Parmi les 35 000 personnes qui ont marché dans les rues de la capitale, dimanche 21 novembre, il y avait des représentants de l'extrême droite, des antivax, des anti-tout. Une poignée de casseurs, aussi. Des complotistes pour qui l'Etat aura tort quoi qu'il fasse, pour qui les médias mentent quoi qu'ils disent. Des gens qui revendiquaient "le retour des libertés", l'abolition du masque, le libre choix de la vaccination pour le personnel soignant, l'abolition du Covid safe ticket. Qui étaient contre la vaccination ...

Parmi les 35 000 personnes qui ont marché dans les rues de la capitale, dimanche 21 novembre, il y avait des représentants de l'extrême droite, des antivax, des anti-tout. Une poignée de casseurs, aussi. Des complotistes pour qui l'Etat aura tort quoi qu'il fasse, pour qui les médias mentent quoi qu'ils disent. Des gens qui revendiquaient "le retour des libertés", l'abolition du masque, le libre choix de la vaccination pour le personnel soignant, l'abolition du Covid safe ticket. Qui étaient contre la vaccination obligatoire pour tous ou contre celle des plus jeunes. Il y avait aussi des citoyens à bout face à une épidémie qui revient inlassablement avec ses chiffres inquiétants et son cortège de mesures sanitaires. Des hommes et des femmes qui, ne pouvant manifester leur colère contre un virus, la dirigent sur ses conséquences. Des personnes toujours en proie au doute et dont l'hésitation vaccinale se renforce avec la viralité de certains contenus propagés sur les réseaux sociaux. Certains des slogans entendus dimanche dernier plaçaient clairement l'individu et le "moi" au coeur des revendications, bien au-dessus des enjeux collectifs et de la solidarité. D'autres dissociaient complètement liberté et responsabilités. D'autres encore cristallisaient davantage une défiance globale envers l'autorité. Aussi disparates soient-elles, il faut pourtant entendre ces interpellations et les écouter. Pas pour donner raison à l'un ou à l'autre camp mais pour répondre aux craintes. Ostraciser les inquiets reviendrait à les perdre. Monter les vaccinés contre les non-vaccinés accentuerait la fracture sociale et attiserait une colère que la hausse des prix de l'énergie et la perte de pouvoir d'achat alimentent déjà par ailleurs. Or, la vaccination est un enjeu collectif. C'est l'équipe de onze millions qui doit plus que jamais être centrale, pas l'épidémie de non-vaccinés. Le discours actuel doit objectiver les propos par des faits, faire encore preuve de pédagogie, circonscrire les incendies. Reconnaître qu'effectivement, on apprend avec le virus. Concéder que la donne a changé avec le variant Delta. Expliquer qu'une troisième dose ne serait pas un échec de la campagne vaccinale mais son prolongement. Répéter que oui, la vaccination protège des formes les plus graves du coronavirus. Et le faire inlassablement pour espérer se faire entendre et être écouté.