Georges-Louis Bouchez, président du MR, aime qu'on parle de lui. En bien ou en mal, cela permet toujours de soigner sa notoriété. Avec son style hors-norme et son ego puissant, le jeune numéro un libéral suscite forcément bien des critiques, quand ce ne sont pas des expressions haineuses. Ce faisant, il ne déroge pas à un personnel politique de plus en plus contesté sur des réseaux sociaux qui s'érigent souvent en tribunaux.
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Georges-Louis Bouchez, président du MR, aime qu'on parle de lui. En bien ou en mal, cela permet toujours de soigner sa notoriété. Avec son style hors-norme et son ego puissant, le jeune numéro un libéral suscite forcément bien des critiques, quand ce ne sont pas des expressions haineuses. Ce faisant, il ne déroge pas à un personnel politique de plus en plus contesté sur des réseaux sociaux qui s'érigent souvent en tribunaux.Dans la vidéo qu'il vient de publier sur Twitter et Facebook, le Montois s'improvise comédien pour un exercice d'autodérision avec son portable en main et des messages qui défilent. Le titre est bien trouvé: "The social nightMR". L'un après l'autre, Bouchez lit des messages reçus et les contourne à sa façon. "Postuler aux prochaines miss Belgique": "cela se tente" sourit-il soudain affublé d'une perruque. Il s'amuse quand on le traite de "el Tom Cruise du Borinage" ou quand on se moque de sa "montre de beauf". Tout cela n'est pas dénué de messages politico-personnels, évidemment, comme quand il place que son origine sociale ne se trouve pas dans les golfs de Waterloo mais plutôt "pas loin des maisons du peuple de Quaregnon ou de Colfontaine".C'est une façon forte de répondre aux critiques souvent déplacées ou rageuses. Le tout est à la fois franchement sympa avec ses rires spontanés, un rien donneur de leçons quand il se moque d'idées confuses et , aussi, teinté d'une volonté indéniable de séduire. Le débat a lieu sur les réseaux quant à savoir si l'expression est originale ou déjà vue, mais politiquement, c'est bien joué.Les réactions sont nombreuses, les commentaires légions et le président du MR, dans la poursuite de son autodérision, les relaie abondamment. "Probablement l'homme politique belge qui comprend (et utilise) le mieux les codes du marketing digital moderne... vidéo qui va vite devenir virale...", commente notre collègue Christophe Charlot de Trends. Nombreux sont ceux qui louent son autodérision ou qui saluent les vertus d'une telle réaction à l'heure où ils sont nombreux à quitter les réseaux sociaux, précisément en raison de l'agressivité dont ils sont l'objet.Le phénomène du harcèlement sur les réseaux sociaux est devenu extrêmement préoccupant et de nombreuses femmes en ont fait l'objet ces derniers mois - certaines, il est vrai, avec des expressions autrement plus violentes. La chambre des mises en accusation de Bruxelles a d'ailleurs récemment décidé d'un renvoi en correctionnelle d'un homme qui avait harcelé la romancière Myriam Leroy sur les réseaux.Lire aussi: Le harceleur de Myriam Leroy renvoyé devant le tribunal correctionnelRajae Maouane, coprésidente d'Ecolo, avait elle aussi publié une vidéo pour dénoncer ses harceleurs, en juin dernier. "Je ne me tairai pas au nom de toutes les personnes qui reçoivent également ce genre de message et qui ne sont pas entendues!", soulignait-elle. Le ton était davantage celui d'un cri du coeur, face à des messages haineux, racistes ou sexistes. Quel que soit le style adopté, l'interpellation est la même: il s'agit de renvoyer leur haine à ceux qui l'expriment facilement derrière un petit écran.