Soyons honnêtes. Rares sont ceux qui n'ont pas, à un moment ou l'autre, tiré à boulets rouges sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement fédéral ou les entités fédérées. Une critique souvent cathartique pour exprimer le dépit, la frustration, la lassitude, la colère qui déferlent à intervalle régulier depuis le début de la pandémie. Cet exutoire permet surtout de digérer puis d'accepter que rien dans cette crise sans précédent n'est évident. Ni simple à gérer.
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Soyons honnêtes. Rares sont ceux qui n'ont pas, à un moment ou l'autre, tiré à boulets rouges sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement fédéral ou les entités fédérées. Une critique souvent cathartique pour exprimer le dépit, la frustration, la lassitude, la colère qui déferlent à intervalle régulier depuis le début de la pandémie. Cet exutoire permet surtout de digérer puis d'accepter que rien dans cette crise sans précédent n'est évident. Ni simple à gérer. Mais le spectacle de ces dernières semaines a eu de quoi faire bondir même les plus indulgents. Qui peut comprendre que le tour de vis le plus dur de trois Codeco consécutifs intervienne alors que les contaminations ralentissent? Quelle cohérence y a-t-il à imposer le port du masque dès 6 ans mais à ne fermer les classes des plus jeunes que dans deux semaines? Quelle logique voudrait qu'une jauge de deux cents personnes en intérieur soit totalement dissociée du volume d'un bâtiment? Même les experts sanitaires, pourtant conscients que leurs recommandations ne peuvent coïncider en permanence avec les impératifs politiques, sont sortis de leurs gonds face à ces annonces chaotiques. A notre tour de poser la question: combien de Codeco et de prises de position par presse ou réseaux sociaux interposés faudra-t-il encore avant que la gestion de la crise sanitaire ne s'inscrive dans une perspective de moyen, voire de long terme? Dans cette logique, ne faudrait-il pas faire aboutir ce fameux baromètre initié sous l'ère Wilmès et enterré sous le règne Vandenbroucke? Elaborée en fonction d'indicateurs multiples et pondérés, comme la situation épidémiologique et la capacité hospitalière bien sûr, mais aussi la santé mentale et les perspectives économiques, cette feuille de route offrirait à chacun davantage de lisibilité sur les mesures prises et leurs effets, et permettrait à tous de se situer dans et par rapport à cette pandémie. Cet outil de monitoring renforcerait de facto l'adhésion d'une population avide de cohérence et de constance des politiques menées. Plus question de devoir appliquer le samedi matin des mesures prises en urgence le vendredi à 16 heures. Mais un cadre, des seuils, des codes couleur, le tout identifiable et élaboré en concertation et en toute transparence. Alors oui, bien sûr, ce baromètre pourrait devoir être ajusté en fonction des inconnues que réserve la pandémie. C'est possible. Mais par rapport aux marchandages et incohérences de ces derniers temps, c'est certainement un moindre mal.