L'offensive de communication de Georges-Louis Bouchez en tant que président "confirmé" du MR a débuté avec une présence à la RTBF, jeudi soir, et des entretiens dans la presse quotidienne, avant d'autres expressions planifiées ce week-end et la semaine prochaine. Elle se joue en quatre temps, comme les saisons de la Vivaldi au pouvoir. Il reste à voir si elle lui permettra de récupérer le crédit perdit aux yeux de certains en interne, après la crise provoquée par le casting ministériel. Voire de toucher un large public. Mais le ton de l'homme, comme toujours, est singulier.
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L'offensive de communication de Georges-Louis Bouchez en tant que président "confirmé" du MR a débuté avec une présence à la RTBF, jeudi soir, et des entretiens dans la presse quotidienne, avant d'autres expressions planifiées ce week-end et la semaine prochaine. Elle se joue en quatre temps, comme les saisons de la Vivaldi au pouvoir. Il reste à voir si elle lui permettra de récupérer le crédit perdit aux yeux de certains en interne, après la crise provoquée par le casting ministériel. Voire de toucher un large public. Mais le ton de l'homme, comme toujours, est singulier.Il est suffisamment rare qu'un président de parti s'excuse pour qu'on le souligne. Comme Georges-Louis Bouchez ne fait jamais rien à moitié, il le fait même à plusieurs reprises : devant les instances en internes, devant les membres et militants via les réseaux sociaux et, désormais, via les médias. L'humilité n'est peut-être pas feinte, mais elle est évidemment cadrée. "Quand c'est un foirage total, je sais l'assumer aussi", lance-t-il, mais non sans rappeler ses réussites. Pour ceux qui l'oublieraient, le MR est présent à tous les niveaux de pouvoir et... son président reste à la barre, tandis que son principal rival, Denis Ducarme, se retrouve sans rien. Le plus incroyable, somme toute c'est l'aplomb rapidement retrouvé de ce jeune loup de la politique. Le président du MR poursuit sa contrition en assumant s'être très mal comporté à l'égard de Valérie De Bue, la ministre wallonne qu'il a voulu évincer du gouvernement. En substance, il dit l'avoir contactée, elle était choquée, mais loyale et il s'est excusé. Mais c'était une erreur d'avoir considéré qu'il pourrait y avoir trois hommes au gouvernement wallon, reconnaît-il. Et si lui qui tweete plus vite que son ombre n'a pas retweeté le message posté par le ministre wallon Jean-Luc Crucke soutenant ces femmes politiques "qui ne sont pas des quotas", c'est uniquement par souci d'apaisement et par volonté de ne pas provoquer.On l'a dit par ailleurs : la plus grosse erreur de Bouchez fut de ne pas avoir contacté le numéro un libéral du gouvernement wallon, Willy Borsus, personnalité clé de la construction du parti par les Michel. Subtilement, le président dit à l'encontre de son ancien rival, à la présidentielle, Denis Ducarme: "Avoir voulu sauver Denis Ducarme m'a conduit à des décisions inconsidérées". Gonflé.Au sujet de la nomination au fédéral de Mathieu Michel, fil de Louis et frère de Charles, le président du MR reprend à l'envers les accusations de "népotisme" et de "clans mafieux" avancées par certains en interne. "Il est totalement anormal que quelqu'un soit pénalisé parce qu'il porte un nom de famille", lance-t-il. Selon lui, Mathieu Michel a les compétences voulues et va "se révéler". Pas sûr que l'on soit dupe: cette montée en puissance est - aussi - une manière de continuer à faire vivre le label Michel en Brabant wallon. Mais c'est une manière de pointer du doigt les gens mal intentionnés, comme ceux, d'ailleurs, qui se concentrent plus sur son style que sur le contenu.Georges-Louis Bouchez va bien, merci pour lui, parce que, dit-on dans son entourage, il a toujours un temps d'avance sur les autres. Et quand on avance le fait qu'il aurait été "humilié"en étant recadré et encadré, désormais, par un G11 au sein de son parti il rétorque vivement qu'il ne voit pas de quoi on veut parler: ce serait lui le vainqueur moral de cette histoire car cet organe informel n'aura aucun poids en dehors des ténors que sont Sophie Wilmès (vice-Première fédéral), Willy Borsus (numéro un libéral wallon) et Pierre-Yves Jeholet (ministre-président francophone, essentiellement. Place donc à "l'apaisement" mais, surtout, à la "deuxième phase de sa présidence". Avec cette phrase magnifique, lancée à la fin de Jeudi en Prime sur la RTBF: "Je suis payé pour m'occuper des problèmes des gens, pas des miens".En clair, il s'agit désormais d'oeuvrer à un parti plus participatif, plus transparent et davantage ancré dans le "mouvement". Il se murmure que les erreurs du casting ministériel ont en réalité été le fait du poids des "barons" du parti alors que le jeune homme, si cela ne tenait qu'à lui, aurait été bien plus audacieux en imposant, notammetn, des personnalités issues de la société civile - par défaut, cela montre qu'il n'avait pas le "poids" pour le faire. Somme toute, le temps serait venu pour le Montois d'imposer vraiment sa marque... même s'il devra rendre des comptes et que certains lui chercheront misère. Un subtil équilibre, à suivre.Un grand classique, pour terminer : le match avec le PS pour devenir le premier parti de Belgique francophone. Pas d'attaque personnelle, cette fois: "Il y a plein de personnalités différentes, je ne vais pas citer de nom pour ne pas créer de nouvelles polémiques, mais moi aussi je trouve certaines personnalités bizarres..." Mais bel et bien le rappel de sa volonté de faire passer le MR à 30% en Wallonie - le vieux rêve des Michel et de Reynders. Georges-Louis Bouchez tacle le PS, sur le fond,et réduit à rien la fameuse "taxe sur les épaules les plus larges" vantée par son homologue Paul Magnette en précisant qu'il ne s'agit de rien d'autre que la taxe sur les compte-titres qui existait déjà), mais qui a été annulée par la Cour constitutionnelle pour 2021. Des socialistes dénoncent déjà en retour son manque de connaissance des dossiers. La crise du MR date d'il y a une petite semaine et c'est déjà - presque... - comme si rien ne s'était passé.