"Fin 2017, le terme écosocialisme apparaît pour la première fois dans les textes finaux d'un congrès du parti à Liège. Jusque-là, le PS, comme la plupart des partis socialistes en Europe, avait largement ignoré la question écologique, explique David Coppi, journaliste politique au Soir, alors que les socialistes avaient une longueur d'avance dans ce domaine ". Le concept de croissance durable, toujours au coeur de la pensée écologique aujourd'hui, a été inventé en 1987 par le Premier ministre norvégien Gro Harlem Brundtland...

"Fin 2017, le terme écosocialisme apparaît pour la première fois dans les textes finaux d'un congrès du parti à Liège. Jusque-là, le PS, comme la plupart des partis socialistes en Europe, avait largement ignoré la question écologique, explique David Coppi, journaliste politique au Soir, alors que les socialistes avaient une longueur d'avance dans ce domaine ". Le concept de croissance durable, toujours au coeur de la pensée écologique aujourd'hui, a été inventé en 1987 par le Premier ministre norvégien Gro Harlem Brundtland. En d'autres termes, c'était dans la famille. Mais pendant très longtemps, le PS a adhéré à une forme de productivisme : "autant de croissance économique que possible afin de pouvoir redistribuer autant que possible."Est-il vraiment question d'une correction idéologique et d'un tournant fondamental, comme le dit Elio Di Rupo? Ou bien l'écosocialisme de Di Rupo est-il une question d'opportunisme politique, à présent que le thème du climat domine l'agenda et que les partis verts ont le vent en poupe? "C'est un peu des deux", dit Coppi. Di Rupo a compris que son parti doit prendre au sérieux les préoccupations climatiques des citoyens s'il veut rester compétitif sur le plan électoral. Avec l'écosocialisme, le PS peut aussi se positionner comme l'opposé du lobby nucléaire et de l'écoréalisme de la N-VA en Flandre."Mais selon Coppi, outre le calcul politique, il s'agit aussi, selon lui, d'une véritable conviction. "L'écosocialisme signifie qu'il faut mener une politique climatique sans perdre de vue la dimension sociale et les intérêts des salariés. Le mérite de Di Rupo, c'est qu'il met le doigt sur le point sensible : qui paiera pour la transition vers une société sans carbone ?" Dans une interview au Soir, Di Rupo a appelé tous les chefs d'entreprise qui ont signé la pétition Sign for My Future à joindre le geste à la parole et à verser 5% de leurs profits à un fonds pour le climat.Reste à voir si ici aussi les électeurs ne préféreront pas l'original (Ecolo) à la copie. "Peut-être", dit Coppi,"mais le fait que les grands partis politiques écologisent leur message et ne s'en tiennent pas aux idées du passé est légitime et souhaitable."Âgé de 67 ans, Di Rupo est-il la personne idéale pour incarner un nouveau socialisme respectueux de l'environnement ? "Di Rupo a une énorme capacité d'adaptation", dit Coppi. "En effet, ce n'est ni un très jeune homme, ni un militant de la première heure pour le climat. Mais si des personnalités structurantes de l'entreprise politique belge comme Di Rupo prennent position, cela donne un poids politique supplémentaire à l'ensemble du débat climatique."