Sans mauvais jeu de mots, tout n'est pas rose pour autant car les femmes ne constituaient que 34% de ce million d'indépendants... alors même qu'elles représentent la moitié de la population active. Au niveau des employeurs, les femmes occupaient un cinquième des postes. Et en matière de start-up, moins d'un septième des fondateurs étaient de sexe féminin.

Pourquoi se focaliser sur ces pourcentages ? Tout d'abord parce, comme l'a souligné la Commission européenne dans son rapport "Entreprenariat 2020", les entrepreneuses recèlent un important potentiel inexploité, un moteur de croissance et un levier de compétitivité. Il existe une corrélation positive entre la performance économique d'une entreprise et le degré de mixité de son équipe dirigeante. Des études montrent que les jeunes entreprises créées par des femmes réalisent 12% de chiffre d'affaires en plus et ont 30% de chances en moins de faire faillite. Cet écart entre les sexes en matière d'entreprenariat coûte donc des emplois et de la croissance.

Ensuite car ces différents chiffres témoignent du degré d'égalité entre les hommes et les femmes dans notre société et du travail qu'il reste à mener. Une cause à laquelle nous sommes très sensibles.

La situation n'est pas idéale ; elle n'est pas désespérée pour autant, comme l'illustre le fait qu'entre 2007 et 2015, le taux de croissance du nombre de femmes indépendantes a été plus marqué que celui des hommes. L'exercice 2013-14 a, par exemple, été marqué par 8.920 femmes se lançant dans une activité d'indépendante contre 7.588 hommes. Une progression qui se doit d'être encouragée et amplifiée !

Et c'est ce qu'a fait le gouvernement fédéral sortant. Citons, par exemple, le Plan en faveur de l'Entrepreneuriat féminin approuvé en 2016 qui prévoyait le passage du congé de maternité de huit à douze semaines pour les indépendantes mais aussi l'exemption du paiement des cotisations sociales pendant le trimestre suivant un accouchement. En 2017, le gouvernement fédéral a décidé de généraliser et de simplifier l'octroi des titres-services pour les mères indépendantes.

Mais, ne nous voilons pas la face, il reste du pain sur la planche de tous les exécutifs du Royaume.

Au niveau fédéral, il faudrait notamment que le gouvernement offre une information ainsi qu'une formation sur les possibilités existantes mais également qu'il soutienne les organismes pourvoyeurs d'accompagnements au démarrage d'une activité entrepreneuriale.

D'autres idées ? Nous prônons la réalisation d'un cadastre de l'emploi féminin et, en fonction de celui-ci, la promotion de l'emploi dans les secteurs où sera constatée une carence en femmes. La promotion des horaires flexibles, du télétravail, des titres-services destinés à la garde d'enfants... permettrait de faciliter la conciliation entre les vies professionnelle et familiale.

Les Régions auront aussi un rôle à jouer, qu'il s'agisse de faciliter l'accès au crédit à celles et ceux qui éprouvent des difficultés, de favoriser la féminisation de certains métiers par le biais de formations, tutorats... ou encore de proposer aux demandeurs d'emplois qui s'inscrivent à une formation des renseignements sur l'auto-entrepreneuriat et les soutiens inhérents.

Quid des Communautés ? A elles de sensibiliser les élèves dès le plus jeune âge à l'esprit d'entreprise. A elles d'assurer un enseignement qui libère les enfants des stéréotypes de genre. A elles de favoriser les formations consacrées aux aspects de la création, de la gestion et de la prise de risque... A elles, enfin, d'appuyer sur cette nécessaire ouverture d'esprit tout au long des parcours scolaires, avec une attention plus particulière aux moments où les adolescent(e)s choisissent leur voie professionnelle.

Toutes ces idées, toutes ces mesures qui relèvent de la responsabilité d'acteurs publics comme privés, pourront, nous en sommes convaincues, favoriser davantage d'égalité dans l'entrepreneuriat et ce au bénéfice de tous.

C'est animées par cette volonté d'améliorer la situation que nous avons toutes deux cosigné la proposition de résolution que les groupes MR et Open VLD du Sénat ont déposée au Sénat, qui a été examinée en commission et sera votée en séance plénière le mardi 13 octobre. Ce texte propose moult solutions et pistes intéressantes. Gageons qu'il constituera une source d'inspiration pour nombre de décideurs.

Les Sénatrices Véronique DURENNE (MR) et Stéphanie D'HOSE (Open VLD)

Sans mauvais jeu de mots, tout n'est pas rose pour autant car les femmes ne constituaient que 34% de ce million d'indépendants... alors même qu'elles représentent la moitié de la population active. Au niveau des employeurs, les femmes occupaient un cinquième des postes. Et en matière de start-up, moins d'un septième des fondateurs étaient de sexe féminin.Pourquoi se focaliser sur ces pourcentages ? Tout d'abord parce, comme l'a souligné la Commission européenne dans son rapport "Entreprenariat 2020", les entrepreneuses recèlent un important potentiel inexploité, un moteur de croissance et un levier de compétitivité. Il existe une corrélation positive entre la performance économique d'une entreprise et le degré de mixité de son équipe dirigeante. Des études montrent que les jeunes entreprises créées par des femmes réalisent 12% de chiffre d'affaires en plus et ont 30% de chances en moins de faire faillite. Cet écart entre les sexes en matière d'entreprenariat coûte donc des emplois et de la croissance.Ensuite car ces différents chiffres témoignent du degré d'égalité entre les hommes et les femmes dans notre société et du travail qu'il reste à mener. Une cause à laquelle nous sommes très sensibles.La situation n'est pas idéale ; elle n'est pas désespérée pour autant, comme l'illustre le fait qu'entre 2007 et 2015, le taux de croissance du nombre de femmes indépendantes a été plus marqué que celui des hommes. L'exercice 2013-14 a, par exemple, été marqué par 8.920 femmes se lançant dans une activité d'indépendante contre 7.588 hommes. Une progression qui se doit d'être encouragée et amplifiée !Et c'est ce qu'a fait le gouvernement fédéral sortant. Citons, par exemple, le Plan en faveur de l'Entrepreneuriat féminin approuvé en 2016 qui prévoyait le passage du congé de maternité de huit à douze semaines pour les indépendantes mais aussi l'exemption du paiement des cotisations sociales pendant le trimestre suivant un accouchement. En 2017, le gouvernement fédéral a décidé de généraliser et de simplifier l'octroi des titres-services pour les mères indépendantes.Mais, ne nous voilons pas la face, il reste du pain sur la planche de tous les exécutifs du Royaume.Au niveau fédéral, il faudrait notamment que le gouvernement offre une information ainsi qu'une formation sur les possibilités existantes mais également qu'il soutienne les organismes pourvoyeurs d'accompagnements au démarrage d'une activité entrepreneuriale.D'autres idées ? Nous prônons la réalisation d'un cadastre de l'emploi féminin et, en fonction de celui-ci, la promotion de l'emploi dans les secteurs où sera constatée une carence en femmes. La promotion des horaires flexibles, du télétravail, des titres-services destinés à la garde d'enfants... permettrait de faciliter la conciliation entre les vies professionnelle et familiale.Les Régions auront aussi un rôle à jouer, qu'il s'agisse de faciliter l'accès au crédit à celles et ceux qui éprouvent des difficultés, de favoriser la féminisation de certains métiers par le biais de formations, tutorats... ou encore de proposer aux demandeurs d'emplois qui s'inscrivent à une formation des renseignements sur l'auto-entrepreneuriat et les soutiens inhérents.Quid des Communautés ? A elles de sensibiliser les élèves dès le plus jeune âge à l'esprit d'entreprise. A elles d'assurer un enseignement qui libère les enfants des stéréotypes de genre. A elles de favoriser les formations consacrées aux aspects de la création, de la gestion et de la prise de risque... A elles, enfin, d'appuyer sur cette nécessaire ouverture d'esprit tout au long des parcours scolaires, avec une attention plus particulière aux moments où les adolescent(e)s choisissent leur voie professionnelle.Toutes ces idées, toutes ces mesures qui relèvent de la responsabilité d'acteurs publics comme privés, pourront, nous en sommes convaincues, favoriser davantage d'égalité dans l'entrepreneuriat et ce au bénéfice de tous.C'est animées par cette volonté d'améliorer la situation que nous avons toutes deux cosigné la proposition de résolution que les groupes MR et Open VLD du Sénat ont déposée au Sénat, qui a été examinée en commission et sera votée en séance plénière le mardi 13 octobre. Ce texte propose moult solutions et pistes intéressantes. Gageons qu'il constituera une source d'inspiration pour nombre de décideurs.Les Sénatrices Véronique DURENNE (MR) et Stéphanie D'HOSE (Open VLD)