Vingt ans plus tard, dans un interview accordé à RTL, le juge déclarera toutefois : "Je ne devais pas y aller. Si c'était à refaire je n'y aurais jamais été évidemment".
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Vingt ans plus tard, dans un interview accordé à RTL, le juge déclarera toutefois : "Je ne devais pas y aller. Si c'était à refaire je n'y aurais jamais été évidemment".Ce dessaisissement par la Cour de cassation, suite à une requête en suspicion légitime introduite par Julien Pierre au nom de son client, avait provoqué un tollé dans l'opinion. Messages d'insultes sur le répondeur téléphonique de l'avocat liégeois, des milliers de spaghetti déversés dans l'entrée de son immeuble, sa fille agressée... A l'époque, Me Pierre, commis d'office, nous avait confié sa colère vis-à-vis de "cette opinion publique-là"."J'ai reçu des dizaines de messages du genre : mettez votre famille sous protection. On va violer vos enfants. Cette opinion publique-là, je la trouve extrêmement voisine de Marc Dutroux. Et, à l'égard de cette opinion publique-là, je suis impitoyable. Un juge d'instruction doit, en toutes circonstances, apparaître comme parfaitement impartial."Et Julien Pierre de redoubler de colère : "Est-ce que je la vois, cette opinion publique-là, monter aux barricades pour qu'on foute à la porte ces gendarmes qui ont bâclé leur travail, qui ont, à trois reprises au moins, été là où on a retrouvé Julie et Mélissa ?"A l'initiative du parquet général de Liège, Julien Pierre avait obtenu une protection spéciale pour sa famille. Après l'arrêt de dessaisissement, rendu à Bruxelles, Julien Pierre avait quitté la salle d'audience, entouré par six gendarmes. "J'étais devenu l'accusé, nous confia-t-il encore, mais rien ne m'ébranlera. Je reçois aussi un extraordinaire courrier d'encouragement. J'ai agi comme le médecin de la prison d'Arlon qui soigne Dutroux et comme l'aumônier qui l'accompagne".