En 1991, le photographe Elie Badessi quitte la France pour Houston où il vit quatre ans, interpellé déjà par le fait que tant d'enfants sont armés et heureux de l'être. Il rejoint ensuite New-York et entame une série de reportages sur la manipulation par l'image médiatique du rêve américain ou encre de la guerre d'Irak.

Entre 2016 et 2019, il parcourt le pays afin d'approcher la question du rapport des enfants et des adolescents aux armes. Il en tire une suite de portraits en laissant au sujet le soin de choisir la pose après avoir répondu à une seule question : "What do you like about guns" (Qu'est-ce qui te lait dans les armes à feu ?). Il ne s'agit pas de juger mais d'interroger et mesurer combien, posséder une arme peut, dans la culture américaine, rassurer, voire assurer une vie sereine.

Les uns posent avec fierté, leur regard est déterminé, d'autres endossent le drapeau américain sur leur peau nue et musclée ou portent le chapeau de cow-boy. La plupart portent des armes véritables, acquises au fil des fêtes calendaires ou des anniversaires. Certains ne brandissent que des jouets. Car, au pays de la fiction, la frontière est mince entre le vrai et le faux.

Un livre à succès "My Parents open Carry" écrit par deux auteurs proches de la NRA vise à rassurer les enfants qui voient leurs parents porter leur flingue à la ceinture, à la maison ou dans la rue, quand ils se promènent en famille ou font leurs courses au supermarché. De son côté, l'annonce de la Keyston Sporting Arms, leader dans le marché des fusils pour enfants ne laisse planer aucun doute : "le but est d'inculquer la sécurité des armes à feu dans l'esprit des jeunes tireurs et de les encourager à acquérir les connaissances et le respect que les activités de chasse et de tir exigent et méritent."

Pour certains, se protéger signifie vivre avec des armes, pour d'autres, se protéger signifie vivre sans armes. À qui le dernier mot?

Sur les photographies en noir et blanc, le regard des modèles est déterminé, amusé, fier, rêveur, agressif ou serein. Les enfants font face à l'objectif ou se détournent, préfèrent n'offrir que leur profil. Ils brandissent l'arme, vise le photographe ou la tiennent à la manière d'un doudou.

Catalyan a trois ans, Le texan Ginnar en à six, la new-yorkaise Jolie un de plus, Jared qui habite dans le New Jersey en a 17 : "En tous cas, explique le photographe, une chose est claire: la sécurité est une priorité absolue. L'innocence de la jeunesse peut inclure ou exclure les armes."

L'intérêt de ces images tient au fait du rapport du photographe avec son modèle. Il ne s'agit ni de publicité, ni d'accusation. Les enfants et les ados ne posent pas pour leurs parents, leurs amis ou une publicité. En fait, ils ajustent leur pose à la question posée par le photographe et du coup, livrent un contenu qui associé sociologie et psychologie des profondeurs. L'exposition rassemble 27 portraits et s'inscrit dans l'opération "Photodays" portée par 35 galeries et sept institutions dont la Fondation Vuitton, la MEP, le musée d'art moderne ou encore le BAL

Laurent Elie Badessi en collaboration avec la galerie Polka. 5, rue Pierre au Lard (quartier Beaubourg - Paris, Art Trope Gallery).

Jusqu'au 31 janvier. Ma-Me 13h-20h, Je-Ve 13h-17h, SA 11h-20h. www.art-trope.com

En 1991, le photographe Elie Badessi quitte la France pour Houston où il vit quatre ans, interpellé déjà par le fait que tant d'enfants sont armés et heureux de l'être. Il rejoint ensuite New-York et entame une série de reportages sur la manipulation par l'image médiatique du rêve américain ou encre de la guerre d'Irak. Entre 2016 et 2019, il parcourt le pays afin d'approcher la question du rapport des enfants et des adolescents aux armes. Il en tire une suite de portraits en laissant au sujet le soin de choisir la pose après avoir répondu à une seule question : "What do you like about guns" (Qu'est-ce qui te lait dans les armes à feu ?). Il ne s'agit pas de juger mais d'interroger et mesurer combien, posséder une arme peut, dans la culture américaine, rassurer, voire assurer une vie sereine. Les uns posent avec fierté, leur regard est déterminé, d'autres endossent le drapeau américain sur leur peau nue et musclée ou portent le chapeau de cow-boy. La plupart portent des armes véritables, acquises au fil des fêtes calendaires ou des anniversaires. Certains ne brandissent que des jouets. Car, au pays de la fiction, la frontière est mince entre le vrai et le faux. Un livre à succès "My Parents open Carry" écrit par deux auteurs proches de la NRA vise à rassurer les enfants qui voient leurs parents porter leur flingue à la ceinture, à la maison ou dans la rue, quand ils se promènent en famille ou font leurs courses au supermarché. De son côté, l'annonce de la Keyston Sporting Arms, leader dans le marché des fusils pour enfants ne laisse planer aucun doute : "le but est d'inculquer la sécurité des armes à feu dans l'esprit des jeunes tireurs et de les encourager à acquérir les connaissances et le respect que les activités de chasse et de tir exigent et méritent." Pour certains, se protéger signifie vivre avec des armes, pour d'autres, se protéger signifie vivre sans armes. À qui le dernier mot? Sur les photographies en noir et blanc, le regard des modèles est déterminé, amusé, fier, rêveur, agressif ou serein. Les enfants font face à l'objectif ou se détournent, préfèrent n'offrir que leur profil. Ils brandissent l'arme, vise le photographe ou la tiennent à la manière d'un doudou. Catalyan a trois ans, Le texan Ginnar en à six, la new-yorkaise Jolie un de plus, Jared qui habite dans le New Jersey en a 17 : "En tous cas, explique le photographe, une chose est claire: la sécurité est une priorité absolue. L'innocence de la jeunesse peut inclure ou exclure les armes." L'intérêt de ces images tient au fait du rapport du photographe avec son modèle. Il ne s'agit ni de publicité, ni d'accusation. Les enfants et les ados ne posent pas pour leurs parents, leurs amis ou une publicité. En fait, ils ajustent leur pose à la question posée par le photographe et du coup, livrent un contenu qui associé sociologie et psychologie des profondeurs. L'exposition rassemble 27 portraits et s'inscrit dans l'opération "Photodays" portée par 35 galeries et sept institutions dont la Fondation Vuitton, la MEP, le musée d'art moderne ou encore le BALLaurent Elie Badessi en collaboration avec la galerie Polka. 5, rue Pierre au Lard (quartier Beaubourg - Paris, Art Trope Gallery). Jusqu'au 31 janvier. Ma-Me 13h-20h, Je-Ve 13h-17h, SA 11h-20h. www.art-trope.com