Ce rapport a été commandé en début d'année par la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, afin de contribuer, comme convenu dans la déclaration gouvernementale de l'équipe De Croo, à actualiser la "Vision stratégique" datant de 2016 et dessinant les contours de l'armée à l'horizon 2030.

Dans ce document qui a fait l'objet d'une quasi-unanimité quant aux constats sur l'évolution de l'environnement sécuritaire et d'une unanimité sur les recommandations, les dix experts - des académiques familiers des questions de sécurité et de défense - soulignent que "depuis la Vision stratégique de 2016, l'environnement sécuritaire n'a cessé de se détériorer, tant au niveau systémique que régional", avec l'émergence de menaces "étatiques et non étatiques".

Pour les experts, la Belgique doit démontrer à ses partenaires qu'elle assumera sa part du fardeau et acceptera les risques collectifs. "Aux yeux de ses partenaires et alliés de l'Otan et de l'UE, il serait inacceptable que la Belgique fasse cavalier seul", écrivent-ils.

"Ce qui exigera une plus grande implication et un plus grand engagement de la part de la Défense belge, pour lesquels elle n'est pas encore suffisamment préparée", ajoutent-ils, en soulignant que des quatre composantes de l'armée, la "terrestre est celle qui présente le plus de lacunes".

Les 5 missions de la Défense

Le rapport, généralement bien accueilli par les députés, rappelle que la Défense doit pouvoir remplir ses cinq missions - préparation et résilience nationales, défense collective, projection de forces à l'étranger contribuant à la sécurité collective, diplomatie de défense et aide à la société belge - qui sont interconnectées avec les intérêts vitaux et stratégiques de la Belgique.

Selon les experts, la Belgique ne peut réduire davantage sa palette de capacités. "La Défense belge doit être en mesure de jouer son rôle dans tous les domaines - terre, air, mer, espace, cyber et information".

"En dépit d'importantes acquisitions au cours de la législature précédente, nos capacités sont encore insuffisantes. De plus, les capacités doivent être rééquilibrées entre la sécurité collective et la défense collective du territoire (une tâche négligée depuis la fin de la Guerre froide)", poursuivent-ils.

"Il est urgent de recapitaliser le personnel afin de répondre aux exigences des missions et des capacités. Il convient d'inverser la tendance à la baisse des effectifs et de s'orienter vers une intensification du recrutement et une diversité des profils", indique encore le rapport.

Pour l'un de ses auteurs, le professeur Alexander Mattelaer, de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), il faut aller "bien au-delà des 25.000 personnes" - des équivalents temps plein (ETP), dont un millier de civils -, l'objectif fixé par la Vision stratégique approuvée par le gouvernement Michel 1er en juin 2016. "Voire 30.000", a-t-il lancé au cours d'une conférence de presse mercredi après-midi, tout en notant qu'une telle augmentation des effectifs "prendra du temps", jusque dans années 2030.

Les experts ont aussi produit des recommandations en termes de matériel.

Composantes Terre et Air

Pour la composante Terre, ils préconisent de la doter d'une "brigade motorisée pleinement opérationnelle, prête au combat, durable et déployable", un objectif qui reste hors de portée en dépit du programme de coopération franco-belge connu sous le vocable de CaMo (Capacité motorisée) pour l'achat en commun de nouveaux véhicules blindés. "Nous manquons principalement d'appui-feu indirect et direct et de systèmes de défense aérienne tactique. De plus, la pleine réalisation de la brigade exige que tous les systèmes connexes (munitions, communications, guerre cyber-électronique, ISR - renseignement, surveillance et reconnaissance, ndlr - tactique, logistique, etc.) soient disponibles",

Les experts penchent aussi en faveur d'une participation au programme de futur char de combat (MGCS) franco-allemand.

En matière aérienne, le rapport note que les plates-formes de combat et de transport multirôles et de facilitateurs stratégiques acquis récemment "ne couvrent que partiellement les besoins, avec 34 avions de combat furtifs F-35, sept avions de transport Aribus A400M, un ravitailleur en vol Airbus A330 MRTT et quatre drones MQ-9B SkyGuardian.

Le document suggère ainsi d'"augmenter le petit nombre envisagé de 34 F-35 au moyen de plates-formes multi-rôles supplémentaires et de drones d'appui loyaux, de missiles air-air à très longue portée et de missiles de croisière", alors que l'Otan réclame de la Belgique qu'elle dispose de 45 avions.

Il recommande aussi d'armer les futurs MQ-9B afin d'"acquérir la capacité d'engager des cibles sensibles au facteur temps". Ces drones, attendus en 2023--2024 sont susceptibles d'être armés, moyennant une nouvelle décision politique.

D'un point de vue budgétaire, les experts - qui souhaitent laisser les décisions au pouvoir politique - se contentent d'indiquer que le gouvernement actuel portera les dépenses de défense à 1,24 % du Produit intérieur brut (PIB) de la période pré-Covid-19 et les gouvernements futurs devraient s'aligner sur la moyenne des membres européens non nucléaires de l'OTAN, moyenne qui excède déjà 1,7 %.

La ministre et la plupart des députés membres de la commission ont salué le travail réalisé par les experts. Selon Mme Dedonder, ce document doit conduire à une révision de la loi de programmation militaire adoptée lors de la législature précédente, avec des discussions qui débuteront après les vacances parlementaires.

Ce rapport a été commandé en début d'année par la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, afin de contribuer, comme convenu dans la déclaration gouvernementale de l'équipe De Croo, à actualiser la "Vision stratégique" datant de 2016 et dessinant les contours de l'armée à l'horizon 2030. Dans ce document qui a fait l'objet d'une quasi-unanimité quant aux constats sur l'évolution de l'environnement sécuritaire et d'une unanimité sur les recommandations, les dix experts - des académiques familiers des questions de sécurité et de défense - soulignent que "depuis la Vision stratégique de 2016, l'environnement sécuritaire n'a cessé de se détériorer, tant au niveau systémique que régional", avec l'émergence de menaces "étatiques et non étatiques". Pour les experts, la Belgique doit démontrer à ses partenaires qu'elle assumera sa part du fardeau et acceptera les risques collectifs. "Aux yeux de ses partenaires et alliés de l'Otan et de l'UE, il serait inacceptable que la Belgique fasse cavalier seul", écrivent-ils. "Ce qui exigera une plus grande implication et un plus grand engagement de la part de la Défense belge, pour lesquels elle n'est pas encore suffisamment préparée", ajoutent-ils, en soulignant que des quatre composantes de l'armée, la "terrestre est celle qui présente le plus de lacunes".Les 5 missions de la Défense Le rapport, généralement bien accueilli par les députés, rappelle que la Défense doit pouvoir remplir ses cinq missions - préparation et résilience nationales, défense collective, projection de forces à l'étranger contribuant à la sécurité collective, diplomatie de défense et aide à la société belge - qui sont interconnectées avec les intérêts vitaux et stratégiques de la Belgique. Selon les experts, la Belgique ne peut réduire davantage sa palette de capacités. "La Défense belge doit être en mesure de jouer son rôle dans tous les domaines - terre, air, mer, espace, cyber et information". "En dépit d'importantes acquisitions au cours de la législature précédente, nos capacités sont encore insuffisantes. De plus, les capacités doivent être rééquilibrées entre la sécurité collective et la défense collective du territoire (une tâche négligée depuis la fin de la Guerre froide)", poursuivent-ils. "Il est urgent de recapitaliser le personnel afin de répondre aux exigences des missions et des capacités. Il convient d'inverser la tendance à la baisse des effectifs et de s'orienter vers une intensification du recrutement et une diversité des profils", indique encore le rapport. Pour l'un de ses auteurs, le professeur Alexander Mattelaer, de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), il faut aller "bien au-delà des 25.000 personnes" - des équivalents temps plein (ETP), dont un millier de civils -, l'objectif fixé par la Vision stratégique approuvée par le gouvernement Michel 1er en juin 2016. "Voire 30.000", a-t-il lancé au cours d'une conférence de presse mercredi après-midi, tout en notant qu'une telle augmentation des effectifs "prendra du temps", jusque dans années 2030. Les experts ont aussi produit des recommandations en termes de matériel.Composantes Terre et Air Pour la composante Terre, ils préconisent de la doter d'une "brigade motorisée pleinement opérationnelle, prête au combat, durable et déployable", un objectif qui reste hors de portée en dépit du programme de coopération franco-belge connu sous le vocable de CaMo (Capacité motorisée) pour l'achat en commun de nouveaux véhicules blindés. "Nous manquons principalement d'appui-feu indirect et direct et de systèmes de défense aérienne tactique. De plus, la pleine réalisation de la brigade exige que tous les systèmes connexes (munitions, communications, guerre cyber-électronique, ISR - renseignement, surveillance et reconnaissance, ndlr - tactique, logistique, etc.) soient disponibles", Les experts penchent aussi en faveur d'une participation au programme de futur char de combat (MGCS) franco-allemand. En matière aérienne, le rapport note que les plates-formes de combat et de transport multirôles et de facilitateurs stratégiques acquis récemment "ne couvrent que partiellement les besoins, avec 34 avions de combat furtifs F-35, sept avions de transport Aribus A400M, un ravitailleur en vol Airbus A330 MRTT et quatre drones MQ-9B SkyGuardian. Le document suggère ainsi d'"augmenter le petit nombre envisagé de 34 F-35 au moyen de plates-formes multi-rôles supplémentaires et de drones d'appui loyaux, de missiles air-air à très longue portée et de missiles de croisière", alors que l'Otan réclame de la Belgique qu'elle dispose de 45 avions. Il recommande aussi d'armer les futurs MQ-9B afin d'"acquérir la capacité d'engager des cibles sensibles au facteur temps". Ces drones, attendus en 2023--2024 sont susceptibles d'être armés, moyennant une nouvelle décision politique. D'un point de vue budgétaire, les experts - qui souhaitent laisser les décisions au pouvoir politique - se contentent d'indiquer que le gouvernement actuel portera les dépenses de défense à 1,24 % du Produit intérieur brut (PIB) de la période pré-Covid-19 et les gouvernements futurs devraient s'aligner sur la moyenne des membres européens non nucléaires de l'OTAN, moyenne qui excède déjà 1,7 %. La ministre et la plupart des députés membres de la commission ont salué le travail réalisé par les experts. Selon Mme Dedonder, ce document doit conduire à une révision de la loi de programmation militaire adoptée lors de la législature précédente, avec des discussions qui débuteront après les vacances parlementaires.