La possibilité d'instaurer un pass sanitaire à Bruxelles continue à faire débat. Au sein du gouvernement bruxellois tout d'abord, qui tergiverse autour de son application. Au sein de la société civile, ensuite. Avec les doublement vaccinés qui aspirent à davantage de liberté, quitte à devoir brandir un blanc-seing à l'entrée des discothèques et des salles de fitness. Avec les représentants du secteur Horeca qui, sans être formellement opposés à l'idée, refusent d'endosser le rôle de grand contrôleur.
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La possibilité d'instaurer un pass sanitaire à Bruxelles continue à faire débat. Au sein du gouvernement bruxellois tout d'abord, qui tergiverse autour de son application. Au sein de la société civile, ensuite. Avec les doublement vaccinés qui aspirent à davantage de liberté, quitte à devoir brandir un blanc-seing à l'entrée des discothèques et des salles de fitness. Avec les représentants du secteur Horeca qui, sans être formellement opposés à l'idée, refusent d'endosser le rôle de grand contrôleur. Et puis, globalement, l'idée même d'introduire le Covid Safe Ticket (CST) dans la capitale s'apparente à un constat, celui d'une série d'échecs consécutifs. Le plus récent, celui de la campagne de vaccination bruxelloise, puisque - rappelons-le - l'objectif initial de ce Corona pass était bien de permettre de grands rassemblements de foule sans masque, ni distanciation sociale, pas de pallier le manque de couverture vaccinale. Avant d'être confrontée à ce retard de vaccination, Bruxelles avait raté le suivi des retours de vacances, comme elle avait échoué à enrayer l'apparition de clusters dans les premiers mois de la pandémie, déjà faute d'avoir réussi à communiquer de manière adéquate avec certaines communautés et groupes cibles. Cela étant, si le CST était finalement introduit à Bruxelles, réglerait-il les problèmes sanitaires de la Région? On sait qu'en France, l'outil a été utilisé comme une obligation vaccinale déguisée. Tout qui veut voyager, profiter de certains loisirs ou aller au restaurant dans l'Hexagone doit désormais se munir de ce précieux sésame. Rien ne dit que cette mesure aurait le même impact à Bruxelles. Les groupes qui échappent à la vaccination ne sont en effet pas ceux qui fréquentent le plus assidûment les restaurants ou qui partent le plus en voyage. Le risque existe aussi que cette obligation supplémentaire renforce la méfiance envers les autorités de citoyens pour lesquels le sentiment d'appartenance à une collectivité est déjà ténu, et que, de ce fait, elle les éloigne encore davantage du choix vaccinal. A ne pas exclure non plus, la possibilité que les non-vaccinés ne fassent quelques kilomètres pour rejoindre une région où le pass ne serait pas d'application. En attendant et malgré le travail de fourmi mis en exergue par Alexander De Croo pour aller à la rencontre des réticents ou des indécis à grand renfort de vacci-bus, d'antennes dans les magasins ou les gares, les unités Covid des hôpitaux bruxellois se remplissent une nouvelle fois de non-vaccinés. Et c'est un nouveau constat d'échec.