Le Liégeois, ancien ministre fédéral, n'est pas impliqué dans le dossier Nethys, ce qui libère sa parole, souligne Le Soir. "C'est mon devoir de m'exprimer sur la situation", déclare-t-il.

Jean-Pascal Labille identifie trois dérives dans le dossier. Le premier est le "mélange des genres" entre "un homme politique qui est aussi homme d'affaires, un homme de pouvoir qui est aussi un homme conquérant". "Stéphane Moreau s'est servi de sa puissance politique pour faire des affaires."

Le second péché est la gouvernance. "Il n'y a pas de contre-pouvoir dans une structure comme Nethys. (...) Les décisions stratégiques étaient prises hors du conseil d'administration, c'est le concept des 'mains invisibles' qu'on consultait", affirme M. Labille, pointant à demi-mot la responsabilité de Jean-Claude Marcourt (PS) et de Daniel Bacquelaine (MR).

"Ce sont deux personnes qui jouent un rôle important à Liège. Je n'imagine pas qu'elles n'aient pas eu le moindre contact sur ces dossiers. Ce qui ne me semble pas anormal en raison des fonctions qu'elles occupent. À condition que les instances jouent pleinement leur rôle, et je ne pense pas que cela a toujours été le cas", invoque-t-il.

La troisième dérive, selon le socialiste, est "le dévoiement du public par le privé". "On a considéré Nethys comme un groupe privé en raison de ses activités concurrentielles ou à cause d'un décret embêtant. Mais qu'on le veuille ou non, ce groupe est public à travers les communes et la province."