem, une petite commune dans la banlieue d'Anvers, une mère de famille n'a pas respecté la quarantaine au retour de ses vacances aux sports d'hiver. Son premier test obligatoire était négatif, mais il s'est avéré que le second, obligatoire après sept jours, était positif au nouveau virus mutant britannique. Résultat? Des enfants contaminés, deux écoles fermées et cinq mille habitants contraints de se mettre en quarantaine, avec test à la clé, à Edegem et Kontich. La reconstruction de ces faits faisait la "une" des quotidien...

L'histoire fait grand bruit en Flandre. A Edegem, une petite commune dans la banlieue d'Anvers, une mère de famille n'a pas respecté la quarantaine au retour de ses vacances aux sports d'hiver. Son premier test obligatoire était négatif, mais il s'est avéré que le second, obligatoire après sept jours, était positif au nouveau virus mutant britannique. Résultat? Des enfants contaminés, deux écoles fermées et cinq mille habitants contraints de se mettre en quarantaine, avec test à la clé, à Edegem et Kontich. La reconstruction de ces faits faisait la "une" des quotidiens flamands ce mardi.A l'origine de cette affaire se trouve Koen Metsu, bourgmestre N-VA d'Edegem et député fédéral du parti nationaliste: il a pointé du doigt la "responsabilité écrasante" de la dame en question. "Notre intervention s'est avérée nécessaire pour éviter le pire", souligne l'élu local. "Bientôt, tout le monde sera en hyper-lockdown parce qu'il est si difficile pour nos autorités de fermer les frontières" appuie l'ancien député nationaliste et constitutionnaliste, Hendrik Vuye.Cet incident survient alors que la crainte croît au sujet de la menace que représente les nouveaux variants de la Covid. Elle est également révélatrice de ce débat compliqué sur la fermeture des frontières ou la nécessité de prendre de nouvelles mesures pour décourager définitivement les voyageurs de partir en vacances de Carnaval. Jusqu'ici, le gouvernement "déconseillait fortement" les déplacements à l'étranger, mais cela ne semble pas suffisant et le sujet sera au menu du Comité de concertation, vendredi.L'affaire fait peu à peu le tour du monde. Certains s'indignent de ce comportement incivique, tellement révélateur de ces citoyens qui bafouent la règle et mettent la stuation sanitaire en péril. "L'individualisme et la société de consommation ont un prix", souligne notamment le sociologue Eric Corijn.La désignation de cette mère de famille, à titre personnel, pose toutefois question sur cette nouvelle ère où l'on stigmatise sans cesse les comportements des uns et des autres: quand il ne respectent pas les règles, quand ils font la fête, quand ils se déplacent à l'étranger, quand ils soulèvent leur masque... Chacun de ces histoires médiatisées a certes, potentiellement, une vertu pédagogique, mais cette personnalisation peut s'avérer coupable.Le débat actuel sur l'interdiction de se rendre à l'étranger ou la volonté de limiter la liberté de circulation n'est pas sans interpeller, lui aussi. Il touche à une liberté fondamentale, au coeur du projet européen, mais surtout, se demandent de nombreu intervenants y compris des virologues: pourquoi empêcher de se déplacer si l'on respecte les gestes barrières.Dans ce cas-ci, cette dame n'a pas respecté un prescrit, avec des conséquences importantes à la clé. Fallait-il la jeter en pâture pour autant? Chacun se fera son opinion.