Le port du masque est obligatoire sur tout le territoire de la Région bruxelloise depuis ce mercredi matin. Amendes à la clé. C'était annoncé en cas de poursuite du rebond épidémique : le cap des 50 nouvelles contaminations par 100.000 habitants en moyenne hebdomadaire a été atteint, a indiqué le cabinet du ministre-président de la Région de Bruxelles-capitale Rudi Vervoort. C'était le seuil fatidique. Cette décision suscite toutefois des commentaires révélateurs.
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Le port du masque est obligatoire sur tout le territoire de la Région bruxelloise depuis ce mercredi matin. Amendes à la clé. C'était annoncé en cas de poursuite du rebond épidémique : le cap des 50 nouvelles contaminations par 100.000 habitants en moyenne hebdomadaire a été atteint, a indiqué le cabinet du ministre-président de la Région de Bruxelles-capitale Rudi Vervoort. C'était le seuil fatidique. Cette décision suscite toutefois des commentaires révélateurs.La capitale se distingue ainsi d'Anvers, qui avait pris d'autres mesures pour faire face au rebond qui l'a touchée. Le bourgmestre Bart De Wever (N-VA) avait d'ailleurs pris d'autres décisions, dont un couvre-feu le soir largement contesté et qualifié d'illégal par le constitutionnaliste et ancien vice-Premier SP.A Johan Vande Lanotte. A Bruxelles, cette question n'a même pas été évoquée, soulignait voici une semaine Rudi Vervoort (PS). Le port du masque généralisé semblait une mesure davantage proportionnée... et légale.S'il n'y a pas encore de mouvement "anti-masque" en Belgique, et si la population accepte volontiers cette mesure de précaution, quelques dents grincent pourtant. Parce que cette décision est tardive et tombe du ciel, selon certains. "Alors que cela aurait pu être un outil de prévention depuis des semaines, la Région bruxelloise impose le masque comme une punition parce que le seuil fatidique de 50/100 000 est franchi, regrette la politologue Caroline Van Wynsberghe. Next step: un nouveau lockdown!" Le virologue flamand Marc Van Ranst, expert auprès du Conseil national de sécurité, a déjà mis en garde contre l'éventualité de nouvelles mesures de confinement si la hausse des contaminations se poursuivait, singulièrement à Bruxelles.Tanguy Struye, professeur de relations internationales, ironise en retour: "C'est comme dire à un militaire: tu attends d'avoir 50 morts avant de riposter. Il faudrait leur apprendre le principe de précaution, mais après 7 mois ils n'ont toujours pas compris le concept." Réplique de la politologue: "Je ne comprends rien à la gestion de cette crise."Cette obligation, décrétée en plein vague de chaleur, suscite aussi des réactions acerbes de par son caractère excessif. "Là, ils sont vraiment en train de me perdre avec leurs mesures disproportionnées", commente Lora Nivesse, ancienne présidente des jeunes libéraux, désormais active à la Fédration du commerce, largement impacté par la crise sanitaire. De nombreux internautes soulignent l'inutilité de porter le masque en extérieur, lorsque l'on est seul ou à bonne distanciation sociale.Un autre politologue, Vincent Laborderie, est cinglant: "Le port du masque devient aujourd'hui obligatoire partout sur le territoire de la Région bruxelloise. L'occasion de rappeler que, essentiel en milieu clos, imposer le port du masque en extérieur n'a aucune base scientifique. Mais qui se préoccupe encore de la science?"Habitué à vilipender tant la gestion bruxelloise que celle de la pandémie, Jean Quatremer, correspondant européen de Libération dans la capitale et polémiste réputé, lance: "Le masque devient obligatoire partout dans Bruxelles y compris dans les rues désertes ou à 3h du matin... une atteinte incroyable aux droits fondamentaux ne reposant sur aucune base sanitaire, aucune. On est dans l'arbitraire total." Il raille aussi le fait que l'obligation du port du masque soit valable lorsque l'on circule à vélo.Cette mesure est toutefois un symbole et un geste fort décidé par la Région pour endiguer le rebond. C'est une façon, aussi, d'aller à l'encontre de certains comportements et d'agir dans certaines parties de la ville sans être accusé de discrimination. Ces derniers jours, Bruxelles a une nouvelle fois été montrée du doigt en Flandre pour sa gestion chaotique et le comportement de certains, très minoritaires, à Blankenberge. "J'espère que ça va calmer certaines personnes qui refusaient de porter le masque", résume un fonctionnaire.