Sa réflexion s'ancre dans une fracture plus ancienne, consacrée par la ratification en 2008, par 90% des députés de l'Assemblée nationale, du traité de Lisbonne, qui n'était que la resucée du Traité constitutionnel de l'Union européenne rejeté trois ans plus tôt par...

Sa réflexion s'ancre dans une fracture plus ancienne, consacrée par la ratification en 2008, par 90% des députés de l'Assemblée nationale, du traité de Lisbonne, qui n'était que la resucée du Traité constitutionnel de l'Union européenne rejeté trois ans plus tôt par une majorité de Français par référendum. L'auteure questionne en France le verrouillage des institutions qui permet que, "depuis trente ans, quel que soit le vote des électeurs, la même politique soit reproduite", le blocage total de l'ascenseur social qui "a pour conséquence la fermeture des supposées élites sur elles-mêmes", et, en Europe, le changement de nature de l'Union devenue, depuis l'Acte unique européen de 1986, "un marché unique ouvert à tous les vents de la mondialisation" en lieu et place du "marché commun régi par la préférence communautaire". Critiques légitimes d'une souverainiste qui méritent certainement un débat. Mais on aurait aimé que Natacha Polony, choisissant de sortir son essai en pleine crise sanitaire avec laquelle le titre résonne inévitablement, avance davantage d'arguments pour expliquer en quoi "la gestion de l'épidémie de coronavirus en France est fondée essentiellement sur l'infantilisation des citoyens, la réduction des libertés et un autoritarisme inversement proportionnel à la capacité d'action des gouvernants."