L'exercice peut se faire en toute confraternité, par simple curiosité ou pour mener une guerre à couteaux tirés. Au lendemain des élections, les politiques ont tout le loisir de se comparer : où gagnent-ils et contre qui ? Où perdent-ils là où ils étaient censés gagner ? Figurent-ils dans le quinté des vainqueurs en voix de préférence dans leur fief, leur arrondissement, leur circonscription ? Ces élections permettent de comparer les prouesses des chef(fe)s de file et de leur liste à différents niveaux de pouvoir, jusque dans un même parti.
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L'exercice peut se faire en toute confraternité, par simple curiosité ou pour mener une guerre à couteaux tirés. Au lendemain des élections, les politiques ont tout le loisir de se comparer : où gagnent-ils et contre qui ? Où perdent-ils là où ils étaient censés gagner ? Figurent-ils dans le quinté des vainqueurs en voix de préférence dans leur fief, leur arrondissement, leur circonscription ? Ces élections permettent de comparer les prouesses des chef(fe)s de file et de leur liste à différents niveaux de pouvoir, jusque dans un même parti. Jean-Luc Crucke, ministre libéral sortant de l'Energie en Wallonie, fait-il mieux que son homologue libérale Marie-Christine Marghem au fédéral ? Qui de Frédéric Daerden ou de Jean-Claude Marcourt sort vainqueur du derby socialiste liégeois ? Le Vif/L'Express épingle six duels intrapartisans (voir les tableaux). Ceux-ci n'intègrent aucun élu de Bruxelles-Capitale, vu les disparités trop importantes entre les circonscriptions régionales et fédérales. Parce qu'il photographie le panorama politique en une seule journée, ce triple scrutin replace aussi la notoriété des uns et des autres au centre d'un échiquier marqué par des jeux d'influence, des rivalités voire des querelles intestines. Qui peut se targuer d'avoir dopé incontestablement le score du parti ? Qui doit ravaler sa fierté ou revoir ses ambitions ? Le Vif/L'Express a scruté les résultats des candidats les plus marquants à cet égard, pour mesurer l'impact électoral que leur nom suscite dans un territoire donné. En voici dix, à la Chambre, à la Région ou à l'Europe. Un casting composé exclusivement d'hommes, vu le poids que leurs partis continuent de leur accorder. Au hit-parade du nombre de voix à la Chambre, il reste indéboulonnable, même en perdant près de 60 000 voix par rapport à 2014 : tête de liste PS dans le Hainaut, Elio Di Rupo conserve sa deuxième place à l'échelle nationale (125 009 votes), derrière Theo Francken (N-VA). Pour le scrutin fédéral, le PS remporte 26 % des voix en Wallonie, mais le score du parti s'accroît à l'approche de l'épicentre Elio : 34 % dans le Hainaut et jusqu'à 39 % dans les cantons qui forment l'arrondissement de Mons. Si sa liste fait à peine mieux que celles du PS engagées pour le parlement de Wallonie à l'échelle du Hainaut (+ 1 %), elle se détache plus nettement sur le territoire de la circonscription de Mons (+ 2,4 %). Toujours à la Chambre, seuls deux autres candidats francophones figurent dans le top 10 national du nombre de voix de préférence. Il y a d'abord Frédéric Daerden (54 898 votes), chef de file du PS à Liège, dont la liste ne parvient toutefois pas à égaler le score de celles du parti engagées pour le scrutin régional (- 3,5 %). Arrive ensuite, toujours à Liège, la figure médiatique du PTB francophone, Raoul Hedebouw (49 852 votes). Sa liste obtient 16,5 % des voix dans la province. Un résultat interpellant, puisque celle-ci ne performe pas aussi bien que les listes du PTB à la Région pour le même territoire donné, où Hedebouw ne figure pas (- 1,9 %). En région namuroise, l'effet Maxime Prévot est incontestable. Plébiscité à nouveau aux communales d'octobre dernier, le bourgmestre de la capitale wallonne, par ailleurs président du CDH, fait mieux avec sa liste fédérale (+ 1,7 %) que les humanistes candidats à la Région sur le même territoire provincial (15,4%). Prévot s'affirme par ailleurs comme le troisième meilleur candidat francophone au niveau du taux de pénétration, derrière Elio Di Rupo et Charles Michel. La présence de ce dernier sur la liste fédérale du MR dans le Brabant wallon ne donne pas pour autant un avantage notable à celle-ci par rapport à la liste MR pour le parlement wallon (+ 0,93 %). L'effet positif est toutefois plus net dans le canton de Wavre. En province de Luxembourg, la liste du ministre- président wallon sortant, Willy Borsus, parvient à se détacher assez nettement de celle emmenée par Benoît Piedboeuf au fédéral (+ 1,7 %). Chez Ecolo, le score de la liste emmenée par Jean-Marc Nollet pour le scrutin fédéral est à peine supérieur à la performance des verts pour le parlement de Wallonie (+ 0,66 %), bien que le député sortant ait plus que doublé son score personnel en voix de préférence. Toujours chez Ecolo, dans la circonscription de Huy-Waremme, la palme de la performance la moins provoquée revient sans aucun doute à Jean-Michel Javaux. Quatrième et dernier suppléant à la Région, il obtient plus de voix de préférence que la 1ère candidate effective. A l'Europe, enfin, l'effet du socialiste Paul Magnette est perceptible puisque sa liste obtient 3,6 % de plus que l'ensemble des listes PS aux fédérales (26,1 %). Ce n'est pas le cas de Benoît Lutgen, ex-président du CDH, dont le score sur l'ensemble de la circonscription électorale wallonne, hormis en province de Luxembourg, ne se démarque pas significativement des autres listes CDH (11 % à la Chambre comme à la Région).