L'avocat de la Ville de Bruxelles et de Gial (asbl bruxelloise publique, en charge de son informatique) a demandé à ce que la direction de Proximus et celle de Ricoh soient interrogées dans le cadre de l'instruction ouverte pour soupçons de corruption chez Gial, fin 2016. Une plainte avait été déposée par la Ville. "Si c'est bien de corruption dont il est question, il me paraît logique d'entendre ceux qui sont soupçonnés de corruption active", a commenté Marc Uyttendaele. Interrogée par Le Vif/L'Express, Cindy Van Nuffel, porte-parole de Ricoh, a confirmé qu'un membre de la direction a été interrogé. Proximus indique que "certains membres du personnel ont été entendus dans le cadre d'une enqu...

L'avocat de la Ville de Bruxelles et de Gial (asbl bruxelloise publique, en charge de son informatique) a demandé à ce que la direction de Proximus et celle de Ricoh soient interrogées dans le cadre de l'instruction ouverte pour soupçons de corruption chez Gial, fin 2016. Une plainte avait été déposée par la Ville. "Si c'est bien de corruption dont il est question, il me paraît logique d'entendre ceux qui sont soupçonnés de corruption active", a commenté Marc Uyttendaele. Interrogée par Le Vif/L'Express, Cindy Van Nuffel, porte-parole de Ricoh, a confirmé qu'un membre de la direction a été interrogé. Proximus indique que "certains membres du personnel ont été entendus dans le cadre d'une enquête en relation avec Gial".En octobre 2016, l'alors directeur de Gial, Yves Vander Auwera, et le président du conseil d'administration, l'échevin socialiste bruxellois Mohamed Ouriaghli, sont invités à participer à un voyage d'études dans la Silicon Valley, aux Etats-Unis. Proximus prend en charge l'organisation du voyage, comme l'a confirmé au Vif/L'Express, en février dernier, son porte-parole. Les sociétés locales qui reçoivent les invités financent le vol (en classe économique), l'hébergement et les repas. Gial ne paie qu'un supplément pour un vol en classe supérieure et les visas des deux hommes, soit 1.030 euros. Quelques mois plus tôt, Proximus s'est porté candidat pour un marché de deux lots lancé par Gial, l'un d'une valeur de 1,2 million d'euros, l'autre de 400.000 euros. Proximus emporte le premier lot. Mais après plusieurs recours, l'ensemble du marché est attribué à Infradata par le conseil d'administration, le 18 octobre. La période de stand still (le délai durant lequel un recours peut être introduit par des concurrents évincés) s'achève le 15 novembre. Le marché est, dès lors, considéré comme clôturé à cette date. Le voyage dans la Silicon Valley intervient donc avant la fin de la procédure formelle. D'autant que les préparatifs ont été lancés dès juillet, comme l'a révélé Le Vif/L'Express à la mi-mars 2018. La loi interdit pourtant tout contact entre le pouvoir adjudicataire et les soumissionnaires au cours d'une procédure de passation de marché public, sauf pour vérifier des prix à première vue anormaux. En début d'année, Mohamed Ouriaghli avait indiqué "avoir été invité par Gial à ce voyage" et "n'avoir même pas été au courant que Proximus payait". Entre le 26 et le 29 mai 2016, Yves Vander Auwera avait participé à un autre voyage organisé par Proximus, à Majorque, selon nos informations. Au cours de ce séjour, baptisé Proximus Business Bike Trip, une seule séance de travail était prévue, deux journées étant consacrées à la pratique du vélo. Contactés par Le Vif/L'Express, ni Yves Vander Auwera ni son avocat n'ont donné suite. Proximus n'a pas souhaité faire de commentaire sur le sujet. Ces deux voyages sont à la source des soupçons de corruption sur lesquels enquête le juge Claise. L'ex-directeur de Gial a été auditionné. L'instruction devrait être clôturée dans les prochaines semaines. Yves Vander Auwera a encore participé, du 21 au 24 avril 2016, à un voyage à Deauville, à l'invitation de la firme de matériel informatique Ricoh. "En tant que sponsor principal des Rencontres au sommet de Deauville, nous avions le droit d'inviter plusieurs personnes, précise Ricoh. En 2016, M. Vander Auwera en faisait partie." Le 24 mai, Gial passait commande de matériel informatique à Ricoh pour 27.000 euros, selon les informations du Vif/L'Express.