Cela fait un peu cher le livre culinaire, s'est ému un député Open VLD. Et depuis que ledit élu, Maurits Vande Reyde, a mis les pieds dans le plat, la " kook-app " alimente les conversations. Les réseaux sociaux, ce baromètre de l'usage raisonné des précieux euros flamands, goûtent assez peu cette dépense, tandis que la Flandre qui philosophe et commente dans la presse ce qui fait débat soulève une question existentielle : appartient-il à la puissance publique de faire la guerre à la tambouille à coups de recettes alors que le créneau est bien encomb...

Cela fait un peu cher le livre culinaire, s'est ému un député Open VLD. Et depuis que ledit élu, Maurits Vande Reyde, a mis les pieds dans le plat, la " kook-app " alimente les conversations. Les réseaux sociaux, ce baromètre de l'usage raisonné des précieux euros flamands, goûtent assez peu cette dépense, tandis que la Flandre qui philosophe et commente dans la presse ce qui fait débat soulève une question existentielle : appartient-il à la puissance publique de faire la guerre à la tambouille à coups de recettes alors que le créneau est bien encombré ? Le contribuable flamand ne (se) paie-t-il pas déjà une émission quotidienne vouée à la lutte contre la malbouffe, sur la chaîne de service public VRT ? Bref, le retour sur investissement public ne sauterait pas aux yeux. Celui qui déguste dans cette histoire, c'est Wouter Beke. Dans l'espace francophone, on l'avait un peu perdu de vue depuis qu'il a quitté la présidence du CD&V et les parages de la rue de la Loi, à Bruxelles, pour se replier en terre flamande où il officie comme ministre du Bien-être et de la Santé publique. A ce titre, c'est lui qui s'y colle pour endosser la responsabilité politique de la plateforme " Zeker gezond " mise en chantier par son prédécesseur. Et c'est lui qui essuie sarcasmes et remarques désobligeantes. " Beste Wouter, vous appartenez à l'avant-garde politique du xxie siècle. Comme vous n'avez plus aucune emprise sur les grandes questions - climat, pauvreté, mobilité, migration -, vous vous concentrez sur le "micropolitique" et vous vous mêlez des détails de notre vie privée ", raille Joël De Ceulaer, chroniqueur au Morgen. Et de suggérer au ministre démocrate-chrétien de se lancer dans la multiplication, non pas des pains, mais des applis : pour la méditation, pour un Kama-sutra 2.0, et même une appli-suicide avec tuyaux à la clé pour une mort efficace et indolore. Le prometteur Wouter, à qui on prédisait un destin de Premier ministre, aggrave son cas. Sous sa casquette de ministre du Bien-être et de la Famille, il s'est jusqu'ici distingué par un souci d'économies qui lui vaut d'être taxé, pêle-mêle, de manque de courage et d'empathie et de communication maladroite. " Snoeien om te bloeien ", " tailler pour fleurir ", professe l'intéressé. Mais la façon dont il s'en est pris aux services de prévention des drogues et du suicide a fort choqué et l'a obligé à lever le pied en épargnant la ligne d'écoute antisuicide. Ou comment se mettre à dos le secteur du bien-être, " dernier réservoir électoral du CD&V ", relève Rik Van Cauwelaert, éditorialiste au Tijd. Celui qui n'a pu empêcher son parti de toucher le fond lors des dernières élections serait en train de lui concocter un de ces cocktails capables de mettre un terme à ses souffrances. Définitivement.