"Quand je fais du sport, je veux gagner." La devise de Pierre de Coubertin, qui voudrait que l'important soit de participer, n'entre pas trop dans la philosophie de Florian Van Acker. Aux Jeux paralympiques de Rio, en 2016, le pongiste a décroché la médaille d'or. Il compte bien remettre le couvert à Tokyo, en TT11, soit la catégorie de tennis de table dédiée aux personnes avec une déficience mentale.
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"Quand je fais du sport, je veux gagner." La devise de Pierre de Coubertin, qui voudrait que l'important soit de participer, n'entre pas trop dans la philosophie de Florian Van Acker. Aux Jeux paralympiques de Rio, en 2016, le pongiste a décroché la médaille d'or. Il compte bien remettre le couvert à Tokyo, en TT11, soit la catégorie de tennis de table dédiée aux personnes avec une déficience mentale. Né à Zalau, en Roumanie, et abandonné dès le plus jeune âge par ses parents biologiques, Florian Van Acker est adopté par une famille belge à l'âge de 3 ans et demi. Peu de temps après son arrivée en Belgique, il devient accro à la "palette", jargon des pongistes pour désigner la raquette. Hyperactif, il s'est d'abord essayé à une panoplie de sports, avant de définitivement tomber amoureux de la petite balle blanche. Une addiction qu'il évoque sur son site Web : "J'ai attrapé le microbe, je ne pourrais plus vivre sans tennis de table." Dans un entretien accordé à l'association internationale Autism Europe, il confie : "J'ai également pratiqué du judo et du basket mais les règles étaient trop compliquées, donc j'ai arrêté. Le basket, surtout, était difficile car c'est un sport d'équipe qui demande constamment de tenir compte des autres dans le jeu." Au tennis de table, il est le seul commandant à bord, et c'est ce qui lui convient le mieux.Le jeune talent (24 ans) a réalisé une bonne partie de ses classes dans la banlieue de Courtrai, à Gullegem. "Un club qui accueille et soutient les personnes handicapées." D'ailleurs, Florian est plutôt du genre à balayer les obstacles liés à son handicap. D'un revers lifté, de préférence. En 2015, ce travailleur acharné devient champion d'Europe, et grimpe sur la plus haute marche du podium paralympique un an plus tard. En 2018, il brille encore avec une médaille d'or à la Coupe du monde. Avec son franc-parler et ses interviews parfois détonantes, Florian Van Acker a gagné le coeur des supporters belges. Le pongiste n'est pas du genre à entrer dans le moule. Et il s'en moque. Tout comme la reconnaissance médiatique, qui l'irrite même. L'or, oui, les paillettes, non. D'ailleurs, l'absence de public à Tokyo ne le perturbe guère, au contraire. Les encouragements l'ennuient plutôt. "Seul mon match m'intéresse", lâche-t-il à Sporza, la chaîne sportive de la VRT, juste avant de s'envoler pour le Japon. Un grand voyage qu'il redoutait : "C'est un long chemin, n'est-ce pas ? Je n'aime pas ça", tout comme... la qualité des lits en carton dans le village paralympique. "Je préfère être à la maison."A côté du défi sportif, un autre écueil vient en effet s'ajouter sur la route de l'athlète paralympique : celui du changement d'environnement. "Ce n'est pas évident, pour une personne avec autisme, de s'extirper de son milieu habituel, encore plus en situation de stress." Le défi en est d'autant plus gratifiant. Mais pour Florian, la famille et la compétition passent avant tout. A tel point que les marques de reconnaissance après son titre paralympique de 2016 lui ont sérieusement "tapé sur le système". "C'était une réception par-ci et une réception par-là. Si j'obtiens à nouveau de l'or, ce sera la même chose. Alors que je préférerais qu'on me laisse tranquille." Présenté comme l'un des meilleurs ambassadeurs de la Paralympic Team Belgium de tous les temps , Florian Van Acker n'est donc pas du genre à vouloir se mettre à tout prix sur le devant de la scène. Vu son palmarès, il pourrait pourtant légitimement être le porte-drapeau de la Belgique. Mais il ne le sera pas. Pas de mât vissé à la main, donc, mais bien sa raquette, au bout de laquelle une nouvelle médaille d'or pourrait surgir.