Pour le parcours traditionnel, il faudra repasser. Parce que si Jonathan Zaccaï a bien commencé par de petits rôles sur les planches, son début de carrière est aussi passé par la pub. Dans les années 1990, le Bruxellois se fait ainsi les dents sur une campagne Citroën dans laquelle il passe son temps à insulter la marque, déguisé en punk. "Je calculais quand même mon coup pour ne pas être grillé", se marre-t-il, actuellement en tournage dans le sud de la France. "Je n'ai par exemple accepté une pub pour de la soupe qu'une fois m' être assuré qu'elle ne serait diffusée qu'en Suisse."
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Pour le parcours traditionnel, il faudra repasser. Parce que si Jonathan Zaccaï a bien commencé par de petits rôles sur les planches, son début de carrière est aussi passé par la pub. Dans les années 1990, le Bruxellois se fait ainsi les dents sur une campagne Citroën dans laquelle il passe son temps à insulter la marque, déguisé en punk. "Je calculais quand même mon coup pour ne pas être grillé", se marre-t-il, actuellement en tournage dans le sud de la France. "Je n'ai par exemple accepté une pub pour de la soupe qu'une fois m' être assuré qu'elle ne serait diffusée qu'en Suisse."La carrière de Jonathan Zaccaï prend un tournant l'année de ses 30 ans, grâce au film Petite chérie, sélectionné à Cannes, et surtout Reines d'un jour, avec Karin Viard et Jane Birkin, qui lui met le pied à l'étrier dans le cinéma français. Rapidement, l'acteur se prend à camper des personnages troubles, comme cet agent immobilier véreux dans De battre mon coeur s'est arrêté (2005) ou cet informaticien meurtrier dans La Chambre des morts (2007). "C'est toujours sympa de jouer le méchant, de s'approcher des âmes plus sombres, de les comprendre", glisse-t-il. Alors que s'enchaînent les tournages de séries et de films, Jonathan Zaccaï entretient cette habitude d'écrire. Entre les scènes, le soir ou durant les jours de repos, au quotidien. Dans les années 2010, il imagine même un premier roman noir qui narre l'histoire d'un flic dont la désagrégation cutanée l'empêche d'attraper le méchant. L'oeuvre ne sera pas publiée, mais la graine est plantée. D'autant qu'en 2012, il écrit son premier long métrage, JC comme Jésus Christ, un faux documentaire qui suit la vie d'un gamin (Vincent Lacoste) qui aurait reçu la Palme d'or et un César à 16 ans à peine. En parallèle, Zaccaï reste bien actif face caméra. Elève libre (2008) et Quartier lointain (2010) lui rapportent chacun un Magritte du meilleur acteur, Le Grand Bain (2018) achève de confirmer une notoriété que la série d'espionnage Le Bureau des légendes lui confère depuis 2015. Le personnage de Raymond Sisteron qu'il y campe l'amène régulièrement à être alpagué dans la rue par des Finlandais, Danois ou Espagnols chez qui la série a cartonné. Toujours plus loin de l'époque où, à 20 ans, Jonathan a quitté Bruxelles pour Paris et feu la compagnie du Théâtre de l'Ombre, pour suivre notamment des cours de mime. Une fois sorti, il se signale au Théâtre Mouffetard, aux côtés de géants de la discipline tels qu'Hélène Duc et Robert Manuel, avant de découvrir les joies du cinéma. Un exil professionnel salvateur pour ce fils d'une Polonaise et d'un Italien d'Egypte, émigrés en Belgique. Sa mère, justement, suscite en lui une admiration sans bornes qui l'a récemment amené à raconter cette "peintre qui n'a pas eu le succès qu'elle méritait" à travers un roman, Ma femme écrit (1). On y lit la vie de Vincent, un écrivain qui découvre que son épouse réalisatrice s'apprête à boucler un scénario dont sa maman est l'héroïne. Pris de jalousie, il décide de la concurrencer et se lance dans une bataille professionnelle mêlant paranoïa et paranormal. "C'est avant tout une autofiction", commente Jonathan ZaccaÏ. "Au fil du récit, il va y avoir un glissement et des éléments de plus en plus dingues qui doivent amener le lecteur à douter: "Bah là c'est pas possible, il n'a pas pu vivre ça!" Quand certains créent des fictions pour déguiser leurs autofictions, Jonathan Zaccaï ne s'embarrasse pas de ces détours.(1)Ma femme écrit, par Jonathan Zaccaï, Grasset, 216 p.