Sept présidents de parti autour de la table. Depuis dimanche soir, le missionnaire royal Egbert Lachaert (OpenVLD) a entamé les réunions plénières en vue de composer une coalition Vivaldi, avant son nouveau rapport au roi du 4 septembre. Socialistes, libéraux, écologistes et CD&V semblent bien partis pour former un gouvernement fédéral largement majoritaire, mais minoritaire dans le goupe linguistique néerlandophone. Sans la N-VA, ce qui représente un pari d'envergure. Et, de façon plus anecdotique, sans le CDH qui était pourtant partant, mais loin d'être indispensable.
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Sept présidents de parti autour de la table. Depuis dimanche soir, le missionnaire royal Egbert Lachaert (OpenVLD) a entamé les réunions plénières en vue de composer une coalition Vivaldi, avant son nouveau rapport au roi du 4 septembre. Socialistes, libéraux, écologistes et CD&V semblent bien partis pour former un gouvernement fédéral largement majoritaire, mais minoritaire dans le goupe linguistique néerlandophone. Sans la N-VA, ce qui représente un pari d'envergure. Et, de façon plus anecdotique, sans le CDH qui était pourtant partant, mais loin d'être indispensable.Il reste encore des obstacles à surmonter, notamment pour convaincre le CD&V. Deux conditions principales ont été mises sur la table par son président, Joachim Coens. Il convient d'éviter un volet éthique trop important et maîtriser le processus parlementaire sur la réforme de l'IVG. Et il s'agira de donner quelques garanties institutionnelles pour éviter que les sociaux-chrétiens ne soient fustigés par les nationalistes.Les défis de cette coalition, si elle voit enfin le jour, seront colossaux, notamment sur le plan sanitaire et socio-économique. L'importance de concilier santé et économique est vitale. Le coronavirus semble à nouveau sous contrôle, mais les mesures de restriction, dont la fameuse bulle sociale des cinq ou le shopping à deux deviennent intenables. Les critiques, notamment reprises une carte blanche signée par de nombreuses personnalités, sont fortes. Dans ces dossiers conciliant humain et économie, les divergences entre libéraux, socialistes et écologistes risquent d'être profondes - on l'a déjà vu à plusieurs reprises durant le pic de la crise sanitaire.La Première ministre a transformé l'ancien GEES en un groupe de travail chargé de réfléchir à une autre façon d'organiser la vie sociale. Dans une série d'interviews accordées ce week-end à la presse et ce matin à LN24, Sophie Wilmès précise qu'il "s'agit d'inscrire le pays dans une nouvelle normalité". Le formule caractérise à merveille ce que la Vivaldi devra s'employer à faire: créer une nouveau normalité politique (d'abord, dans un pays bloqué depuis si longtemps), mais aussi socio-économique. L'urgence est à la relance, mais avant cela au retour à la normale.Ce qui ne manque pas de piquant, c'est que la N-VA devra faire partie de l'équation malgré tout, elle qui dirige un gouvernement flamand. Déjà malmené par les critiques de plus en plus vives à l'encontre de son ministre-président Jan Jambon (pour ses non-dits dans l'affaire Chovanec), celui-ci risque d'être secoué par l'avènement d'une autre majorité au fédéral. Or, les décisions sanitaires et non nombre de choix économiques se décident par une concertation entre niveaux de pouvoir, notamment au Conseil national de sécurité. Et il est peu probable que l'exécutif nordiste change de majorité, tant les options sans nationalistes sont ultra limitées;Sophie Wilmès précise encore ce matin: "Oui, il faut une réforme de l'Etat, mais pas forcément une maintenant". On peut que lui donner raison, les urgences sont ailleurs. Mais à terme, cette "nouvelle normalité" passera aussi par une Belgique plus efficace.