Derrière la vitrine racoleuse, le PTB reste une formation tolérante envers certains dictateurs, chinois notamment. Le PTB se travestit en "parti sympa", mais lorsqu'on gratte le vernis moderniste, la réalité est beaucoup plus trouble.

Le silence assourdissant du PTB

Pendant longtemps, la situation catastrophique des droits de l'Homme en Chine, n'a rencontré que l'indifférence. Nos dirigeants étaient trop occupés à faire de juteuses affaires commerciales avec l'Empire du Milieu. Le vent est en train de tourner. Le nationalisme de plus en plus agressif de la Chine, sa mise au pas de Hong-Kong, la répression accrue des dissidents, le sort abominable réservé à la minorité musulmane des Ouïgours, forcent nos démocraties à changer - doucement - de ton.

Le silence du PTB, pour sa part, est assourdissant sur la répression qui frappe, en Chine, les musulmans ouïgours. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme et le séparatisme, les communistes chinois enferment des centaines de milliers d'Ouïgours dans des camps de rééducation, rasent des mosquées, répriment les intellectuels, artistes, écrivains..., dont certains disparaissent mystérieusement du jour au lendemain de la circulation. La liste est longue des méfaits commis par le Parti communiste chinois, parti-Etat tout puissant : torture, programmes de stérilisation forcée des Ouïgours, transplantation forcée d'organes...

Le "goulag chinois"

Le 20 juillet dernier, le journal français de gauche, 'Libération', titrait sur le "génocide en cours " des Ouïgours, dans la région du Xinjiang, à l'ouest de la Chine. Des voix se font entendre pour dénoncer le "goulag chinois ".

Certains ouvrent enfin les yeux. Le député socialiste français, Alain David, vient de déclarer qu'il "est important de dissuader les entreprises européennes de vendre des technologies qui permettent la répression contre les Ouïgours". Et d'ajouter : "Il est également important que les quelque 83 entreprises internationales qui bénéficient de main d'oeuvre forcée, fassent rapidement transférer leurs usines". Dans 'L'Obs', l'historien François Godement, met en garde : "Le régime chinois vire vers un nationalisme extrême, raciste, voire fasciste, à un degré qu'on n'aurait jamais imaginé".

Ne cherchez pas dans les publications du PTB la moindre condamnation des pratiques totalitaires du Parti communiste chinois. Bien au contraire. 'Solidaire ', le bimestriel du PTB dénonce, dans son édition du 25mai 2020, " la campagne anti-chinoise visant à stopper l'ascension de la Chine, qui menace l'hégémonie américaine. Les menaces de désinformation actuelles menacent la paix".

Une peu glorieuse abstention

"La Chine ? On n'a rien à voir avec ce modèle-là", expliquait sur RTL-TVi, le 23 mars 2014, le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw. Rien à voir, vraiment ? Pour les communistes belges la Chine communiste reste intouchable. La preuve : lorsque le 12 juin dernier, le Sénat belge vote une résolution condamnant "la pratique continue du prélèvement forcé d'organes en République populaire de Chine sur des prisonniers d'opinion, en particulier des Ouïgours ", le PTB... s'abstient !

Le PTB ne se contente pas de faire le silence sur le sort des Ouïgours. Il se positionne carrément comme le porteur d'eau des communistes chinois. L'affaire a été révélée par un article paru dans ODP News, un organe de presse belge"indépendant et citoyen" (1). Le 10 août dernier, sur son facebook, un cadre du PTB, Gérard Mugemangango a partagé un post de l'Ambassade de Chine en France, sur la question des Ouïgours, post dénonçant les "mensonges fabriqués de toutes pièces à propos des Ouïgours". "La question des Ouïgours : je ne dis pas que c'est la vérité. Mais c'est quand même bien d'avoir les deux versions", a écrit Gérard Mugemangango.

Raoul Hedebouw, Belga
Raoul Hedebouw © Belga

La résolution votée par le Sénat demandait au gouvernement belge "d'insister auprès de la Chine" pour qu'elle permette aux responsables onusiens compétents de venir enquêter sur place "en vue de faire toute la transparence sur le trafic et la transplantation d'organes". L'explication par le PTB de sa peu glorieuse abstention vaut son pesant de cacahuètes. Interrogé par la 'Libre Belgique', le sénateur PTB, Antoine Hermant, a déclaré : "Bien entendu, nous sommes contre de telles pratiques. Nous nous sommes abstenu notamment parce qu'il y a plusieurs publications très sérieuses qui permettent de penser que depuis 2015, ce genre de chose n'est peut-être plus en vigueur en Chine". Ben voyons...

Le musée des horreurs

Muet sur la persécution des Ouïgours, le PTB passe aussi sous silence la violation systématique des droits de l'Homme par Pékin. Le dernier rapport d'Amnesty international sur la Chine ressemble au musée des horreurs : " Répression systématique de toute opposition, procès inéquitables, recours à la torture, harcèlement des défenseurs des droits humains, censure très stricte de tous les médias, discrimination généralisée à l'encontre des lesbiennes, gays, bi, transgenres...".

Un autre PTBiste, Thierry Pierret, a écrit à propos de la Chine, dans les commentaires du post de Mugemangango : "Etrange dictature où la population approuve le gouvernement d'après une enquête américaine indépendante. A comparer avec les taux de satisfaction en Europe et aux Etats-Unis". Une dictature et un parti unique chinois plus chatoyants que nos démocraties ? Sulfureux, le positionnement du PTB.

Du beau monde à "l'Université marxiste" du PTB

Gérard Mugemangango et Thierry Pierret ne sont pas des sous-fifres. Thierry Pierret a été candidat PTB (non élu) lors des dernières élections régionales, à Bruxelles. Gérard Mugemangango, frère jumeau du député wallon, Germain Mugemangango, a lui aussi été candidat PTB (non élu) lors des dernières élections régionales à Bruxelles. Il est aussi l'un des formateurs de l'Université marxiste du PTB, qui a lieu du 3 au 30 août. Cette université organisée chaque été, depuis une vingtaine d'années, comptait aussi, l'an dernier, un autre formateur de poids : Michel Collon, membre puis compagnon de route de longue date du PTB, actuellement animateur du site "InvestgAction", qui relaie la prose négationniste du journaliste français Maxime Vivas, pour qui " il n' y a pas un mot de vrai dans la campagne antichinoise sur les Ouïgours". Vivas, l'ami de Collon, va même plus loin à propos des Ouïgours : "Leur culture est préservée et promue comme jamais dans leur Histoire. Leur religion est (trop) libre" (InvestigAction, 27-07-2020).

La vraie nature du PTB

Les propos de Mugemangango et Pierret sur facebook, complaisants envers la Chine, ont suscité des réactions très négatives sur facebook. Le post et ses commentaires ont été retirés. L'affaire en dit long sur la vraie nature du PTB, parti autoproclamé défenseur de la veuve et de l'orphelin, mais qui, in fine, choisit toujours le camp des dictateurs communistes.

(1) "Un militant PTB dit qu'il faut aussi écouter la version de l'Etat chinois dans la répression des Ouïgours ", ODP News, 11-8-2020

Derrière la vitrine racoleuse, le PTB reste une formation tolérante envers certains dictateurs, chinois notamment. Le PTB se travestit en "parti sympa", mais lorsqu'on gratte le vernis moderniste, la réalité est beaucoup plus trouble.Le silence assourdissant du PTBPendant longtemps, la situation catastrophique des droits de l'Homme en Chine, n'a rencontré que l'indifférence. Nos dirigeants étaient trop occupés à faire de juteuses affaires commerciales avec l'Empire du Milieu. Le vent est en train de tourner. Le nationalisme de plus en plus agressif de la Chine, sa mise au pas de Hong-Kong, la répression accrue des dissidents, le sort abominable réservé à la minorité musulmane des Ouïgours, forcent nos démocraties à changer - doucement - de ton.Le silence du PTB, pour sa part, est assourdissant sur la répression qui frappe, en Chine, les musulmans ouïgours. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme et le séparatisme, les communistes chinois enferment des centaines de milliers d'Ouïgours dans des camps de rééducation, rasent des mosquées, répriment les intellectuels, artistes, écrivains..., dont certains disparaissent mystérieusement du jour au lendemain de la circulation. La liste est longue des méfaits commis par le Parti communiste chinois, parti-Etat tout puissant : torture, programmes de stérilisation forcée des Ouïgours, transplantation forcée d'organes...Le "goulag chinois"Le 20 juillet dernier, le journal français de gauche, 'Libération', titrait sur le "génocide en cours " des Ouïgours, dans la région du Xinjiang, à l'ouest de la Chine. Des voix se font entendre pour dénoncer le "goulag chinois ". Certains ouvrent enfin les yeux. Le député socialiste français, Alain David, vient de déclarer qu'il "est important de dissuader les entreprises européennes de vendre des technologies qui permettent la répression contre les Ouïgours". Et d'ajouter : "Il est également important que les quelque 83 entreprises internationales qui bénéficient de main d'oeuvre forcée, fassent rapidement transférer leurs usines". Dans 'L'Obs', l'historien François Godement, met en garde : "Le régime chinois vire vers un nationalisme extrême, raciste, voire fasciste, à un degré qu'on n'aurait jamais imaginé".Ne cherchez pas dans les publications du PTB la moindre condamnation des pratiques totalitaires du Parti communiste chinois. Bien au contraire. 'Solidaire ', le bimestriel du PTB dénonce, dans son édition du 25mai 2020, " la campagne anti-chinoise visant à stopper l'ascension de la Chine, qui menace l'hégémonie américaine. Les menaces de désinformation actuelles menacent la paix".Une peu glorieuse abstention"La Chine ? On n'a rien à voir avec ce modèle-là", expliquait sur RTL-TVi, le 23 mars 2014, le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw. Rien à voir, vraiment ? Pour les communistes belges la Chine communiste reste intouchable. La preuve : lorsque le 12 juin dernier, le Sénat belge vote une résolution condamnant "la pratique continue du prélèvement forcé d'organes en République populaire de Chine sur des prisonniers d'opinion, en particulier des Ouïgours ", le PTB... s'abstient !Le PTB ne se contente pas de faire le silence sur le sort des Ouïgours. Il se positionne carrément comme le porteur d'eau des communistes chinois. L'affaire a été révélée par un article paru dans ODP News, un organe de presse belge"indépendant et citoyen" (1). Le 10 août dernier, sur son facebook, un cadre du PTB, Gérard Mugemangango a partagé un post de l'Ambassade de Chine en France, sur la question des Ouïgours, post dénonçant les "mensonges fabriqués de toutes pièces à propos des Ouïgours". "La question des Ouïgours : je ne dis pas que c'est la vérité. Mais c'est quand même bien d'avoir les deux versions", a écrit Gérard Mugemangango. La résolution votée par le Sénat demandait au gouvernement belge "d'insister auprès de la Chine" pour qu'elle permette aux responsables onusiens compétents de venir enquêter sur place "en vue de faire toute la transparence sur le trafic et la transplantation d'organes". L'explication par le PTB de sa peu glorieuse abstention vaut son pesant de cacahuètes. Interrogé par la 'Libre Belgique', le sénateur PTB, Antoine Hermant, a déclaré : "Bien entendu, nous sommes contre de telles pratiques. Nous nous sommes abstenu notamment parce qu'il y a plusieurs publications très sérieuses qui permettent de penser que depuis 2015, ce genre de chose n'est peut-être plus en vigueur en Chine". Ben voyons...Le musée des horreursMuet sur la persécution des Ouïgours, le PTB passe aussi sous silence la violation systématique des droits de l'Homme par Pékin. Le dernier rapport d'Amnesty international sur la Chine ressemble au musée des horreurs : " Répression systématique de toute opposition, procès inéquitables, recours à la torture, harcèlement des défenseurs des droits humains, censure très stricte de tous les médias, discrimination généralisée à l'encontre des lesbiennes, gays, bi, transgenres...". Un autre PTBiste, Thierry Pierret, a écrit à propos de la Chine, dans les commentaires du post de Mugemangango : "Etrange dictature où la population approuve le gouvernement d'après une enquête américaine indépendante. A comparer avec les taux de satisfaction en Europe et aux Etats-Unis". Une dictature et un parti unique chinois plus chatoyants que nos démocraties ? Sulfureux, le positionnement du PTB.Du beau monde à "l'Université marxiste" du PTBGérard Mugemangango et Thierry Pierret ne sont pas des sous-fifres. Thierry Pierret a été candidat PTB (non élu) lors des dernières élections régionales, à Bruxelles. Gérard Mugemangango, frère jumeau du député wallon, Germain Mugemangango, a lui aussi été candidat PTB (non élu) lors des dernières élections régionales à Bruxelles. Il est aussi l'un des formateurs de l'Université marxiste du PTB, qui a lieu du 3 au 30 août. Cette université organisée chaque été, depuis une vingtaine d'années, comptait aussi, l'an dernier, un autre formateur de poids : Michel Collon, membre puis compagnon de route de longue date du PTB, actuellement animateur du site "InvestgAction", qui relaie la prose négationniste du journaliste français Maxime Vivas, pour qui " il n' y a pas un mot de vrai dans la campagne antichinoise sur les Ouïgours". Vivas, l'ami de Collon, va même plus loin à propos des Ouïgours : "Leur culture est préservée et promue comme jamais dans leur Histoire. Leur religion est (trop) libre" (InvestigAction, 27-07-2020).La vraie nature du PTBLes propos de Mugemangango et Pierret sur facebook, complaisants envers la Chine, ont suscité des réactions très négatives sur facebook. Le post et ses commentaires ont été retirés. L'affaire en dit long sur la vraie nature du PTB, parti autoproclamé défenseur de la veuve et de l'orphelin, mais qui, in fine, choisit toujours le camp des dictateurs communistes.(1) "Un militant PTB dit qu'il faut aussi écouter la version de l'Etat chinois dans la répression des Ouïgours ", ODP News, 11-8-2020