La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), a bel et bien réussi, mercedi, sa présentation en seconde session du plan de déconfinement. Tel était l'avis assez unanime des médias, ce jeudi matin, et telle fut encore la tonalité générale du débat d'actualité de la Chambre, ce jeudi après-midi. Même si le chemin reste long ou que des détails dérangent un peu. Et même si des doutes ont encore été exprimé sur les modalités concrètes de plan. Avec cette question centrale: s'il est positif de faire confiance à la responsabilité des citoyens, encore faut-il leur donner les moyens de se prendre en main. La question des masques est, une nouvelle fois, apparue au centre des débats.

"Je voudrais d'abord saluer avec beaucoup de sincérité l'ouverture des plages de visites familiales, entame François De Smet (DéFi). C'est une bonne décision, un juste équilibre entre situation sanitaire et psychologique. C'est une bonne décision aussi parce que cela repose sur un contrat de confiance avec le citoyen, indispensable pour l'adhésion aux mesures." Une seule décision pose problème à ses yeux, celle de ne pas rouvrir les marchés publics ce 11 mai en même temps que les commerces. Quelles sont les raisons qui ont justifié cela ? N'y a-t-il pas un caractère discriminatoire? Pouvez-vous nous confirmer leur réouverture le 18 mai?"

"Assouplir est une excellente chose, acquiesce Servais Verherstraeten (CD&V). C'est possible grâce aux millions de Belges qui ont respecté les mesures. Chaque mesure peut recevoir des critiques, d'aucuns veulent aller plus vite, mais mieux vaut avancer avec prudence. Nous ne voulons pas d'un Etat policier, nous voulons faire confiance aux citoyens. Pas après pas, vous avancez en respectant cet équilibre. Il s'agit de préparer les étapes suivantes pour retrouver une vie normale."

La responsabilité citoyenne est saluée au coeur du nouveau dispositif. Pour Egbert Lachaert (Open VLD), c'est une excellente chose. "Si l'on croit que l'on pourra faire un catalogue précis de ce que l'on peut faire ou pas, cela n'arrivera jamais. Il faut faire preuve de bon sens. Il faut faire preuve de civisme si l'on veut faire rapidement des pas supplémentaire dans l'horeca ou le tourisme."

Jean-Marie Dedecker (Ind.) fulmine, pourtant, au sujet de l'interdiction maintenue des visites aux secondes résidences, à la côté ou dans les Ardennes. "Les bourgmestre côtiers ne comprennent pas pourquoi, lance-t-il. Personne ne voit de problème si ce n'est dans votre gouvernement ou chez les experts du CNS. La côte belge n'a pour seul secteur que le tourisme. C'est une gifle pour les commerçants." Il annoncera, comme ses collègues côtiers, que les contrôles de cet interdit seront suspendus à partir du 18 mai. Une manière de faire pression.

La responsabilité citoyenne? Dans les rangs de l'opposition ou des partis qui soutiennent Wilmès II de l'extérieur, on veut bien y croire. Mais on regrette encore et toujours l'absence de moyens pour accompagner ce chemin. "Tout le monde doit porter son masque dans les transports en commun, s'étrange Raoul Hedebouw (PTB). Mais regardez le prix des masques avant la crise et aujourd'hui."

"De nombreux soignants manquent encore de masques parce que votre gouvernement n'a pas pris les devants, regrette Patrick Prévot (PS). Les prix sont démesurés parce qu'il n'y a pas de contrôle. La grande distribution peut vendre des masques. Ce sont donc des millions de masques qui ont débarqué dont la qualité est contestée. Des distributeurs vendent à des prix prohibitifs dans les gares. Madame la Première ministre, vous devez remettre de l'ordre dans ce capharnüm."

Catherine Fonck (CDH) appuie: "Le contrat avec le citoyen doit être valable dans les deux sens. Vous ne pourrez pas rejeter la responsabilité sur les citoyens si les chiffres repartent à la hausse. Oui, il y a toujours des professions de la santé qui manquent de matériel de protection ouune vente de masques de mauvaise qualité dans la grande distribution. La clé de réussite c'est aussi un testing massif. Ou le tracing : les premiers appels se font seulement aujourd'hui et deux mille appels, cela ne suffira pas. C'est vrai que je radote ça depuis des semaines, mais je le ferai encore parce que les gouvernements sont en retard."

"Je ne comprends pas que nous osions demander 15 euros à un navetteur pour un masque", commente encore Kristof Calvo (Ecolo-Groen).

Sophie Wilmès revient longuement sur la nouvelle phase du déconfinement qu'elle a présentée mercredi. "On ne parle pas d'un déconfinement, mais d'un assouplissement des mesures', tempère-t-elle. Avant d'insister: "Il faut pouvoir compter sur le civisme et le sens de responsabilité. En respectant les règles, la population s'assure sa propre sécurité, ceux de ses proches et le maintien du peu de libertés qui nous restent et que l'on voudrait élargir."

Il s'agit d'avancer pas à pas en évaluant la situation sanitaire. "Je tiens à vous rappeler que nous pourrons toujours revenir en arrière, poursuit la Première ministre. La prochaine phase aura lieu le 18 mai. Nous espérons pouvoir rouvrir les marchés, les musées, les zoos, les marchés et permettre à un plus grand nombre de personnes d'assister aux mariages ou aux enterrements. Il est important d'offrir des perspectives.

En ce qui concerne les critiques émises sur les mesures d'accompagnement, et notamment les masques, on la sent irritée par cette nouvelle 'charge'. "Je rappelle quand même que le gouvernement fédéral s'inscrit dans une volonté partagée avec les villes et les Régions et Communautés, qui ont la compétence de la prévention. Nous avons commandé douze millions de masques en tissu pour la population et vingt-deux millions de filtres. Il n'y a plus de pénurie sur les marchés. Nous avons encore en stock 40 millions de masques." Les masques sont contrôlés, dit-elle, et la grande distribution s'engage à renvendre ses stocks si à l'Etat si la situation sanitaire le nécessitait.

Sophie Wilmès ajoute: "Est-ce nouveau que les grandes surfaces puissent vendre des masques ? Non, cette possibilité existait avant l'arrêté royal. Mais c'est bien dans la stratégie de déconfinement que le gouvernement et le secteur ont décidé de travailler ensemble. On a rendu cette possibilité qu'on leur avait côté. On ne peut quand même pas reprocher aujourd'hui que des masques soient disponibles sur le marché alors que l'on reprochait auparavant que ce ne soit pas le cas." Les prix? "J'entends bien la question du prix des masques. Ce n'est pas acceptable que certains profitent de la situation. Ceci dit, nous sommes dans un marché global, faire en sorte que cela n'existe pas, c'est mentir." La Première ministre insiste encore sur l'augmentation exponentielle de la capacité de tester la population - "dans le top trois européen".

"Là où vous voyez une charge, ce n'est qu'une question centrale, réplique Patrick Prévot (PS). Les bourgmestres sont ceux qui assument le mieux leurs responsabilités. Mais le contrôle des prix, c'est de votre responsabilité. Ecoutez, sans penser que ce sont des attaques contre votre gouvernement."

"Les Belges ont montré un grand sens des responsabilités alors qu'on avait réduit les libertés, ajoute Catherine Fonck (CDH). J'y voit un signal d'espoir pour le futur, mais en ce qui concerne les masques, j'ai bien entendu une porte-parole de la grande distribution dire que cela fait des mois qu'ils constituent des stocks.Et avant la crise, le prix était de 70 centimes le masque. Je vous appelle à reconstituer un vrai strock de masques."

"Pour certains, ce ne sera jamais assez", ironise Egbert Lachaert. Même là encore il y a de la critique. Ce n'est jamais bon. Il faudra avancer pas à pas, suivre la route telle que vous l'avez jalonnée. Cela va dans le bon sens. Rapidement, les gens iront pourront aller dans lerus secondes résidences, les restaurants.. Il faut faire preuve de bon sens."

Magali Dock (MR) applaudit: Madame la Première ministre, vous avez répondu à la détresse affective de la population. Il faut voir comme un contrat signé avec la population. Qu'est-ce que le courage en politique ? J'ai devant moi la réponse."

Muette durant tout le débat, la N-VA finit par s'exprimer, ironique, par la voix de son chef de groupe Peter De Roover: "Nous avons aussi insisté sur cet assouplissement progressif. Il faut des règles claires. Nous sommes heureux que le concept du déplacement essentiel soit remplacé par le concept du bon sens. Nous avons plus confiance en la société qu'au gouvernement. J'ai connu l'époque de l'Union soviétique: la bonne nouvelle, alors, c'est que les masques étaient gratuit, mais la mauvaise c'est qu'il n'y en avait pas. Je suis content que le gouvernement se retire peu à peu du jeu."

Une autre façon de dire que les hostilités vont bientôt reprendre avec le retrait de la confiance à Wilmès II annoncé pour fin juin.

La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), a bel et bien réussi, mercedi, sa présentation en seconde session du plan de déconfinement. Tel était l'avis assez unanime des médias, ce jeudi matin, et telle fut encore la tonalité générale du débat d'actualité de la Chambre, ce jeudi après-midi. Même si le chemin reste long ou que des détails dérangent un peu. Et même si des doutes ont encore été exprimé sur les modalités concrètes de plan. Avec cette question centrale: s'il est positif de faire confiance à la responsabilité des citoyens, encore faut-il leur donner les moyens de se prendre en main. La question des masques est, une nouvelle fois, apparue au centre des débats."Je voudrais d'abord saluer avec beaucoup de sincérité l'ouverture des plages de visites familiales, entame François De Smet (DéFi). C'est une bonne décision, un juste équilibre entre situation sanitaire et psychologique. C'est une bonne décision aussi parce que cela repose sur un contrat de confiance avec le citoyen, indispensable pour l'adhésion aux mesures." Une seule décision pose problème à ses yeux, celle de ne pas rouvrir les marchés publics ce 11 mai en même temps que les commerces. Quelles sont les raisons qui ont justifié cela ? N'y a-t-il pas un caractère discriminatoire? Pouvez-vous nous confirmer leur réouverture le 18 mai?""Assouplir est une excellente chose, acquiesce Servais Verherstraeten (CD&V). C'est possible grâce aux millions de Belges qui ont respecté les mesures. Chaque mesure peut recevoir des critiques, d'aucuns veulent aller plus vite, mais mieux vaut avancer avec prudence. Nous ne voulons pas d'un Etat policier, nous voulons faire confiance aux citoyens. Pas après pas, vous avancez en respectant cet équilibre. Il s'agit de préparer les étapes suivantes pour retrouver une vie normale."La responsabilité citoyenne est saluée au coeur du nouveau dispositif. Pour Egbert Lachaert (Open VLD), c'est une excellente chose. "Si l'on croit que l'on pourra faire un catalogue précis de ce que l'on peut faire ou pas, cela n'arrivera jamais. Il faut faire preuve de bon sens. Il faut faire preuve de civisme si l'on veut faire rapidement des pas supplémentaire dans l'horeca ou le tourisme."Jean-Marie Dedecker (Ind.) fulmine, pourtant, au sujet de l'interdiction maintenue des visites aux secondes résidences, à la côté ou dans les Ardennes. "Les bourgmestre côtiers ne comprennent pas pourquoi, lance-t-il. Personne ne voit de problème si ce n'est dans votre gouvernement ou chez les experts du CNS. La côte belge n'a pour seul secteur que le tourisme. C'est une gifle pour les commerçants." Il annoncera, comme ses collègues côtiers, que les contrôles de cet interdit seront suspendus à partir du 18 mai. Une manière de faire pression.La responsabilité citoyenne? Dans les rangs de l'opposition ou des partis qui soutiennent Wilmès II de l'extérieur, on veut bien y croire. Mais on regrette encore et toujours l'absence de moyens pour accompagner ce chemin. "Tout le monde doit porter son masque dans les transports en commun, s'étrange Raoul Hedebouw (PTB). Mais regardez le prix des masques avant la crise et aujourd'hui.""De nombreux soignants manquent encore de masques parce que votre gouvernement n'a pas pris les devants, regrette Patrick Prévot (PS). Les prix sont démesurés parce qu'il n'y a pas de contrôle. La grande distribution peut vendre des masques. Ce sont donc des millions de masques qui ont débarqué dont la qualité est contestée. Des distributeurs vendent à des prix prohibitifs dans les gares. Madame la Première ministre, vous devez remettre de l'ordre dans ce capharnüm."Catherine Fonck (CDH) appuie: "Le contrat avec le citoyen doit être valable dans les deux sens. Vous ne pourrez pas rejeter la responsabilité sur les citoyens si les chiffres repartent à la hausse. Oui, il y a toujours des professions de la santé qui manquent de matériel de protection ouune vente de masques de mauvaise qualité dans la grande distribution. La clé de réussite c'est aussi un testing massif. Ou le tracing : les premiers appels se font seulement aujourd'hui et deux mille appels, cela ne suffira pas. C'est vrai que je radote ça depuis des semaines, mais je le ferai encore parce que les gouvernements sont en retard.""Je ne comprends pas que nous osions demander 15 euros à un navetteur pour un masque", commente encore Kristof Calvo (Ecolo-Groen).Sophie Wilmès revient longuement sur la nouvelle phase du déconfinement qu'elle a présentée mercredi. "On ne parle pas d'un déconfinement, mais d'un assouplissement des mesures', tempère-t-elle. Avant d'insister: "Il faut pouvoir compter sur le civisme et le sens de responsabilité. En respectant les règles, la population s'assure sa propre sécurité, ceux de ses proches et le maintien du peu de libertés qui nous restent et que l'on voudrait élargir."Il s'agit d'avancer pas à pas en évaluant la situation sanitaire. "Je tiens à vous rappeler que nous pourrons toujours revenir en arrière, poursuit la Première ministre. La prochaine phase aura lieu le 18 mai. Nous espérons pouvoir rouvrir les marchés, les musées, les zoos, les marchés et permettre à un plus grand nombre de personnes d'assister aux mariages ou aux enterrements. Il est important d'offrir des perspectives.En ce qui concerne les critiques émises sur les mesures d'accompagnement, et notamment les masques, on la sent irritée par cette nouvelle 'charge'. "Je rappelle quand même que le gouvernement fédéral s'inscrit dans une volonté partagée avec les villes et les Régions et Communautés, qui ont la compétence de la prévention. Nous avons commandé douze millions de masques en tissu pour la population et vingt-deux millions de filtres. Il n'y a plus de pénurie sur les marchés. Nous avons encore en stock 40 millions de masques." Les masques sont contrôlés, dit-elle, et la grande distribution s'engage à renvendre ses stocks si à l'Etat si la situation sanitaire le nécessitait.Sophie Wilmès ajoute: "Est-ce nouveau que les grandes surfaces puissent vendre des masques ? Non, cette possibilité existait avant l'arrêté royal. Mais c'est bien dans la stratégie de déconfinement que le gouvernement et le secteur ont décidé de travailler ensemble. On a rendu cette possibilité qu'on leur avait côté. On ne peut quand même pas reprocher aujourd'hui que des masques soient disponibles sur le marché alors que l'on reprochait auparavant que ce ne soit pas le cas." Les prix? "J'entends bien la question du prix des masques. Ce n'est pas acceptable que certains profitent de la situation. Ceci dit, nous sommes dans un marché global, faire en sorte que cela n'existe pas, c'est mentir." La Première ministre insiste encore sur l'augmentation exponentielle de la capacité de tester la population - "dans le top trois européen"."Là où vous voyez une charge, ce n'est qu'une question centrale, réplique Patrick Prévot (PS). Les bourgmestres sont ceux qui assument le mieux leurs responsabilités. Mais le contrôle des prix, c'est de votre responsabilité. Ecoutez, sans penser que ce sont des attaques contre votre gouvernement.""Les Belges ont montré un grand sens des responsabilités alors qu'on avait réduit les libertés, ajoute Catherine Fonck (CDH). J'y voit un signal d'espoir pour le futur, mais en ce qui concerne les masques, j'ai bien entendu une porte-parole de la grande distribution dire que cela fait des mois qu'ils constituent des stocks.Et avant la crise, le prix était de 70 centimes le masque. Je vous appelle à reconstituer un vrai strock de masques.""Pour certains, ce ne sera jamais assez", ironise Egbert Lachaert. Même là encore il y a de la critique. Ce n'est jamais bon. Il faudra avancer pas à pas, suivre la route telle que vous l'avez jalonnée. Cela va dans le bon sens. Rapidement, les gens iront pourront aller dans lerus secondes résidences, les restaurants.. Il faut faire preuve de bon sens."Magali Dock (MR) applaudit: Madame la Première ministre, vous avez répondu à la détresse affective de la population. Il faut voir comme un contrat signé avec la population. Qu'est-ce que le courage en politique ? J'ai devant moi la réponse."Muette durant tout le débat, la N-VA finit par s'exprimer, ironique, par la voix de son chef de groupe Peter De Roover: "Nous avons aussi insisté sur cet assouplissement progressif. Il faut des règles claires. Nous sommes heureux que le concept du déplacement essentiel soit remplacé par le concept du bon sens. Nous avons plus confiance en la société qu'au gouvernement. J'ai connu l'époque de l'Union soviétique: la bonne nouvelle, alors, c'est que les masques étaient gratuit, mais la mauvaise c'est qu'il n'y en avait pas. Je suis content que le gouvernement se retire peu à peu du jeu."Une autre façon de dire que les hostilités vont bientôt reprendre avec le retrait de la confiance à Wilmès II annoncé pour fin juin.