L'amiral Hofman a été investi au cours d'une cérémonie militaire présidée par le ministre de la Défense, Philippe Goffin, à l'Ecole royale militaire (ERM) à Bruxelles, devant un parterre réduit de personnalités - dont trois anciens ministres, André Flahaut, Pieter De Crem et Didier Reynders -, dans le respect des mesures de distanciation sociale imposée par la pandémie de coronavirus.

Cet officier de 59 ans avait été désigné le 30 juin par le gouvernement pour devenir chef de la Défense (Chod) à compter de ce vendredi.

Le général Compernol, 63 ans, a une dernière fois passé les troupes en revue avant de remettre son commandement à la tête de l'armée à son successeur. Il a associé ses petits-enfants à son départ et n'a pas pu cacher son émotion, en s'exprimant avec la gorge nouée, au moment de mettre fin à une carrière militaire de 45 ans, précédée par trois ans d'études à l'Ecole des Cadets, alors installée à Laeken et aujourd'hui disparue.

M. Goffin, qui a hérité du portefeuille de la Défense le 30 novembre dernier, a salué la carrière du "patron" sortant de la Défense qui a occupé une quinzaine de fonction différentes au sein de la hiérarchie militaire. Il a aussi réussi, au cours des quatre ans de son mandat de Chod, à faire approuver par le pouvoir politique d'importants achats de matériels militaires.

Ce que le général Compernol qualifie volontiers de "Big Four" -, en référence aux contrats d'achat conclus pour 34 nouveaux avions de combat américains F-35, quatre drones MQ-9B SkyGuardian, 442 blindés à roues (382 engins 6x6 Griffon et 60 véhicules de reconnaissance et de combat Jaguar) et six nouveaux navires de lutte contre les mines en coopération avec les Pays-Bas, pour un montant de plus de sept milliards d'euros.

"Cela a été quatre années intenses pour vous", a souligné le ministre, en rappelant qu'il avait "tous les jours travaillé à l'avenir de la Défense" et "tous les jours prouvé à nouveau que la Défense était nécessaire" pour assurer la sécurité du pays, que ce soit lors d'opérations de paix à l'étranger ou à domicile, avec le renfort fourni à la police fédérale depuis cinq ans et demi sous l'appellation d'opération "Vigilant Guardian" (OVG).

L'amiral Hofman, un natif d'Ostende où il habite toujours après avoir fait toutes ses études en français à Bruxelles - ce qui lui vaut d'être estampillé comme francophone après deux Chod néerlandophones - est désormais chargé de piloter durant quatre ans la "transformation" qui s'annonce pour les Forces armées, confrontées à de nombreux défis, comme le rajeunissement du personnel et la mise en service simultanée de ces nouveaux systèmes d'armes.

Tant M. Goffin que l'amiral Hofman ont souligné que le recrutement de milliers de militaires - quelque 10.000 d'entre eux, appartenant à la génération des baby-boomers", les personnes nées entre 1946 et 1964, partiront à la retraite - représente le principal défi pour l'armée dans les prochaines années.

Michel Hofman, un marin à la riche expérience opérationnelle, à la tête des Forces armées

L'amiral Michel Hofman, 59 ans, un francophone habitant Ostende qui a été investi vendredi comme nouveau chef de la Défense (Chod), combine une riche expérience à bord de différents types de bâtiments et lors de plusieurs opérations navales et une très bonne connaissance de la structure des Forces armées, dont il était depuis trois ans le "numéro deux".

Né à Ostende en 1961, le vice-amiral Michel Hofman termine ses humanités à l'Ecole royale des cadets et rejoint en 1978 l'Ecole royale militaire (ERM) comme candidat officier de Marine au sein de la 118e promotion "toutes armes.

Comme jeune officier, il occupe différentes fonctions à bord de navires de lutte contre les mines et assume en 1985 le commandement du dragueur de mines de petits fonds M477 Oudenaarde. Après sa formation aux Pays-Bas, il entame en 1987 une première période à bord des frégates de la classe E-71 Wielingen comme officier opérations et navigateur qui se conclut en février 1991 à l'issue de son déploiement dans la région du Golfe persique lors des opérations Desert Shield et Desert Storm - qui ont conduit à la libération du Koweït après son annexion par le dictateur irakien Saddam Hussein.

Il poursuit sa carrière opérationnelle entre 1991 et 1997, d'abord à terre comme instructeur et commandant à l'Ecole des opérations à Bruges Sainte-Croix, ensuite à bord où il assume et exerce successivement le commandement du chasseur de mines tripartite (CMT) M917 Crocus, la fonction de commandant en second à bord de la frégate F911 Westdiep et la fonction d'officier chargé des opérations au sein de l'état-major du commandant de l'escadre permanente de l'Otan en Atlantique (Stanavforlant), prédécesseur de l'actuelle escadre SNMG1. A l'automne 1997, il est affecté à l'état-major personnel du chef de la Défense de l'époque, le vice-amiral Willy Herteleer.

Il y contribue entre autres aux travaux du groupe de travail "Vision 2015" mandaté pour développer une vision stratégique pour la Défense belge. Après l'obtention de son brevet d'état-major au collège Interarmées de Défense (CID) de Paris en 2000, il prend le commandement de la frégate Westdiep. Il est déployé en Méditerranée pour participer à l'opération Active Endeavour lancée par l'Otan après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis (à New York et Washington). En 2002 il rejoint l'escadre belgo-néerlandaise pour y exercer la fonction de chef d'état-major et devient en janvier 2004 adjoint opérations au commandement de la composante Marine ainsi qu'adjoint au chef des opérations dans la structure Amiral Benelux, un état-major intégré belgo-néerlandais installé à Den Helder (nord-ouest des Pays-Bas).

Après un dernier court commandement à la mer lors de la vente de la frégate F912 Wandelaar à la marine bulgare, il rejoint en 2006 la direction de la division opérations au sein du département opérations et entraînement (Ops&Trg) de l'état-major de la Défense. Sa dernière affectation embarquée se déroule fin 2010 dans la fonction d'adjoint au commandant de la Force européenne déployée au large des côtes de la Somalie dans le cadre de la lutte contre la piraterie. A l'issue de ce déploiement, il est désigné commandant de la composante Marine et adjoint à l'amiral Benelux - qui est toujours, depuis 1996, un officier néerlandais.

Il remet le commandement de la Marine le 6 mai 2015 pour retourner au département Ops&Trg de l'état-major de la Défense, d'abord en tant qu'adjoint opérations, puis comme chef d'état-major adjoint chargé des opérations et de l'entraînement.

Michel Hofman est promu vice-amiral le 26 juin 2016. Il assume la fonction de vice-chef de la Défense depuis juillet 2017.

Il vit à Ostende et partage ses loisirs, principalement sportifs et culturels, avec sa famille et ses amis, précise sa notice biographique diffusée par le ministère de la Défense.

L'amiral Hofman a été investi au cours d'une cérémonie militaire présidée par le ministre de la Défense, Philippe Goffin, à l'Ecole royale militaire (ERM) à Bruxelles, devant un parterre réduit de personnalités - dont trois anciens ministres, André Flahaut, Pieter De Crem et Didier Reynders -, dans le respect des mesures de distanciation sociale imposée par la pandémie de coronavirus. Cet officier de 59 ans avait été désigné le 30 juin par le gouvernement pour devenir chef de la Défense (Chod) à compter de ce vendredi. Le général Compernol, 63 ans, a une dernière fois passé les troupes en revue avant de remettre son commandement à la tête de l'armée à son successeur. Il a associé ses petits-enfants à son départ et n'a pas pu cacher son émotion, en s'exprimant avec la gorge nouée, au moment de mettre fin à une carrière militaire de 45 ans, précédée par trois ans d'études à l'Ecole des Cadets, alors installée à Laeken et aujourd'hui disparue. M. Goffin, qui a hérité du portefeuille de la Défense le 30 novembre dernier, a salué la carrière du "patron" sortant de la Défense qui a occupé une quinzaine de fonction différentes au sein de la hiérarchie militaire. Il a aussi réussi, au cours des quatre ans de son mandat de Chod, à faire approuver par le pouvoir politique d'importants achats de matériels militaires. Ce que le général Compernol qualifie volontiers de "Big Four" -, en référence aux contrats d'achat conclus pour 34 nouveaux avions de combat américains F-35, quatre drones MQ-9B SkyGuardian, 442 blindés à roues (382 engins 6x6 Griffon et 60 véhicules de reconnaissance et de combat Jaguar) et six nouveaux navires de lutte contre les mines en coopération avec les Pays-Bas, pour un montant de plus de sept milliards d'euros. "Cela a été quatre années intenses pour vous", a souligné le ministre, en rappelant qu'il avait "tous les jours travaillé à l'avenir de la Défense" et "tous les jours prouvé à nouveau que la Défense était nécessaire" pour assurer la sécurité du pays, que ce soit lors d'opérations de paix à l'étranger ou à domicile, avec le renfort fourni à la police fédérale depuis cinq ans et demi sous l'appellation d'opération "Vigilant Guardian" (OVG). L'amiral Hofman, un natif d'Ostende où il habite toujours après avoir fait toutes ses études en français à Bruxelles - ce qui lui vaut d'être estampillé comme francophone après deux Chod néerlandophones - est désormais chargé de piloter durant quatre ans la "transformation" qui s'annonce pour les Forces armées, confrontées à de nombreux défis, comme le rajeunissement du personnel et la mise en service simultanée de ces nouveaux systèmes d'armes. Tant M. Goffin que l'amiral Hofman ont souligné que le recrutement de milliers de militaires - quelque 10.000 d'entre eux, appartenant à la génération des baby-boomers", les personnes nées entre 1946 et 1964, partiront à la retraite - représente le principal défi pour l'armée dans les prochaines années.