Vendredi 28 août, on lisait dans un communiqué émanant du Palais : "M. Lachaert a fait un rapport intermédiaire au Roi faisant état de pourparlers constructifs en vue de la formation d'un gouvernement majoritaire." Dimanche 30 août au soir, on entendait que l'informateur royal avait convoqué les partenaires possibles d'une coalition Vivaldi (Open VLD, MR, Ecolo, Groen, PS-SP.A, CD&V) pour une "réunion d'information".
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Vendredi 28 août, on lisait dans un communiqué émanant du Palais : "M. Lachaert a fait un rapport intermédiaire au Roi faisant état de pourparlers constructifs en vue de la formation d'un gouvernement majoritaire." Dimanche 30 août au soir, on entendait que l'informateur royal avait convoqué les partenaires possibles d'une coalition Vivaldi (Open VLD, MR, Ecolo, Groen, PS-SP.A, CD&V) pour une "réunion d'information". On s'était dit alors que le pitch était encourageant, qu'on n'avait pas eu de signaux aussi positifs depuis longtemps. Et que peut-être enfin, bientôt, on allait mettre en scène le spectacle tant attendu "Négociations pour doter la Belgique d'un gouvernement de plein exercice". Point d'euphorie béate pour autant. On savait bien que le chemin serait encore long et compliqué. Que les obstacles seraient nombreux avant qu'on ne placarde les affiches annonçant le programme et le nom des acteurs. Qu'il allait falloir rapprocher des points de vue un peu, beaucoup, passionnément différents pour former un accord de gouvernement. Que ce programme devrait trouver un équilibre difficile entre les impératifs de rétablissement économique et des besoins humains que la crise du coronavirus a exacerbés. Le tout dans un cadre budgétaire qui, déjà contraignant avant la crise, est désormais largement en zone rouge. On savait aussi que si la troupe Vivaldi signait le contrat, sa tâche serait particulièrement ardue. Qu'elle aurait en face d'elle une opposition musclée, formée notamment des deux premiers partis de Flandre. On avait imaginé encore qu'il y aurait des moments de théâtralisation avec sortie de scène et claquements de portes suivis de réconciliation et de compromis qui auraient in fine permis à l'intrigue d'avancer. On avait même déjà pensé que les moments de tensions extrêmes culmineraient lorsqu'on parlerait débat éthique, Premier ministrable, régionalisation. Mais dès le lendemain de cette "réunion d'information", retournement de situation : l'un des acteurs a sorti le grand jeu du "oui, mais non, enfin je ne sais pas trop si je veux vraiment en être ou pas". On le savait hésitant, tiraillé entre deux logiques internes. On savait aussi que les arguments "minorité du groupe linguistique néerlandophone" et "absence de parallèle avec le gouvernement flamand" allaient peser de tout leur poids dans sa décision. Mais on pensait que la pression autour de Jan Jambon dans l'affaire Chovanec aurait pu le déscotcher définitivement de son ancien acolyte avec lequel il a pris l'habitude de toujours jouer en duo. Comme le fait que, finalement, il n'avait (et n'a toujours) pas grand-chose à perdre à accepter le rôle. A moins justement qu'on en soit déjà à la phase de dramatisation du spectacle. Ou qu'on se soit trompé de pièce et qu'on rejoue L'Histoire sans fin. Sans magie et sans Pays fantastique.