Sauf que dans le parc du Middelheim, le terrain de jeux dans lequel tout un chacun pénètre n'est constitué que d'argile de modelage humide, grasse et malléable. Le public est donc invité à piétiner cette terre, la malaxer, en tirer des figures, des rien du tout, des pots et des fortins. Les enfants sont ravis car enfin, comme avec la peinture au doigt, ils peuvent s'en mettre partout. A le...

Sauf que dans le parc du Middelheim, le terrain de jeux dans lequel tout un chacun pénètre n'est constitué que d'argile de modelage humide, grasse et malléable. Le public est donc invité à piétiner cette terre, la malaxer, en tirer des figures, des rien du tout, des pots et des fortins. Les enfants sont ravis car enfin, comme avec la peinture au doigt, ils peuvent s'en mettre partout. A leur intention, comme à celle des adultes, parents ou non, les artistes ont construit un structure-meuble avec casiers et... douches. Ludique. Oui, certainement. A la différence des activistes viennois, leurs aînés des années 1960 (Günter Brus, Otto Muehl, Herman Nitsch et Rudolf Schwarzkogler) dont les performances reliant sexe et politique possédaient une agressivité viscérale, nos compères (Wolgagng Gantner, Ali Janker, Florian Reither et Tobias Urban) misent sur la participation festive. Deux exemples : Un nez géant d'abord. Déposé sur les rives du Danube en Autriche, haut de plusieurs mètres avec des narines dans lesquels on peut entrer, il se remplit de boue lorsque le Danube déborde et libère alors une haleine de sol humide. "L'élévateur" ensuite. Présenté à Vienne, il permet de hisser à la force du poignet d'une trentaine d'hommes forts et jusqu'aux étages supérieurs chacun des "volontaires". Parfois aussi, Gelitin tente l'émerveillement comme lorsque le groupe a rempli de ballons lumineux l'espace utérin d'une grotte de Porto Rico. Jusqu'au 12 août, ils ont aussi investi le Boijmans Museum de Rotterdam avec des étrons géants devant lesquels déambulent les visiteurs invités à revêtir des combinaisons fortement sexualisées. Cet aspect plus scatologique pourrait nous ramener à l'oeuvre du MiIddelheim et préciser une démarche qui, sous des dehors innocents, voire enfantins, visitent aussi nos imaginaires fantasmatiques.