Le modèle bruxellois est inachevé. Il s'est construit pendant des siècles autour de la Ville de Bruxelles en constante extension, élargissant son territoire par annexions successives et parfois amères pour certaines communes "dépossédées". La fin du 20e siècle voit ensuite la création de "l'Agglomération" amenée à gérer les compétences dont les communes ne veulent plus. Dans la foulée, en 1989 la Région de Bruxelles-Capitale est créée et ne cesse depuis de renforcer ses missions.

Souvent perçue comme un contre-pouvoir, cette Région a fait fi de l'Histoire et n'a eu de cesse de reléguer la Ville de Bruxelles à un rôle de second plan qu'elle n'a en fait jamais occupé.

Le projet régional ne donnait pas de place de choix à la Ville. Il est donc vite considéré comme une menace pour les locataires de l'Hôtel de Ville. "18 communes contre une Ville" entend-on souvent. Les symboles historiques de Bruxelles sont ignorés. Saint-Michel ou Manneken-Pis disparaissent au profit de l'iris. Les couleurs de Saint-Gilles sont choisies pour symboliser cette nouvelle entité régionale. La concurrence entre Région et Ville de Bruxelles n'a eu de cesse de croître par la suite. Dans le même temps, les actions unilatérales de la Ville donnaient également de bons prétextes aux autres communes pour défendre leurs intérêts municipalistes.

Résultat, le modèle bruxellois n'a pas de vision, pas de cohérence.

Son image est brouillée, son fonctionnement est poussif. Mais surtout un fossé se creuse entre le citoyen, ses besoins et le politique entre les outils publics et le contrôle démocratique. Les dérives éthiques achèvent d'illustrer ces dysfonctionnements.

Il faut aujourd'hui mettre fin à cette schizophrénie institutionnelle. Il faut faire un choix clair pour un modèle régional qui doit être plus que l'addition d'intérêts municipaux.

Plus de Région. Mieux de Région. Mais une Région refondée, incluant cette fois la Ville de Bruxelles comme les autres communes dans un projet collectif, efficace ambitieux.

Mais attention, la réponse à la crise actuelle ne peut pas être simplement la fusion des 19 communes. Oui, il est rationnel de fusionner les plus petites communes, de toucher aux tabous des frontières communales, de raboter les tentacules de la Ville de Bruxelles. Oui ; il est pertinent de créer environ 10 arrondissements administratifs de proximité, territorialement continus pour rééquilibrer le poids des différentes communes. Oui, il faut clairement subordonner l'action communale au pilotage régional pour que cela réussisse. Dans l'attente de ces changements majeurs, symboliques et sensibles, il devra déjà être décidé de régionaliser toutes les zones, les structures et les institutions d'intérêt régional.

De telles réformes garantiront une plus grande équité entre citoyens de la Région bruxelloise en mettant fin aux différences en matière d'accès aux infrastructures sportives, de fiscalité ou de tout autre service communal.

De telles réformes contribueront à rationaliser des structures para-communales et intercommunales pour une plus grande lisibilité de l'organisation publique de notre Région, améliorant par là même le contrôle démocratique.

De telles réformes entraîneront une diminution du nombre de mandataires avec une nécessaire interrogation autour de la représentation garantie flamande à la Région.

Pour faire évoluer le modèle bruxellois, il faut donner la parole aux Bruxellois

De telles réformes doivent remettre le citoyen au centre des débats. Les affaires, la complexité institutionnelle comme le comportement despotique de certains élus ont déconnecté la population des enjeux politiques. Pour faire évoluer le modèle bruxellois, il faut donner la parole aux Bruxellois. C'est eux qui doivent définir l'avenir de notre Région, des communes qui la composent et du rôle qui incombe à chacun de ces niveaux. Pour ce faire, profitons du séisme du Samusocial et de ses répliques. Organisons des Assises Citoyennes sur l'avenir de notre Région et de son organisation. Soumettons leurs résultats à consultation populaire !

C'est à ces conditions que nous, Bruxellois, construirons une Région consciente de son Histoire mais résolument tournée vers son avenir.

Le modèle bruxellois est inachevé. Il s'est construit pendant des siècles autour de la Ville de Bruxelles en constante extension, élargissant son territoire par annexions successives et parfois amères pour certaines communes "dépossédées". La fin du 20e siècle voit ensuite la création de "l'Agglomération" amenée à gérer les compétences dont les communes ne veulent plus. Dans la foulée, en 1989 la Région de Bruxelles-Capitale est créée et ne cesse depuis de renforcer ses missions. Souvent perçue comme un contre-pouvoir, cette Région a fait fi de l'Histoire et n'a eu de cesse de reléguer la Ville de Bruxelles à un rôle de second plan qu'elle n'a en fait jamais occupé. Le projet régional ne donnait pas de place de choix à la Ville. Il est donc vite considéré comme une menace pour les locataires de l'Hôtel de Ville. "18 communes contre une Ville" entend-on souvent. Les symboles historiques de Bruxelles sont ignorés. Saint-Michel ou Manneken-Pis disparaissent au profit de l'iris. Les couleurs de Saint-Gilles sont choisies pour symboliser cette nouvelle entité régionale. La concurrence entre Région et Ville de Bruxelles n'a eu de cesse de croître par la suite. Dans le même temps, les actions unilatérales de la Ville donnaient également de bons prétextes aux autres communes pour défendre leurs intérêts municipalistes. Résultat, le modèle bruxellois n'a pas de vision, pas de cohérence. Son image est brouillée, son fonctionnement est poussif. Mais surtout un fossé se creuse entre le citoyen, ses besoins et le politique entre les outils publics et le contrôle démocratique. Les dérives éthiques achèvent d'illustrer ces dysfonctionnements. Il faut aujourd'hui mettre fin à cette schizophrénie institutionnelle. Il faut faire un choix clair pour un modèle régional qui doit être plus que l'addition d'intérêts municipaux. Plus de Région. Mieux de Région. Mais une Région refondée, incluant cette fois la Ville de Bruxelles comme les autres communes dans un projet collectif, efficace ambitieux. Mais attention, la réponse à la crise actuelle ne peut pas être simplement la fusion des 19 communes. Oui, il est rationnel de fusionner les plus petites communes, de toucher aux tabous des frontières communales, de raboter les tentacules de la Ville de Bruxelles. Oui ; il est pertinent de créer environ 10 arrondissements administratifs de proximité, territorialement continus pour rééquilibrer le poids des différentes communes. Oui, il faut clairement subordonner l'action communale au pilotage régional pour que cela réussisse. Dans l'attente de ces changements majeurs, symboliques et sensibles, il devra déjà être décidé de régionaliser toutes les zones, les structures et les institutions d'intérêt régional. De telles réformes garantiront une plus grande équité entre citoyens de la Région bruxelloise en mettant fin aux différences en matière d'accès aux infrastructures sportives, de fiscalité ou de tout autre service communal. De telles réformes contribueront à rationaliser des structures para-communales et intercommunales pour une plus grande lisibilité de l'organisation publique de notre Région, améliorant par là même le contrôle démocratique.De telles réformes entraîneront une diminution du nombre de mandataires avec une nécessaire interrogation autour de la représentation garantie flamande à la Région. De telles réformes doivent remettre le citoyen au centre des débats. Les affaires, la complexité institutionnelle comme le comportement despotique de certains élus ont déconnecté la population des enjeux politiques. Pour faire évoluer le modèle bruxellois, il faut donner la parole aux Bruxellois. C'est eux qui doivent définir l'avenir de notre Région, des communes qui la composent et du rôle qui incombe à chacun de ces niveaux. Pour ce faire, profitons du séisme du Samusocial et de ses répliques. Organisons des Assises Citoyennes sur l'avenir de notre Région et de son organisation. Soumettons leurs résultats à consultation populaire !C'est à ces conditions que nous, Bruxellois, construirons une Région consciente de son Histoire mais résolument tournée vers son avenir.