Lire notre dossier: La Belgique frondeuse: activités clandestines, provocations, relâchements... pourquoi on craque
...

Nos données empiriques ont montré que lorsque les gens voient que leurs efforts portent leurs fruits, ils sont motivés. En réalité, un contexte plus sévère, un durcissement des mesures n'entache pas nécessairement la motivation. Le hic, ici, c'est que les politiques se situent dans un entre-deux. Ils ne font pas preuve d'une réelle prise en main, n'expliquent pas que la véritable issue pour lutter contre la pandémie, ce sont nos comportements. Ainsi, alors qu'il faudrait promouvoir les activités en extérieur, on réduit la bulle, alors que l'on sait que les écoles ne sont pas le moteur de la pandémie, on les ferme. Evidemment, il y a le souhait de réduire l'ensemble des contacts. Mais on attend des autorités qu'elles l'expliquent. Les politiques se sont eux-mêmes piégés, en annonçant un calendrier de dates précises. Depuis longtemps, le groupe d'experts plaide pour un baromètre, établi sur des données épidémiologiques: on ferme, on ouvre quand on aura atteint tel ou tel niveau, accompagné de visuels clairs colorés pour savoir où on va, quelles mesures on prend. S'il est manifeste que la majorité de la population fait les efforts requis, une petite partie - plus visible grâce aux réseaux sociaux ou à la publicité qu'en font les médias - fait fi des mesures, en partie par provocation ou par défiance. Certains trichent et se disent que ce n'est pas très grave. Comme s'ils roulaient 5 kilomètres/heure au-dessus de la vitesse autorisée ou qu'ils brûlaient un feu rouge. Ce n'est pas anodin. Je ne souhaite pas entraver leur liberté de circuler, de brûler un feu mais, en face, il y a un individu qui lui passe au vert et qui sera victime. Il faut en appeler, à nouveau, à l'autodiscipline et à l'intérêt collectif. Ces coups de fil à la police prétendent remplir un devoir civique. En réalité, beaucoup sont liés à des problèmes de voisinage. Règlements de compte et petites jalousies, en dehors de la Covid, constituaient déjà les contentieux. Pour autant, la délation ne s'inscrit pas dans notre culture. Nous nous inscrivons plutôt dans une position de commisération.