"En tant qu'avocat de la famille, je demande que le parquet mette ce dossier à l'instruction, sans que la famille ne doive effectuer cette démarche. Un juge d'instruction doit être désigné, qui est un juge indépendant pouvant instruire à charge et à décharge. Dans ces circonstances concernant la mort d'un jeune impliquant des policiers, il faut que ce soit un juge d'instruction qui mène l'enquête en toute indépendance", a déclaré lundi Me Alexis Deswaef.

Deux dossiers sont actuellement ouverts au parquet de Bruxelles, l'un pour entrave méchante à la circulation et l'autre pour l'accident de roulage. "Il ne faut pas que cette enquête soit exclusivement menée par le parquet. Ce n'est pas une défiance envers le parquet mais c'est dans l'intérêt de tous. Il faut que le juge d'instruction puisse aussi confier au Comité P, la police des polices, les devoirs d'enquête, afin d'éviter que ce soient des collègues des policiers impliqués, même de la zone de police voisine, qui doivent mener l'enquête", a poursuivi Me Deswaef.

"Des témoins doivent être entendus. Des personnes se sont notamment manifestées auprès de la famille d'Adil, tout d'abord le copain d'Adil qui se trouvait avec lui juste avant les faits, mais aussi un témoin oculaire de l'accident. La famille espère également que les images des caméras à proximité du lieu de l'accident seront visionnées et jointes au dossier. Des experts techniques devraient aussi être désignés pour vérifier par exemple s'il y a des traces de freinage ou pas et pour vérifier les trajectoires et vitesses des véhicules impliqués. Il faudrait encore pouvoir entendre les autres automobilistes qui se trouvaient là et qui ont donc vu l'accident", s'est exprimé l'avocat de la famille d'Adil.

"J'ai longuement discuté hier avec les parents, les frères et la soeur du jeune Adil. Cette famille est évidemment dévastée. Pour des parents, perdre un enfant c'est la pire chose qui soit, d'autant plus dans des circonstances comme celles-là. Ils ont donc énormément de questions. Ils sont assaillis par la presse mais ils ne veulent plus répondre aux questions et veulent pouvoir entamer leur deuil dans l'intimité familiale", a déclaré à Belga Me Deswaef.

La rage et de la colère de la jeunesse anderlechtoise

"Dans l'intérêt de tous, je pense que les circonstances du décès doivent être éclaircies au plus vite. Les événements de samedi et de dimanche à Anderlecht le démontrent. Une partie de la rage et de la colère de la jeunesse anderlechtoise aujourd'hui s'explique parce que les jeunes se disent qu'ils auraient tous pu être Adil. Ils ont tous déjà subi des contrôles au faciès ou du profilage ethnique, qui est dénoncé par les associations comme Amnesty International et la Ligue des droits humains. On sait que c'est une réalité. La mort tragique d'Adil fait ressortir plein de choses au sein d'une jeunesse qui se reconnaît dans ce drame", s'est encore exprimé l'avocat.

"Face aux éléments en ma possession, je suis obligé de poser la question de la responsabilité de la police. Il y a en tout état de cause une mise en danger de la vie d'un jeune. Se soustraire à un contrôle par crainte d'une amende - particulièrement dans ce contexte de confinement où l'on risque une amende de 250 euros - ne peut jamais entraîner la mort. La réponse des forces de l'ordre doit être proportionnelle à l'atteinte à l'ordre public. Dans ce cas, face à deux jeunes qui visiblement ont voulu fuir un contrôle par crainte de l'amende, est-ce que ça justifiait que deux voitures de police se lancent à leur poursuite et fassent appel à des renforts, avec notamment une voiture de police venant à toute allure à leur rencontre et qui cause finalement l'accident, sachant que ça pouvait être très dangereux au niveau de la circulation ? Selon moi, la réponse est non. Il faut faire très attention aux excès sécuritaires dans le contrôle du respect des règles de confinement", a-t-il avancé.

Vendredi soir vers 21h00, une patrouille de la zone de police Bruxelles-Midi a pris en chasse deux jeunes hommes en scooter, au niveau de la place du Conseil à Anderlecht, lesquels avaient pris la fuite en les voyant venir vers eux. Une autre patrouille de police, appelée en renfort, est alors arrivée en voiture en sens inverse, sur le quai de l'Industrie. L'un des scooters a dépassé une camionnette, selon le parquet, et s'est donc retrouvé face au véhicule de police. Il l'a percuté de plein fouet.

Le conducteur du scooter, un jeune Anderlechtois prénommé Adil, âgé de 19 ans, est décédé sur le coup. A la suite de ces faits, des émeutes ont éclaté à Anderlecht samedi et dans la nuit de samedi à dimanche, provoquant d'importants dégâts sur des véhicules, des bâtiments de la police et du mobilier urbain. Une centaine de personnes a fait l'objet d'une arrestation, pour la plupart administrative.

"En tant qu'avocat de la famille, je demande que le parquet mette ce dossier à l'instruction, sans que la famille ne doive effectuer cette démarche. Un juge d'instruction doit être désigné, qui est un juge indépendant pouvant instruire à charge et à décharge. Dans ces circonstances concernant la mort d'un jeune impliquant des policiers, il faut que ce soit un juge d'instruction qui mène l'enquête en toute indépendance", a déclaré lundi Me Alexis Deswaef. Deux dossiers sont actuellement ouverts au parquet de Bruxelles, l'un pour entrave méchante à la circulation et l'autre pour l'accident de roulage. "Il ne faut pas que cette enquête soit exclusivement menée par le parquet. Ce n'est pas une défiance envers le parquet mais c'est dans l'intérêt de tous. Il faut que le juge d'instruction puisse aussi confier au Comité P, la police des polices, les devoirs d'enquête, afin d'éviter que ce soient des collègues des policiers impliqués, même de la zone de police voisine, qui doivent mener l'enquête", a poursuivi Me Deswaef. "Des témoins doivent être entendus. Des personnes se sont notamment manifestées auprès de la famille d'Adil, tout d'abord le copain d'Adil qui se trouvait avec lui juste avant les faits, mais aussi un témoin oculaire de l'accident. La famille espère également que les images des caméras à proximité du lieu de l'accident seront visionnées et jointes au dossier. Des experts techniques devraient aussi être désignés pour vérifier par exemple s'il y a des traces de freinage ou pas et pour vérifier les trajectoires et vitesses des véhicules impliqués. Il faudrait encore pouvoir entendre les autres automobilistes qui se trouvaient là et qui ont donc vu l'accident", s'est exprimé l'avocat de la famille d'Adil. "J'ai longuement discuté hier avec les parents, les frères et la soeur du jeune Adil. Cette famille est évidemment dévastée. Pour des parents, perdre un enfant c'est la pire chose qui soit, d'autant plus dans des circonstances comme celles-là. Ils ont donc énormément de questions. Ils sont assaillis par la presse mais ils ne veulent plus répondre aux questions et veulent pouvoir entamer leur deuil dans l'intimité familiale", a déclaré à Belga Me Deswaef. "Dans l'intérêt de tous, je pense que les circonstances du décès doivent être éclaircies au plus vite. Les événements de samedi et de dimanche à Anderlecht le démontrent. Une partie de la rage et de la colère de la jeunesse anderlechtoise aujourd'hui s'explique parce que les jeunes se disent qu'ils auraient tous pu être Adil. Ils ont tous déjà subi des contrôles au faciès ou du profilage ethnique, qui est dénoncé par les associations comme Amnesty International et la Ligue des droits humains. On sait que c'est une réalité. La mort tragique d'Adil fait ressortir plein de choses au sein d'une jeunesse qui se reconnaît dans ce drame", s'est encore exprimé l'avocat. "Face aux éléments en ma possession, je suis obligé de poser la question de la responsabilité de la police. Il y a en tout état de cause une mise en danger de la vie d'un jeune. Se soustraire à un contrôle par crainte d'une amende - particulièrement dans ce contexte de confinement où l'on risque une amende de 250 euros - ne peut jamais entraîner la mort. La réponse des forces de l'ordre doit être proportionnelle à l'atteinte à l'ordre public. Dans ce cas, face à deux jeunes qui visiblement ont voulu fuir un contrôle par crainte de l'amende, est-ce que ça justifiait que deux voitures de police se lancent à leur poursuite et fassent appel à des renforts, avec notamment une voiture de police venant à toute allure à leur rencontre et qui cause finalement l'accident, sachant que ça pouvait être très dangereux au niveau de la circulation ? Selon moi, la réponse est non. Il faut faire très attention aux excès sécuritaires dans le contrôle du respect des règles de confinement", a-t-il avancé. Vendredi soir vers 21h00, une patrouille de la zone de police Bruxelles-Midi a pris en chasse deux jeunes hommes en scooter, au niveau de la place du Conseil à Anderlecht, lesquels avaient pris la fuite en les voyant venir vers eux. Une autre patrouille de police, appelée en renfort, est alors arrivée en voiture en sens inverse, sur le quai de l'Industrie. L'un des scooters a dépassé une camionnette, selon le parquet, et s'est donc retrouvé face au véhicule de police. Il l'a percuté de plein fouet. Le conducteur du scooter, un jeune Anderlechtois prénommé Adil, âgé de 19 ans, est décédé sur le coup. A la suite de ces faits, des émeutes ont éclaté à Anderlecht samedi et dans la nuit de samedi à dimanche, provoquant d'importants dégâts sur des véhicules, des bâtiments de la police et du mobilier urbain. Une centaine de personnes a fait l'objet d'une arrestation, pour la plupart administrative.