Cette étude, intitulée "Quel avenir pour les enfants du monde ? ", analyse les perspectives d'avenir des jeunes générations en fonction des menaces que représentent la dégradation écologique, les changements climatiques et les pratiques commerciales abusives poussant à la consommation de produits nocifs pour la santé. D'après les conclusions, aucun pays ne serait en mesure de protéger simultanément et de manière appropriée la santé des enfants, leur environnement et leur avenir.

Le rapport présente un indice mondial classant 180 pays en fonction des possibilités d'épanouissement de l'enfant et s'appuie sur des indicateurs relatifs à la santé, l'éducation, la nutrition, les émissions de gaz à effet de serre et les écarts de revenus.

158e dans le classement de la durabilité

Si la Belgique se classe huitième, devançant notamment le Royaume-Uni (10e), le Grand Duché du Luxembourg (11e) et l'Allemagne (14e), sa note dégringole à la 158e place lorsque sont prises en compte ses émissions de CO2, évaluées à 8,76 tonnes par habitant et par année. C'est un volume environ 2,23 fois plus important que la limite calculée pour atteindre les objectifs de développement durable de 2030 fixés par l'Onu.

"Malgré des améliorations dans la santé de l'enfant et de l'adolescent au cours des 20 dernières années, les progrès stagnent et devraient s'inverser", a déclaré la co-présidente de la commission Helen Clark. Environ 250 millions d'enfants de moins de cinq ans vivant dans les pays à revenus faible et intermédiaire risquent de ne pas pouvoir se développer pleinement. "Les pays doivent transformer leur approche [...] pour garantir non seulement que nous nous préoccupons de nos enfants aujourd'hui mais aussi que nous protégeons le monde dont ils hériteront demain", a-t-elle ajouté.

Si le réchauffement climatique dépasse 4°C d'ici à l'an 2100, les conséquences sanitaires pour les enfants seront dévastatrices à cause notamment de l'augmentation du niveau des océans, des vagues de chaleur, de la prolifération de certaines maladies, telles que le paludisme et la dengue, et de la malnutrition.

"Plus de deux milliards de personnes vivent dans des pays où le développement est entravé par des crises humanitaires, des conflits et des catastrophes naturelles, des problèmes de plus en plus liés aux changements climatiques", a pour sa part pointé Awa Coll-Seck, qui co-préside aussi la commission. "Alors que certains des pays les plus pauvres rejettent certaines des émissions de CO2 les plus faibles, bon nombre d'entre eux sont exposés aux conséquences les plus néfastes des changements rapides du climat. Promouvoir de meilleures conditions aujourd'hui pour permettre aux enfants de vivre et de s'épanouir au niveau national ne doit pas se faire au détriment de l'avenir des enfants à l'échelle mondiale", a-t-elle insisté.

À l'heure actuelle, seuls l'Albanie, l'Arménie, la Grenade, la Jordanie, la Moldavie, le Sri Lanka, la Tunisie, l'Uruguay et le Vietnam sont sur la bonne voie pour atteindre les objectifs en matière d'émissions de CO2 d'ici à 2030, tout en obtenant des résultats corrects - c'est-à-dire classés dans les 70 premiers - en matière d'épanouissement.

Autre menace

Le rapport met par ailleurs en lumière une autre menace qui pèse sur les enfants: le marketing nocif. Dans certains pays, les jeunes voient jusqu'à 30.000 publicités par an à la télévision, tandis que l'exposition aux réclames promouvant la cigarette électronique a bondi de plus de 250% aux États-Unis au cours des deux dernières années, atteignant plus de 24 millions de jeunes gens.

En cause notamment, l'échec de l'autoréglementation de l'industrie. "Des études menées entre autres en Australie, au Canada, aux États-Unis, au Mexique et en Nouvelle-Zélande ont montré que l'autoréglementation n'a pas entravé la capacité des entreprises à faire de la publicité auprès des enfants", explique l'un des auteurs de l'étude, Anthony Costello. "Ainsi, en Australie, malgré l'adhésion de l'industrie à l'autoréglementation, les téléspectateurs enfants et adolescents sont toujours exposés à 51 millions de publicités pour l'alcool en une année de retransmissions télévisées de football, de cricket et de rugby".

"Et la réalité pourrait être bien pire encore puisque nous disposons de peu de données et de chiffres sur l'explosion de la publicité via les médias sociaux et leurs algorithmes ciblant nos enfants", s'inquiète le chercheur. L'exposition des enfants aux communications commerciales pour la malbouffe et les boissons sucrées est associée à l'achat d'aliments nocifs pour la santé, au surpoids et à l'obésité. Le nombre d'enfants et d'adolescents obèses, qui était de 11 millions en 1975, est passé à 124 millions en 2016 et a ainsi été multiplié par 11, avec des coûts catastrophiques pour les individus comme pour la société.

Cette étude, intitulée "Quel avenir pour les enfants du monde ? ", analyse les perspectives d'avenir des jeunes générations en fonction des menaces que représentent la dégradation écologique, les changements climatiques et les pratiques commerciales abusives poussant à la consommation de produits nocifs pour la santé. D'après les conclusions, aucun pays ne serait en mesure de protéger simultanément et de manière appropriée la santé des enfants, leur environnement et leur avenir. Le rapport présente un indice mondial classant 180 pays en fonction des possibilités d'épanouissement de l'enfant et s'appuie sur des indicateurs relatifs à la santé, l'éducation, la nutrition, les émissions de gaz à effet de serre et les écarts de revenus. Si la Belgique se classe huitième, devançant notamment le Royaume-Uni (10e), le Grand Duché du Luxembourg (11e) et l'Allemagne (14e), sa note dégringole à la 158e place lorsque sont prises en compte ses émissions de CO2, évaluées à 8,76 tonnes par habitant et par année. C'est un volume environ 2,23 fois plus important que la limite calculée pour atteindre les objectifs de développement durable de 2030 fixés par l'Onu. "Malgré des améliorations dans la santé de l'enfant et de l'adolescent au cours des 20 dernières années, les progrès stagnent et devraient s'inverser", a déclaré la co-présidente de la commission Helen Clark. Environ 250 millions d'enfants de moins de cinq ans vivant dans les pays à revenus faible et intermédiaire risquent de ne pas pouvoir se développer pleinement. "Les pays doivent transformer leur approche [...] pour garantir non seulement que nous nous préoccupons de nos enfants aujourd'hui mais aussi que nous protégeons le monde dont ils hériteront demain", a-t-elle ajouté. Si le réchauffement climatique dépasse 4°C d'ici à l'an 2100, les conséquences sanitaires pour les enfants seront dévastatrices à cause notamment de l'augmentation du niveau des océans, des vagues de chaleur, de la prolifération de certaines maladies, telles que le paludisme et la dengue, et de la malnutrition. "Plus de deux milliards de personnes vivent dans des pays où le développement est entravé par des crises humanitaires, des conflits et des catastrophes naturelles, des problèmes de plus en plus liés aux changements climatiques", a pour sa part pointé Awa Coll-Seck, qui co-préside aussi la commission. "Alors que certains des pays les plus pauvres rejettent certaines des émissions de CO2 les plus faibles, bon nombre d'entre eux sont exposés aux conséquences les plus néfastes des changements rapides du climat. Promouvoir de meilleures conditions aujourd'hui pour permettre aux enfants de vivre et de s'épanouir au niveau national ne doit pas se faire au détriment de l'avenir des enfants à l'échelle mondiale", a-t-elle insisté. À l'heure actuelle, seuls l'Albanie, l'Arménie, la Grenade, la Jordanie, la Moldavie, le Sri Lanka, la Tunisie, l'Uruguay et le Vietnam sont sur la bonne voie pour atteindre les objectifs en matière d'émissions de CO2 d'ici à 2030, tout en obtenant des résultats corrects - c'est-à-dire classés dans les 70 premiers - en matière d'épanouissement. Le rapport met par ailleurs en lumière une autre menace qui pèse sur les enfants: le marketing nocif. Dans certains pays, les jeunes voient jusqu'à 30.000 publicités par an à la télévision, tandis que l'exposition aux réclames promouvant la cigarette électronique a bondi de plus de 250% aux États-Unis au cours des deux dernières années, atteignant plus de 24 millions de jeunes gens. En cause notamment, l'échec de l'autoréglementation de l'industrie. "Des études menées entre autres en Australie, au Canada, aux États-Unis, au Mexique et en Nouvelle-Zélande ont montré que l'autoréglementation n'a pas entravé la capacité des entreprises à faire de la publicité auprès des enfants", explique l'un des auteurs de l'étude, Anthony Costello. "Ainsi, en Australie, malgré l'adhésion de l'industrie à l'autoréglementation, les téléspectateurs enfants et adolescents sont toujours exposés à 51 millions de publicités pour l'alcool en une année de retransmissions télévisées de football, de cricket et de rugby". "Et la réalité pourrait être bien pire encore puisque nous disposons de peu de données et de chiffres sur l'explosion de la publicité via les médias sociaux et leurs algorithmes ciblant nos enfants", s'inquiète le chercheur. L'exposition des enfants aux communications commerciales pour la malbouffe et les boissons sucrées est associée à l'achat d'aliments nocifs pour la santé, au surpoids et à l'obésité. Le nombre d'enfants et d'adolescents obèses, qui était de 11 millions en 1975, est passé à 124 millions en 2016 et a ainsi été multiplié par 11, avec des coûts catastrophiques pour les individus comme pour la société.