La composition pourrait nous laisser croire à un été des exotismes enfin retrouvés, à une insouciance apaisante mais l'oeuvre convoque aussitôt une incertitude, une équivoque. Si les tissus vivement colorés vivent bien des mouvements et de la légèreté de l'air, les trois danseurs, eux, sont figés et aussitôt, une irréalité s'impose. L'insouciance vire de bord. Les corps sont seulement des silhouettes, au mieux, des spectres traversés par l'inconsistance et le vide. Les gestes manquent d'élan, ils s'abandonnent, parfois se crispent et se figent. Les pieds ne touchent pas le sable de la plage. L'horizon a disparu et les ombres avec lui.

Dans ce non-lieu, chacun danse pour lui seul. Les corps inhabités s'ignorent et leurs relations, marquées par une arythmie formelle provoque dans cette vaste composition de plus de deux mètres d'envergure, une incohérence et du coup, un malaise. Comme si, tout cela n'était pas une projection vers un futur d'insouciance mais le souvenir d'un passé qui peu à peu, file et disparait comme les grains de sable entre les doigts. C'était l'été mais pas celui de 2021. Un été déjà lointain à Ibiza peut-être ou plus loin, dans une autre île protégée du monde par la mer ou l'océan tout autour. Un été sauvé par une photographie retrouvée. Dans de précédentes compositions exposées en ce même lieu voici trois ans, toutes gorgées des mêmes harmonies chromatiques, l'exotisme était de mise avec ses palmiers, ses fruits et ses terrasses, ses perspectives contrôlées et ses échappées cadrées.

Entre la précision des contours quasi ciselés et la volupté des surfaces peintes, les lignes droites des architectures et les arrondis végétaux, se dessinait une ambiguïté d'un autre ordre, proche de l'univers d'un David Hockney. C'était avant la Covid 19. Cette fois, cet univers ancien ne trouve refuge que dans les tissus portés par les deux danseuses acéphales ainsi tout à la fois protégées et provocatrices. Le rêve demeure.

Bruxelles, La Patinoire royale. 15 rue Veydt. Jusqu'au 4 septembre. Mercredi de 14h à 19h. Du jeudi au samedi de 11h à 19h. www.prvbgallery.com

La composition pourrait nous laisser croire à un été des exotismes enfin retrouvés, à une insouciance apaisante mais l'oeuvre convoque aussitôt une incertitude, une équivoque. Si les tissus vivement colorés vivent bien des mouvements et de la légèreté de l'air, les trois danseurs, eux, sont figés et aussitôt, une irréalité s'impose. L'insouciance vire de bord. Les corps sont seulement des silhouettes, au mieux, des spectres traversés par l'inconsistance et le vide. Les gestes manquent d'élan, ils s'abandonnent, parfois se crispent et se figent. Les pieds ne touchent pas le sable de la plage. L'horizon a disparu et les ombres avec lui. Dans ce non-lieu, chacun danse pour lui seul. Les corps inhabités s'ignorent et leurs relations, marquées par une arythmie formelle provoque dans cette vaste composition de plus de deux mètres d'envergure, une incohérence et du coup, un malaise. Comme si, tout cela n'était pas une projection vers un futur d'insouciance mais le souvenir d'un passé qui peu à peu, file et disparait comme les grains de sable entre les doigts. C'était l'été mais pas celui de 2021. Un été déjà lointain à Ibiza peut-être ou plus loin, dans une autre île protégée du monde par la mer ou l'océan tout autour. Un été sauvé par une photographie retrouvée. Dans de précédentes compositions exposées en ce même lieu voici trois ans, toutes gorgées des mêmes harmonies chromatiques, l'exotisme était de mise avec ses palmiers, ses fruits et ses terrasses, ses perspectives contrôlées et ses échappées cadrées. Entre la précision des contours quasi ciselés et la volupté des surfaces peintes, les lignes droites des architectures et les arrondis végétaux, se dessinait une ambiguïté d'un autre ordre, proche de l'univers d'un David Hockney. C'était avant la Covid 19. Cette fois, cet univers ancien ne trouve refuge que dans les tissus portés par les deux danseuses acéphales ainsi tout à la fois protégées et provocatrices. Le rêve demeure.