Le pacte scolaire fut, à l'inverse, un acte d'intelligence et de pragmatisme remarquable.

Les années cinquante restent dans nos pages d'histoire marquées par une guerre scolaire violente. Les défenseurs de l'enseignement catholique se révoltèrent contre la loi Collard, du nom du ministre socialiste qui se voulait le héros et le héraut de l'enseignement public.

Le 29 mai 1959, la loi dite du pacte scolaire mit un terme, qu'on croyait définitif, à cette guerre qui avait commencé au XIXè siècle. Le pacte scolaire avait été conclu entre les familles politiques qui furent, dans la suite des événements, appelées traditionnelles : les démocrates chrétiens, les socialistes et les libéraux.

Un pacte est l'aboutissement d'une négociation. Tous les accords négociés ne purent trouver leur place dans la loi. Il fut convenu qu'une commission nationale, composée de parlementaires, des ministres responsables de l'éducation et de leurs chefs de cabinet, veillerait à l'exécution des accords du pacte.

Ce fut le début d'une ère de prospérité pour l'éducation nationale. Pendant les Golden Sixties, s'amorça une des plus belles conquêtes de l'après-guerre : la démocratisation de l'enseignement secondaire. On y mit les moyens.. .

Dans cette commission, chacune des familles signataires disposait d'un droit de veto à l'égard des projets ou propositions de lois qui lui étaient soumis ou dont elle exigeait la mise en délibération. C'est ainsi que le projet de loi prolongeant l'obligation scolaire jusqu'à 18 ans, porté par une majorité chrétienne-libérale, fut d'abord négocié longuement en commission du pacte avant d'être examiné et voté au parlement en juin 1983.

La commission était nationale.

Elle aurait pu être communautarisée quand la révision de la Constitution confia l'enseignement aux Communautés. Le PSC préféra donner une base constitutionnelle à l'égalité et ce fut l'article 24.4 de la Constitution révisée : élèves, étudiants, parents, membres du personnel, établissements sont égaux devant la loi ou le décret. Et comme toujours, le diable se cache dans les détails. L'article se termine en précisant que le décret prendra en compte les différences objectives, notamment les caractéristiques propres à chaque pouvoir organisateur, qui justifient un traitement approprié.

Le ministre Daerden tire argument de cette prise en compte constitutionnelle pour justifier une attention particulière pour les bâtiments où la Communauté organise son propre enseignement. Le Secrétariat général de l'enseignement catholique réclame, quant à lui, une égalité inconditionnelle.

Il manque manifestement une instance de négociation où les livres de comptes pourraient s'ouvrir et révéler les véritables ressources des uns et des autres et, en même temps, les limites de l'intervention des finances publiques.

Il suffit d'un peu de mémoire pour rendre vie à une instance de contact de même nature.

L'école est en souffrance à un moment où l'endettement de la Communauté, des régions wallonne et bruxelloise, de l'Etat fédéral conduit nombre d'observateurs à redouter qu'une poussée de l'inflation ne tire les taux d'intérêt vers le haut, à terme de trois ou quatre ans, quand les transferts budgétaires nord-sud réduiront les moyens assignés à l'enseignement.

Il est temps de montrer la même sagesse que les signataires du Pacte scolaire et de sortir de la concurrence artificiellement attisée entre les réseaux

La solution réside dans la synergie des établissements scolaires. Les directions peuvent s'entendre pour multiplier les offres d'enseignement en se spécialisant, dans la même zone, dans des disciplines où leurs écoles peuvent prétendre à l'excellence. Telle école offre le néerlandais en immersion, telle autre fait de même en anglais. On peut multiplier les exemples. Pour réussir, il faudra donner aux directions la confiance nécessaire pour qu'elles tirent le plus grand profit de cette responsabilité nouvelle.

Le pacte scolaire fut, à l'inverse, un acte d'intelligence et de pragmatisme remarquable.Les années cinquante restent dans nos pages d'histoire marquées par une guerre scolaire violente. Les défenseurs de l'enseignement catholique se révoltèrent contre la loi Collard, du nom du ministre socialiste qui se voulait le héros et le héraut de l'enseignement public. Le 29 mai 1959, la loi dite du pacte scolaire mit un terme, qu'on croyait définitif, à cette guerre qui avait commencé au XIXè siècle. Le pacte scolaire avait été conclu entre les familles politiques qui furent, dans la suite des événements, appelées traditionnelles : les démocrates chrétiens, les socialistes et les libéraux. Un pacte est l'aboutissement d'une négociation. Tous les accords négociés ne purent trouver leur place dans la loi. Il fut convenu qu'une commission nationale, composée de parlementaires, des ministres responsables de l'éducation et de leurs chefs de cabinet, veillerait à l'exécution des accords du pacte. Ce fut le début d'une ère de prospérité pour l'éducation nationale. Pendant les Golden Sixties, s'amorça une des plus belles conquêtes de l'après-guerre : la démocratisation de l'enseignement secondaire. On y mit les moyens.. .Dans cette commission, chacune des familles signataires disposait d'un droit de veto à l'égard des projets ou propositions de lois qui lui étaient soumis ou dont elle exigeait la mise en délibération. C'est ainsi que le projet de loi prolongeant l'obligation scolaire jusqu'à 18 ans, porté par une majorité chrétienne-libérale, fut d'abord négocié longuement en commission du pacte avant d'être examiné et voté au parlement en juin 1983.La commission était nationale. Elle aurait pu être communautarisée quand la révision de la Constitution confia l'enseignement aux Communautés. Le PSC préféra donner une base constitutionnelle à l'égalité et ce fut l'article 24.4 de la Constitution révisée : élèves, étudiants, parents, membres du personnel, établissements sont égaux devant la loi ou le décret. Et comme toujours, le diable se cache dans les détails. L'article se termine en précisant que le décret prendra en compte les différences objectives, notamment les caractéristiques propres à chaque pouvoir organisateur, qui justifient un traitement approprié.Le ministre Daerden tire argument de cette prise en compte constitutionnelle pour justifier une attention particulière pour les bâtiments où la Communauté organise son propre enseignement. Le Secrétariat général de l'enseignement catholique réclame, quant à lui, une égalité inconditionnelle.Il manque manifestement une instance de négociation où les livres de comptes pourraient s'ouvrir et révéler les véritables ressources des uns et des autres et, en même temps, les limites de l'intervention des finances publiques. Il suffit d'un peu de mémoire pour rendre vie à une instance de contact de même nature.L'école est en souffrance à un moment où l'endettement de la Communauté, des régions wallonne et bruxelloise, de l'Etat fédéral conduit nombre d'observateurs à redouter qu'une poussée de l'inflation ne tire les taux d'intérêt vers le haut, à terme de trois ou quatre ans, quand les transferts budgétaires nord-sud réduiront les moyens assignés à l'enseignement.Il est temps de montrer la même sagesse que les signataires du Pacte scolaire et de sortir de la concurrence artificiellement attisée entre les réseaux La solution réside dans la synergie des établissements scolaires. Les directions peuvent s'entendre pour multiplier les offres d'enseignement en se spécialisant, dans la même zone, dans des disciplines où leurs écoles peuvent prétendre à l'excellence. Telle école offre le néerlandais en immersion, telle autre fait de même en anglais. On peut multiplier les exemples. Pour réussir, il faudra donner aux directions la confiance nécessaire pour qu'elles tirent le plus grand profit de cette responsabilité nouvelle.