La Région bruxelloise, sous l'impulsion d'Ecolo, entend protéger l'environnement, préserver la biodiversité et privilégier les circuits courts pour nourrir sa population. Le ministre écologiste Alain Maron, en charge de la Transition climatique, a livré ce lundi matin à LN24 les pistes centrales de cette politique qui sera discutée à partir de cette semaine au parlement. "Nous avons obtenu des investissements conséquents pour faire face aux enjeux environnementaux, climatiques et liés à la biodiversité", souligne-t-il. 400 millions d'euros sont prévus à cet effet, notamment pour soutenir un plan d'isolation des bâtiments publics et privés.
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La Région bruxelloise, sous l'impulsion d'Ecolo, entend protéger l'environnement, préserver la biodiversité et privilégier les circuits courts pour nourrir sa population. Le ministre écologiste Alain Maron, en charge de la Transition climatique, a livré ce lundi matin à LN24 les pistes centrales de cette politique qui sera discutée à partir de cette semaine au parlement. "Nous avons obtenu des investissements conséquents pour faire face aux enjeux environnementaux, climatiques et liés à la biodiversité", souligne-t-il. 400 millions d'euros sont prévus à cet effet, notamment pour soutenir un plan d'isolation des bâtiments publics et privés.Alain Maron a toutefois lancé un débat en évoquant le volet 'agriculture urbain' de ce plan en faveur de l'environnement. "Un tiers de la nourriture (consommée par les Bruxellois) peut être produite à Bruxelles et dans l'hinterland, souligne le ministre Ecolo. Il y a des terres agricoles disponibles dans les Brabant. Nous allons acquérir des terrains dans les mois et les années qui viennent pour assurer la biodiversité, mais aussi pour développer des terres à vocation agricole." L'idée consiste à développer des circuits courts. "Je ne le ferai pas moi-même avec mon matériel agricole, ni mon administratio", sourit-il. Des agriculteurs se verraient confié la tâche de cultiver ces terres pour approvisionner les marchés bruxellois.L'initiative susciter l'ironie des libéraux bruxellois, dans l'opposition. "On entre dans l'économie planifiée?, interroge la cheffe de groupe MR au parlement bruxellois, Alexia Bertrand. Dans la situation actuelle, ce n'est pas le rôle de l'Etat." D'autres libéraux se demandent si "c'est une blague" ou estiment que "le gouvernement PS-Ecolo-Defi entraîne Bruxelles dans une logique de Cité-Etat digne du Moyen-âge". Les première annonces faites par le ministre de cultiver du blé sur les allées centrales de certaines avenues bruxelloises avait déjà suscité des remarques ironiques de leur part.Le projet exaspère aussi les autres Régions.Willy Borsus (MR), ministre wallon de l'Agriculture, se dit "stupéfait". "Les terres agricoles sont déjà extrêmement couteuses et l'accès à la terre est très compliqué en Wallonie, dit-il. Qu'une Région vienne annoncer avoir une politique d'achat agricole va augmenter cette pression au détriment des éleveurs, des cultivateurs et des maraichers. L'absence totale de concertation de la Région de Bruxelles-capitale avec la Région wallonne est un vrai problème, déjà constaté avec le dossier du péage urbain."Willy Borsus ajoute: "La Région wallonne a une action très offensive de soutien à l'agriculture, à la diversification agricole, à l'installation des jeunes, au déploiement du maraichage. La Région bruxelloise débarque comme un cheveu dans la soupe dans cette action de long terme, structurée et concertée. Si je ne m'abuse, la dernière idée d'Alain Maron était de cultiver des céréales sur les boulevards bruxellois..." Conclusion: "Je suis disponible pour réagir et agir en la matière mais de façon sérieuse, en concertation avec les secteurs concernés, avec les filières alimentaires et sans le faire au détriment des entreprises qui ont développé des initiatives privées pertinente".Cette fois, le projet revête en outre une autre dimension qui irrite au nord du pays. Theo Francken (N-VA), député et bourgmestre de la commune de Lubbeek, s'étrangle: "Mais enfin, les Verts ne peuvent pas faire les choses normalement? Dans quel siècle vivent-ils?". Les nationalistes flamands ne sont, il est vrai, pas les plus grands défenseurs de la cause climatique. L'initiative du gouvernement bruxellois réveille, qui plus est, la crainte de la "tâche d'huile francophon" en périphérie bruxelloise et la volonté implicite d'élargir les frontières bruxelloises. C'est désormais une tâche verte teintée d'accents bourgeois bohêmes: tout ce qu'il faut pour irriter les conservateurs de Bart De Wever.