La chute de Kaboul et la prise de pouvoir des talibans risquent de provoquer le chaos en Afghanistan. Dès lors, pour la Vivaldi belge et le Commissariat aux réfugiés, il ne peut plus être question de renvois forcés d'Afghans dans leur pays.
...

La chute de Kaboul et la prise de pouvoir des talibans risquent de provoquer le chaos en Afghanistan. Dès lors, pour la Vivaldi belge et le Commissariat aux réfugiés, il ne peut plus être question de renvois forcés d'Afghans dans leur pays.Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), l'a confirmé ce lundi matin à la VRT: "Il est clair que l'on ne peut désormais plus renvoyer d'Afghans." Et de préciser: "Lors du traitement individuel de chaque dossier, il apparaît aujourd'hui que la situation est terrible en Afghanistan et que personne ne peut désormais être renvoyé."C'est un revirement. Alors que l'Allemagne et les Pays-Bas, notamment, avaient suspendu les rapatriements forcés dès la fin de la semaine dernière, la Belgique restait sur une ligne plus ferme, estimant que certaines régions du pays restaient sûres. La dégradation fulgurante de la situation impose ce changement de position, que réclamaient déjà depuis plusieurs jours Ecolo-Groen et le PS.Le secrétaire d'Etat souligne qu'il est évident d'accueillir des réfugiés fuyant une situation de guerre, mais il précise toutefois qu'il ne peut être question de décider d'un moratoire. "C'est une différence avec un pays comme les Pays-Bas, explique-t-il. En Belgique, ce n'est pas nécessaire." Depuis le début de la crise, Sammy Mahdi insiste sur le caractère indépendant des décisions du Commissariat général aux réfugiés. Dans sa politique, il veille aussi à ne pas décider de règlement collectifs des situations de réfugiés, comme en a témoigné la grève de la faim à Bruxelles, cet été. La crise avait provoqué une crise majeure au sein de la coalition, les écologistes et le PS menaçant de retirer leus ministres en cas de décès d'un gréviste.La nouvelle ligne de Sammy Mahdi devrait être celle du gouvernement. "S'il faut changer de direction sur les retours forcés, je n'ai aucun problème à l'envisager", soulignait d'ailleurs Sophie Wilmès (MR), vice-Première et ministre des Affaires étrangères, ce lundi matin à La Libre."La semaine passée, les réfugiés afghans provoquaient des tensions au sein de la Vivaldi, confirme Nicolas Bouteca, politologue à l'université de Gand. Aujourd'hui, il apparaît clairement que c'était superflu. Le thème de la migration est utilisé de tous côtés au sein de la Vivaldi pour se profiler."