Dans les heures qui ont suivi le dessaisissement de Jean-Marc Connerotte par la Cour de cassation, en 1996, le président du tribunal de 1re instance de Neufchâteau, Francis Moinet, lui a demandé de prendre le relais, se souvient celui qui fêtera ses 66 ans en novembre. "J'ai pris un jour de congé pour réfléchir. J'avais 42 ans, six semaines d'expérience à l'instruction. J'ai dit que j'acceptais ce défi!"

"Je ne regrette rien de la façon dont on a travaillé. J'ai été entouré d'enquêteurs de grande qualité". Lors du procès d'assises à Arlon, "j'ai témoigné pendant une semaine entière, ensuite pendant trois jours sous un feu nourri de questions, pas toujours amicales. Et j'ai pu conclure que 'nous étions allés au fond des choses'".

Le juge Langlois confie encore avoir reçu "quantité" de lettres anonymes d'injures et d'invectives, mais également de soutien. "MM. Bourlet et Connerotte avaient bénéficié de mesures de sécurité comme une voiture blindée, un système d'alarme, moi je n'ai pas voulu de tout cela. J'ai préféré continuer à vivre normalement."

Le magistrat gaumais se dit enfin "inquiet" de l'évolution de la Justice et principalement de l'évolution du statut du juge d'instruction, considérant que le système actuel, avec chambre du conseil ou chambre des mises en accusation, constitue un bon "garde-fou", et "qu'il serait hasardeux" de le jeter aux oubliettes.